Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

Ces réseaux salafistes qui inquiètent les autorités allemandes

En savoir plus

DÉBAT

Afghanistan : collaborer avec les États-unis... et les Taliban ?

En savoir plus

DÉBAT

Hong Kong se révolte : le pouvoir de Pékin face au défi démocratique

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Instituer l'Etat de droit en Chine"

En savoir plus

LES OBSERVATEURS

Guerre pour un barrage en Colombie et la sanglante chasse aux dauphins des Îles Feroé

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Turquie : quelle stratégie face à l'organisation de l'État islamique ?

En savoir plus

SUR LE NET

Hong Kong : les manifestants soutenus à l'étranger

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

France : un budget 2015 sur des œufs

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Himalayesque"

En savoir plus

  • Ces réseaux salafistes qui inquiètent les autorités allemandes

    En savoir plus

  • Rentrée des classes meurtrière à Donestk

    En savoir plus

  • En images : Hong Kong sous haute tension pour la fête nationale chinoise

    En savoir plus

  • Ebola : le premier cas hors d’Afrique localisé aux États-Unis

    En savoir plus

  • Ligue des champions : "On a montré que Paris peut être une grande équipe"

    En savoir plus

  • Londres a mené ses premières frappes aériennes contre l’EI en Irak

    En savoir plus

  • Commission européenne : un oral difficile pour certains candidats

    En savoir plus

  • Des ravisseurs d'Hervé Gourdel, assassiné en Algérie, ont été identifiés

    En savoir plus

  • Barack Obama salue un accord de sécurité "historique" avec Kaboul

    En savoir plus

  • Ebola : l'expérience "désespérée" d'un médecin libérien

    En savoir plus

  • Hervé Gaymard : "Il n'y aura pas de guerre des chefs à l'UMP"

    En savoir plus

  • Terrorisme : pour Marine Le Pen, les Français musulmans sont "pris au piège"

    En savoir plus

  • Ello, le réseau social qui se la joue anti-Facebook

    En savoir plus

  • Fonds "vautours" : l’Argentine défie les États-Unis sur sa dette

    En savoir plus

FRANCE

La stratégie de Marine le Pen pour faire exploser l’UMP

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 23/05/2012

Marine Le Pen n’a pas exclu mardi de s’allier à des candidats UMP ou PS au second tour des législatives. Une stratégie destinée à brouiller l’échiquier politique tout en précipitant l'explosion de la droite, selon le politologue Sylvain Crépon.

C’est la petite phrase explosive du moment. Marine Le Pen, la présidente du Front national (FN), a déclaré mardi à Metz lors d’une conférence de presse qu’elle n’excluait pas de soutenir au second tour des législatives des candidats de UMP, voire des candidats PS, en fonction de leur "valeur humaine".

Il est loin le temps où le parti frontiste rejetait une quelconque alliance avec ces partis républicains jugés "pourris". Désormais, Marine le Pen envisage "à titre exceptionnel" de s’allier localement au parti de Jean-François Copé ou de Martine Aubry. Selon la présidente du FN, il y a tout simplement les bons et les mauvais candidats. Il y a ceux qu’elle nomme les "affreux" et les autres, ceux qu’elle estime "sincères, qui ont eu à l'égard du peuple français un comportement correct, qui se sont refusés à voter des choses qui allaient à l'encontre de l'intérêt de la France et des Français."

Des propos qui ont de quoi surprendre. Non seulement l’éventualité d’alliances est pour la première fois ouvertement évoquée publiquement au plus haut de la hiérarchie frontiste, mais, fait inédit, elle adouberait un éventuel rapprochement FN-PS. "C’est un peu une recherche d’alliance à la tête du client", estime Sylvain Crépon, chercheur à l'université Paris-Ouest Nanterre et spécialiste de l’extrême droite. "Mais elle a de quoi inquiéter la droite. Pour la première fois, Marine le Pen fait un clin d’œil à la gauche", continue-t-il.

Jusqu’à présent, seules quelques alliances entre droite et extrême droite avaient été réalisées. Toutes avaient été discrètes - et sanctionnées pour la plupart par les partis de droite républicaine -, mais toutes avaient eu pour but d’évincer le candidat socialiste. En 1983, par exemple, RPR et FN s’étaient alliés lors des municipales de Dreux. En 1998, également, des alliances UDF-FN, RPR-FN avaient été scellées pour court-circuiter le PS.

La dislocation de l’UMP

À droite donc, on manque de s’étrangler à l’évocation de ces éventuelles alliances électorales. "La vraie convergence, elle n’est pas entre nous et le Front national, elle est entre le Parti socialiste et le Front national", s’inquiétait déjà Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, le 13 mai dernier sur France Inter. "Je dis aux Français qui ont envie de voter Front national qu’en votant Front national, on a la gauche qui passe", a-t-il ajouté mardi, quelque peu paniqué.

Pour Sylvain Crépon, cette inquiétude dans les hauts rangs de l’UMP est légitime, car la stratégie lepéniste est bien huilée. "Le Front national cherche à semer la zizanie. Appeler à voter PS pour évincer certains candidats de droite fait non seulement souffler un vent de panique à l’UMP mais elle fait aussi le jeu du FN", explique-t-il. Après avoir œuvré à la dédiabolisation de son parti – nouveau nom (Rassemblement bleu marine), nouveau visage - Marine le Pen n’a, selon le spécialiste, plus qu’un seul objectif à remplir : disloquer l’UMP. "En cas de défaite aux législatives, le camp de Jean-François Copé sait qu’il s’expose à une explosion de son camp. Explosion dont le FN entend tirer parti", ajoute le spécialiste. Les stratèges frontistes espèrent en effet une recomposition de l’ancien parti présidentiel autour du parti d’extrême droite. Une sorte de refonte de l’UMP dans laquelle le Front national entend poser ses conditions.

Il faut dire que Nicolas Sarkozy avait ouvert la voie à cette confusion politique. Pour de nombreux experts, en orientant les débats vers les sujets de l’immigration et de l’insécurité pendant la campagne présidentielle, l'ancien chef de l'État avait clairement marché sur les plates bandes du FN. Lui qui souhaitait "siphonner" les voix du Front national, l’a, en réalité, rendu plus fort et surtout plus acceptable. "Certains électeurs UMP attirés par le Front national se sentent moins honteux de donner leur voix au FN dont les thématiques principales sont défendues par un parti respectable", termine Sylvain Crepon. "En superposant ses thématiques à celles du FN, la droite traditionnelle a réussi une chose : permettre au parti d’extrême droite de se racheter une respectabilité dans le débat public."


 

Première publication : 23/05/2012

  • LÉGISLATIVES FRANÇAISES

    Un sondage donne Mélenchon gagnant face à Le Pen à Hénin-Beaumont

    En savoir plus

  • FRANCE

    Ces ministres qui jouent leur nouveau poste aux législatives

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)