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Economie

Les "project bonds", l'arme consensuelle pour la croissance européenne

©

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 23/05/2012

Ils ressemblent aux "eurobonds", fonctionnent comme les "eurobonds" mais ce ne sont pas des "eurobonds". Nouvelle coqueluche des dirigeants européens, les "project bonds" pourraient incarner une nouvelle forme de politique de croissance.

Ils pourraient devenir la grande initiative en faveur de la croissance qui met d’accord l’Allemagne et la France. Les “project bonds” ont été adoubés, mardi, aussi bien par le Parlement européen que par la Commission européenne. Ils devraient être au centre des discussions entre les dirigeants européens du sommet informel de mercredi soir à Bruxelles.

Leur nom rappelle dangereusement les “eurobonds” (obligations européennes), que l’Allemagne a en horreur. En effet, Berlin ne veut pas entendre parler de ce mécanisme qui consiste à émettre des emprunts communs à tous les États de la zone euro sur les marchés pour permettre aux pays en difficulté de bénéficier de taux d’intérêt dont ils n’auraient pu rêver s’ils allaient seuls à la pêche à l’argent.

Mais les “project bonds” ne leur ressemblent que de loin. Le fonctionnement est certes similaire : dans les deux cas, tous les États-membres de la zone euro lèvent ensemble de l’argent auprès d’investisseurs privés. Mais la finalité n’est pas la même. L’objectif des “projects bonds” est d’emprunter afin de financer des projets précis au niveau européen pour stimuler la croissance et l’emploi.

Sommes ridicules ?

Cet arsenal “pro-croissance” cadre donc parfaitement avec la rhétorique volontariste du nouveau président français, François Hollande. A tel point, que certains lui attribuent - à tort - la paternité des “projects bonds”. Il y a certes fait référence dans son programme de campagne (ils y sont baptisés "emprunts européens pour le futur"), mais l’idée a été développée dès 2010 par la Commission européenne. Il figure à l’agenda du plan décennal Europe 2020, qui est la feuille de route pour le “retour d’une croissance forte en Europe”.

C’est sous l’impulsion de la Commission européenne que les “project bonds” sont entrés mardi dans leur phase de test. L’Union européenne a décidé de mettre 230 millions d’euros au pot afin d’attirer les investisseurs privés. L’UE espère ensuite lever 4,5 milliards d’euros sur les marchés afin de financer 15 à 20 projets pilotes. Les premiers investissements devraient se concentrer dans les énergies vertes, les transports et l’économie numérique.

Ce programme a été conçu pour être consensuel et surtout pour ne pas effrayer l'Allemagne, grand argentier européen. C'est pourquoi, la mise financière de départ n'est pas plus conséquente. Du coup, cette enveloppe a été jugée trop faible pour être efficace par plusieurs eurodéputés. “C’est ridicule. Ce n'est pas avec 230 millions qu'on changera quoi que ce soit. Il faut des montants bien plus conséquents” a regretté, mardi, le Belge Guy Verhofstadt, chef de file des libéraux au Parlement européen. Même le rapporteur de cette initiative au Parlement , le Suèdois Göran Färm, a reconnu que le montant pouvait sembler dérisoire. Mais pour lui, “si les projets ne fonctionnent pas, nous ne perdrons pas grand chose au moins”

Première publication : 23/05/2012

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