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FRANCE

Affaire du Carlton : DSK visé par une enquête pour "viol en réunion"

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/05/2012

L'ex-directeur du FMI fait l'objet d'une enquête préliminaire pour "viol en réunion", dans l'affaire du Carlton de Lille, crime passible de 20 ans de prison. Il est déjà poursuivi pour "proxénétisme aggravé en bande organisé" dans cette même affaire.

REUTERS - Une enquête préliminaire de police pour des faits présumés de "viol en réunion" a été ouverte à l'encontre de Dominique Strauss Kahn, a annoncé lundi le parquet de Lille.

Selon une déposition recueillie par la police, l'ancien directeur général du Fonds monétaire international aurait imposé fin 2010 à Washington un rapport sexuel violent à une prostituée avec l'aide d'amis. La jeune femme en question n'a pas porté plainte après cette déposition.

Soupçonné d'avoir contribué à animer un réseau de prostitution à son profit avec plusieurs proches, dont un commissaire de police, Dominique Strauss-Kahn est déjà mis en examen pour "proxénétisme aggravé en bande organisée", des faits passibles des assises et de 20 ans de réclusion. Le viol est aussi un crime passible de 20 ans de réclusion en cour d'assises.

Ancien favori des sondages pour la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn nie les accusations dans ces deux affaires, même s'il ne conteste pas avoir eu des rapports avec des femmes présentées par ses amis. Il dit avoir ignoré qu'il s'agissait de prostituées et parle de "moeurs libertines".

Henri Leclerc, avocat de Dominique Strauss-Kahn

Pour l'enquête préliminaire, le parquet donne ainsi suite à une ordonnance des juges d'instruction en charge de la première affaire qui, comme le veut la procédure, lui avaient donné connaissance de faits nouveaux apparus dans l'enquête et sur lesquels ils ne peuvent engager de poursuites sans un feu vert.

L'option choisie, l'enquête préliminaire sous le contrôle du procureur, est un moindre mal pour Dominique Strauss-Kahn, car il était aussi possible de saisir directement les juges d'instruction par un réquisitoire dit "supplétif" qui aurait entraîné quasi-directement une mise en examen.

Audition inéluctable

Il n'en demeure pas moins que Dominique Strauss-Kahn devra être entendu par les enquêteurs sur ces faits, ainsi que les autres protagonistes, après quoi il pourra procéduralement être décidé soit d'un réquisitoire supplétif, soit d'une information judiciaire distincte, soit d'un classement sans suite.

Dans un communiqué, le parquet explique s'être conformé aux méthodes en vigueur.

"A la suite de la dénonciation par les juges d'instruction en charge de l'affaire dite du Carlton (...) de faits qui se seraient déroulés à Washington entre le 15 et le 18 décembre 2010 qu'ils estiment susceptibles d'être qualifiés de viol en réunion, le parquet de Lille a, conformément à l'usage, ordonné ce jour une enquête préliminaire", lit-on.

Selon la déposition à l'origine de la requête des juges d'instruction, Dominique Strauss-Kahn aurait imposé un rapport sexuel brutal à la jeune femme avec l'aide de ses amis entrepreneurs lillois David Roquet et Fabrice Paszkowski et de celle du policier Christophe Lagarde, tous trois mis en examen pour proxénétisme.

Une autre prostituée présente à la partie fine a déclaré à la presse qu'elle estimait qu'il n'y avait pas eu viol. Dans un communiqué publié le 4 mai par ses avocats, l'ex-patron du FMI a nié "avoir commis la moindre violence de quelque nature que ce soit" et parlé de "volonté de lynchage".

Après sa première mise en examen, ses avocats avaient déjà estimé qu'on cherchait à faire un procès à leur client sur le terrain de la morale en raison de ses moeurs "libertines".

L'ancien ministre socialiste est sous contrôle judiciaire et a dû verser une caution de 100.000 euros. Il était rentré des Etats-Unis en septembre 2011 après l'abandon des poursuites par le parquet de New York dans une affaire d'agression sexuelle présumée sur une femme de chambre en mai.

Le parquet de Paris a ensuite enquêté mais classé sans suite pour prescription, tout en jugeant les faits établis, une autre plainte de l'écrivain Tristane Banon visant des faits présumés remontant à 2003 à Paris.

Première publication : 21/05/2012

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