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EUROPE

Le président grec propose un gouvernement de technocrates

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/05/2012

Carolos Papoulios a proposé la formation d'un gouvernement composé de technocrates pour tenter de sortir la Grèce de la crise politique. L'ensemble des partis élus au Parlement, hormis la formation néo-nazie Aube dorée, doivent se réunir ce mardi.

AFP - Le chef de l'Etat grec, Carolos Papoulias, devait tenter mardi d'arracher un accord des chefs de partis à la formation d'un gouvernement de "personnalités", qu'il a proposé en dernier ressort face au "danger" pesant sur le pays, dont l'instabilité inquiète la zone euro.

Paralysé politiquement depuis les élections législatives du 6 mai qui n'ont pas dégagé de majorité, le pays tente désespérément de mettre sur pied un gouvernement prenant en compte le désaveu total des Grecs vis-à-vis des politiques d'austérité mises en place à la demande des créanciers du pays, tout en évitant une sortie du pays de la zone euro.

Le Président, âgé de 82 ans, doit rencontrer à 11H00 GMT les dirigeants de cinq des sept partis représentés au parlement, à l'exception des communistes du KKE et des représentants du parti néonazi.

Son objectif est de les mettre d'accord pour un gouvernement composé de "personnalités non politiques" qui aurait le soutien d'au moins 151 députés sur les 300 que compte le parlement.

Aucun détail n'a été donné sur le nom de celui qui pourrait diriger un tel gouvernement. Le pays est dirigé depuis novembre par l'ex-banquier central Lucas Papademos qui avait laissé filtrer dans les médias ces derniers jours qu'il n'était pas disposé à poursuivre sa mission.

La Constitution ne limite pas le temps donné à M. Papoulias pour tenter d'arracher un accord des chefs politiques à son projet, mais le délai expirera de fait à la formation, jeudi, du nouveau parlement.

Un imbroglio, jugé par les médias grecs de mauvais augure, s'est noué dans la nuit, opposant les services de M. Papoulias au chef de la nouvelle formation populo-nationaliste Grecs indépendants, Panos Kammenos.

Pour surmonter l'opposition de la gauche radicale du Syriza à un gouvernement de coalition, M. Papoulias l'avait appelé en renfort pour la réunion en début d'après-midi, et devait auparavant le rencontrer en tête à tête à 10H00 GMT.

M. Kammenos participera bien à la réunion collective, mais le premier rendez-vous en tête-à-tête a finalement été annulé, a annoncé la présidence à l'AFP, sans préciser les raisons de cette décision.

Il a démenti dans la nuit s'être affirmé prêt à soutenir un cabinet de crise "pour quelques mois", si le sort du pays était en jeu, comme l'indiquaient des documents rendus publics par la Présidence, qui a ensuite maintenu sa version.

Transfuge conservateur opposé à l'austérité, M. Kammenos avait déclaré avant les élections qu'il préférait "mourir" que coopérer avec son ancien parti (Nouvelle Démocratie) et les socialistes. Il dispose de 33 députés sur 300, un renfort qui pourrait être précieux pour les deux partenaires du gouvernement sortant, qui ne cumulent désormais que 149 députés.

Pour convaincre les dirigeants politiques, le président les a mis en garde contre le "danger réel" que court le pays.

Il a invoqué des mises en garde du Premier ministre sortant, Lucas Papademos, du gouverneur de la Banque de Grèce et du ministre des Finances sur "l'état des réserves financières du pays et le danger d'écroulement du système bancaire si les retraits continuent du fait de l'insécurité que la situation politique créée chez les citoyens".

Après des déclarations menaçantes ces derniers jours de certains responsables européens sur le besoin pour le pays de continuer son programme de rigueur malgré la récession dans laquelle elle s'enfonce, la zone euro a toutefois envoyé lundi soir un message de soutien en réaffirmant son soutien "inébranlable" au maintien de la Grèce dans l'Union monétaire.

Le PIB de la Grèce a chuté de 6,2% au premier semestre 2012, selon des chiffres officiels publiés mardi, confirmant ainsi que le pays est entré dans sa cinquième année consécutive de récession.

"La possibilité que la Grèce sorte de la zone euro n'a pas été l'objet de débat, personne n'a plaidé dans ce sens" au cours de la soirée, a déclaré lundi soir le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, critiquant vertement la "propagande" de ceux qui évoquent la possibilité qu'Athènes en soit exclu.

Tout en assurant que sur le fond, le plan ne serait pas renégocié, M. Juncker a aussi évoqué une possible prolongation des délais de mise en oeuvre, dans une première ouverture aux revendications désormais avancées par tous les responsables grecs d'un assouplissement de la cure de rigueur.

Charles Dallara, le patron de l'Institut de la finance internationale (IIF), organisation basée à Washington qui regroupe les principales banques du monde et a négocié récemment le plan d'effacement de dette souveraine avec la Grèce, a également apporté un soutien imprévu à la Grèce, selon les médias grecs.

"Je fais partie du groupe de ceux qui pensent qu'une sortie de la Grèce de la zone euro n'est pas courue d'avance", a-t-il affirmé sur la chaîne britannique Channel 4.

"Je pense que le coût pour la Grèce, le coût pour l'Europe et le coût pour l'ensemble de l'économie globale sont encore suffisants pour faire en sorte que les responsables politiques grecs et les responsables politiques européens fassent une pause avant d'appuyer sur la détente de la sortie", a-t-il ajouté selon la même source.
 

Première publication : 14/05/2012

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