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Economie

Facebook chahuté à Wall Street

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/05/2012

Au deuxième jour de cotation au Nasdaq, l’action de Facebook perdait plus de 10 % à l’ouverture des marchés. Après l’euphorie d'une introduction en Bourse, les investisseurs ne semblent pas convaincus par le modèle économique de Facebook.

Les premiers pas en Bourse de Facebook sont loin d’être assurés. Lundi 21 mai, son deuxième jour de cotation au Nasdaq, l’action de la star des réseaux sociaux était en baisse de plus de 10 %. Le cours est même passé sous la barre des 38 dollars - son prix d’introduction - pour s’établir à 33 dollars dans la matinée.

"C’est généralement décevant lorsque le cours de

l’action d’une entreprise tombe aussi rapidement sous son prix de départ", écrivait, lundi, le quotidien financier new-yorkais le "Wall Street Journal". Des débuts d’autant moins impressionants comparés à ceux, plus tonitruants, d’autres stars d'Internet tels que LinkedIn (+101 % le premier jour) ou Groupon (+31 %).

Pour son premier jour de cotation, le 18 mai, Facebook avait déjà eu le plus grand mal à se maintenir au-dessus de 38 dollars. La banque Morgan Stanley, qui a mené l’opération d’introduction, avait dû racheter des titres du réseau social afin d’éviter à l’action de terminer sous son prix de départ, affirment plusieurs médias américains dont le magazine économique Forbes.

Risques

Ces efforts n’ont fait que retarder l’inéluctable. "Les investisseurs sont de plus en plus conscients des risques auxquels doit faire face Facebook", explique à l’agence de presse Reuters Brian Wieser, analyste pour le cabinet d’audit financier américain Pivotal research group.

Dans les semaines précedents son introduction, Facebook avait averti des risques pesant sur sa croissance future et reconnu que ses profits avaient été moins importants début 2012 que début 2011. Une baisse attribuée aux ventes de smartphones, rappelait fin avril le quotidien britannique le "Financial Times", marché sur lequel Facebook a beaucoup investi, mais qui ne lui rapporte, pour l’instant, pas un centime.

"Les signaux d’alarme n’ont tout d’abord pas pesé lourd face à la perspective de participer à la plus grosse entrée en Bourse de ces dernières années", déplore Joseph Saluzzi, analyste financier pour Themis Trading, une société américaine de courtage en Bourse, dans les colonnes du "Wall Street journal". Le Nasdaq a d’ailleurs connu vendredi sa journée la plus chargée avec plus de 30 millions d’ordres passés rien que pour Facebook, qui a pu ainsi lever 16 milliards de dollars.

Si la tendance boursière se confirme et que l’action de Facebook ne repasse pas au dessus de son prix de départ, c’est “que les investisseurs veulent avoir des preuves concrètes que le réseau social peut générer des revenus plus importants qu’actuellement”, affirme Larry Chiagouris, professeur d’économie à l’Université Pace à New York.

Première publication : 21/05/2012

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