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Moyen-orient

Deux jours après sa réélection, le chef du CNS se dit prêt à céder sa place

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/05/2012

Suite aux critiques des membres des Comités locaux de coordination à son égard, peu après sa réélection à la tête du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun a manifesté jeudi son intention de démissionner dès qu'un nouveau leader sera nommé.

AFP - Burhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne, s'est dit prêt à s'effacer dès qu'un autre leader aura été nommé, selon un communiqué diffusé jeudi à la suite de critiques liées à sa récente réélection.

"Je n'accepterai pas d'être le candidat de la division, je ne suis pas attaché à un poste, j'annonce donc que je me retirerai dès que le choix se portera sur un nouveau candidat, par consensus ou à travers de nouvelles élections", a indiqué M. Ghalioun, reconduit mardi à la tête du CNS.

Le militant de longue date a toutefois précisé qu'il resterait membre du CNS, "main dans la main avec les jeunes qui luttent, les jeunes de la révolution de la dignité et de la liberté, jusqu'à la victoire", appelant "l'opposition sous toutes ses formes (...) à s'éloigner des divisions".

Cette déclaration intervient quelques heures après que les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, aient dénoncé un "monopole" du pouvoir au sein du CNS et menacé de se retirer de la coalition.

Les LCC ont évoqué une série d'"erreurs", parmi lesquelles "l'absence totale d'harmonie entre la vision du CNS et celle du mouvement révolutionnaire", "la marginalisation de la plupart des représentants" des LCC au sein du CNS et la "monopolisation des décisions par des membres influents du bureau exécutif".

Fin mars, au terme de laborieuses tractations, la plupart des représentants de l'opposition syrienne avaient reconnu le CNS comme le "représentant formel" du peuple syrien, tout en appelant à sa restructuration, en réponse aux appels de la communauté internationale à unifier les rangs de l'opposition.

Les détracteurs du CNS lui reprochent essentiellement la grande influence des Frères musulmans en son sein et son manque de coordination avec les militants sur le terrain.

Des militants avaient d'ailleurs critiqué la réélection de M. Ghalioun, estimant qu'elle avait été imposée par les Frères musulmans.

Compte tenu des "faibles performances" du CNS pendant ses 7 mois sous la présidence de M. Ghalioun, il faut "faire appliquer ce qui a été convenu à la création du CNS, soit une présidence tournante", a déclaré à l'AFP, Samir Nachar, représentent de la Déclaration de Damas pour le changement national.

"Mais malheureusement les Frères musulmans insistent pour proroger M. Ghalioun et pour nous, c'est inquiétant", a-t-il affirmé.

Partisan d'une gauche nationaliste arabe, M. Ghalioun avait émergé comme la personnalité capable de rassembler au sein d'un conseil composé de multiples tendances (islamistes, nationalistes, libéraux, indépendants) et adoubée par les Frères musulmans.

Faute de consensus autour d'une autre personnalité, M. Ghalioun, bien que contesté, a été reconduit à plusieurs reprises, malgré la règle de fonctionnement du CNS qui impose une présidence tournante tous les trois mois.

Première publication : 17/05/2012

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