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EUROPE

En Serbie, le choix de l'alternance signe la fin du "système Tadic"

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 22/05/2012

L'élection surprise du nationaliste Tomislav Nikolic à la tête de la Serbie, le 20 mai, face au démocrate Boris Tadic traduit une nette volonté de changement de la part des électeurs. France 24 revient sur les enjeux politiques de sa victoire.

Coup de théâtre sur la scène politique serbe. Tomislav Nikolic, outsider de l'élection présidentielle serbe et membre du Parti serbe du Progrès (SNS), a remporté dimanche 20 mai le scrutin présidentiel avec 50,21 % des voix contre 46, 77 % pour Boris Tadic du Parti démocrate (DS). Une surprise ? Si les sondages donnaient volontiers le chef du parti démocrate gagnant, de nombreux spécialistes de la région des Balkans n’envisageaient pourtant pas la défaite de Tomislav Nikolic.

Le contraire eût même été inattendu selon Jacques Rupnik, politologue français spécialiste des problématiques de l'Europe centrale et orientale.

Le scrutin très serré des législatives et du premier tour de l'élection présidentielle, le 6 mai, ne pouvait laisser présager une large victoire du candidat sortant. Comme ses homologues européens, Boris Tadic a fait les frais de la crise économique. "Une dizaine de gouvernements européens ont été congédiés depuis un an et demi. Boris Tadic se présentait pour la troisième fois, sa victoire aurait relevé du miracle" confie Jacques Rupnik à FRANCE 24. Selon l’observateur politique, il y avait également au second tour de l’élection un large report de voix possible, notamment celle des électeurs du parti socialiste qui ont la politique de Boris Tadic en horreur.

Enfin, le contexte économique et social, particulièrement difficile en Serbie, a profité au candidat de l’opposition. Alexis Troude, Directeur du département d’Études balkaniques rappelle à FRANCE 24 que la crise a durement frappé les Serbes, au point de diviser par deux leur niveau de vie. Le chômage est passé de 14 à 24 % en trois ans. Boris Tadic paye le prix fort d’une mandature de huit années au cours de laquelle il n’a pas réussi à redresser le pays. S’il est parvenu à obtenir pour la Serbie le statut de candidat à l’Union européenne, il n’a pas réussi à mettre fin à la corruption qui mine le pays, ni à réformer les structures administratives et judiciaires en profondeur.

Nationaliste, populiste, opportuniste

Au soir de son élection, Tomislav Nikolic rassurait déjà ses électeurs sur ses valeurs pro-européennes dans un communiqué officiel. "La Serbie maintiendra sa voie européenne" déclarait-il, bien qu’il n’ait pas toujours tenu ce discours. Issu de la mouvance ultranationaliste, Tomislav Nikolic a longtemps été un fervent opposant à l’Europe. Dorénavant, il peaufine son nouveau profil pro-européen, conscient que ses compatriotes sont très favorables à l’entrée de la Serbie dans l’Union européenne, même si son alliance avec un parti hostile à l’UE avant le second tour peut mettre en doute la sincérité de son engagement.

Qu’importe, Nikolic n'a pas mené une campagne basée sur l’Europe, mais sur les enjeux sociaux du pays. "Ce scrutin n'a pas porté sur qui conduira la Serbie vers l'UE, mais sur qui réglera les problèmes économiques créés par le Parti démocratique" déclarait-il le soir de son élection. Populiste, Nikolic a promis de prendre l’argent des riches pour le donner au pauvre, d’en finir avec le clientélisme qui sévit encore en province et de ramener la prospérité dans le pays. Le candidat du parti progressiste serbe a misé sur le mécontentement populaire, une stratégie payante.

Présidentielle serbe

Néanmoins, cet héritier du courant ultranationaliste est un ancien fidèle de Vojislav Seselj, aujourd’hui jugé à La Haye pour crimes de guerre. Un lourd passé à relativiser, selon Jacques Rupnik, qui considère que Nikolic appartient à l'"aile modérée du nationalisme serbe".

Un avenir meilleur pour la Serbie ?

En élisant Tomislav Nikolic, les Serbes ont voulu mettre fin à ce qu’ils appellaient le "système Tadic". Un choix de l’alternance qui sera aussi celui de la cohabitation. Pour Alexis Troude, le risque d’une vraie crise politique interne n’est pas à exclure. Les tensions entre le président et son gouvernement peuvent mettre à mal toute réforme. Tomislav Nikolic affirme notamment qu'il ne reconnaîtra jamais le Kosovo comme un État souverain. Et le nouvel élu ne semble avoir nullement l’intention de multiplier les signes d’apaisement, contrairement à son prédécesseur. "Il faut s’attendre à ce que Tomislav Nikolic soit très dur sur la question du Kosovo et qu’il remette à plat tout le processus de négociation jusque-là mené". Cette reconnaissance est toutefois une condition essentielle pour entrer au sein de l’Union européenne.

La victoire de Tomislav Nikolic à la présidence serbe ouvre une période d'incertitude politique dans la région des Balkans tout entière, car le nom du nouveau président est associé à la désintégration sanglante de l'ex-Yougoslavie. Certains analystes se veulent confiants dans l’avenir du pays à l’instar d’Alexis Troude. "Il faut laisser au pays le temps de trouver sa place dans les Balkans, puis dans l’Europe. Dans 10 ans, la Serbie ira mieux".

Première publication : 21/05/2012

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