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Moyen-orient

Bachar al-Assad met la France en garde contre ses "incitations au chaos"

Vidéo par Vanessa TSANGA TABI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 17/05/2012

Dans un entretien sur la chaîne russe Rossia-17, le président syrien accuse les pays occidentaux, notamment la France, d'avoir encouragé le soulèvement populaire, et dit espérer un changement d'attitude avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir.

REUTERS - Le président syrien Bachar al Assad met la France en garde contre de « nouvelles incitations au chaos » et souhaite que l’arrivée de François Hollande à l’Elysée la fasse changer d’attitude, dans un entretien diffusé mercredi par la chaîne russe Rossia-24.

« La question est de savoir ce que la France a gagné ces dernières années avec ses positions sur la Syrie et la Libye, notamment », dit-il évoquant la politique de l’ex-président Nicolas Sarkozy, l’un de ses plus fervents détracteurs.

« Puisque nous parlons de la France, vous savez qu’elle a participé à des offensives militaires et qu’elle est responsable de la mort de centaines de milliers de Libyens.

« J’espère que le nouveau président pensera à l’intérêt de la France. Je suis certain qu’il ne réside pas dans de nouvelles incitations au chaos et à la crise au Proche-Orient et dans le monde arabe », poursuit Assad, laissant entendre que le soulèvement populaire entamé à la mi-mars 2011 est encouragé par les puissances occidentales.

« Ce qui se passe au Moyen-Orient, le chaos qu’on y créé - le terrorisme - aura un effet négatif en Europe aussi, parce que ce n’est pas loin de notre région », avertit le chef de l’Etat, selon la traduction en russe des propos qu’il a tenus en anglais dans le cadre de cet entretien accordé mardi en Syrie.



"Nous pouvons trouver des alternatives"

« Pour les dirigeants de ces pays, il devient clair que ce n’est pas le ‘printemps’ mais le chaos et, comme je l’ai dit, si vous semez le chaos en Syrie vous pourriez être touché vous-même, ce qu’ils comprennent parfaitement », souligne-t-il, évoquant les soulèvements populaires du « printemps arabe ».

Bachar al Assad reconnaît par ailleurs que les sanctions occidentales affectent l’économie syrienne, mais assure que Damas garde « d’excellentes relations » avec d’autres pays.

« Nous pouvons trouver des alternatives qui nous permettront de surmonter ces difficultés. L’Europe et les Etats-Unis ne sont pas le monde entier », ironise-t-il.

Comme le régime baassiste, dont elle est l’un des rares alliés, la Russie a imputé aux rebelles l’essentiel des violences commises depuis le cessez-le-feu du 12 avril négocié par Kofi Annan, émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe. Moscou a en outre opposé son veto à deux résolutions de l’Onu condamnant la répression du soulèvement antigouvernemental. 

Damas impute depuis des mois ce soulèvement à des « terroristes » soutenus par des pays étrangers, visant notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, favorables à des livraisons d’armes à destination des insurgés.

Les attentats commis récemment à Damas et à Alep ont relancé cette théorie du complot étranger, mais l’opposition accuse les autorités de les avoir elles-mêmes ordonnés pour discréditer les rebelles.

Première publication : 17/05/2012

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