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FRANCE

En vacances au Maroc, Nicolas Sarkozy renoue avec son goût du luxe

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 25/05/2012

C’est à Marrakech que Nicolas Sarkozy est parti se ressourcer après sa défaite, le 6 mai dernier, à l'élection présidentielle. Comme Jacques Chirac avant lui, il profite de l’hospitalité luxueuse du monarque marocain, Mohamed VI.

Il l’avait annoncé avant la présidentielle : en cas de défaite, Nicolas Sarkozy prendrait des vacances bien méritées. Si la villa de son épouse Carla au Cap Nègre (Provence-Alpes Côte d'Azur) a un temps été évoquée par les médias, c’est finalement au Maroc que l’ancien couple présidentiel a choisi de se retirer pour quelques semaines.

Depuis le 16 mai, ils séjournent à Marrakech dans une luxueuse résidence, située en plein cœur de la Palmeraie, où ils resteront jusqu’à la fin du mois. Depuis quelques jours, une rumeur pour le moins surprenante circule sur la Toile : la villa aurait été offerte à Nicolas Sarkozy par un prince émirati à l’occasion de la naissance de sa fille. Le démenti ne s’est pas fait attendre. "La résidence appartient à la famille royale et est généralement réservée aux invités du roi" a ainsi précisé un responsable marocain le 23 mai.

Un retour au "bling-bling" ?

Un choix plus exotique, plus luxueux, plus doré que le Cap Nègre. Plus "bling-bling" aussi ?

Selon l’hebdomadaire marocain "Al-Ousboue", il s’agit d’un "superbe palais faisant partie du projet immobilier de luxe, Amelkis". Toujours selon la presse locale, la demeure, de près de 700 m2 serait semblable à celle que l’ancien ministre Jean-Louis Borloo s’est faite construire dans le voisinage, et coûterait pas moins de 700 000 euros.

Il y a quelques semaines encore, tant de faste aurait probablement déclenché une polémique et fait les choux gras de la presse française. Car nul doute que Nicolas Sarkozy en campagne ne se serait pas risqué à donner une nouvelle occasion de railler son goût du luxe. Les médias français s’en était en effet donné à cœur joie, ne laissant rien passer, de son dîner de victoire au Fouquet’s à ses séjours sur les yachts de ses richissimes amis en 2007. Mais, désormais libéré de ses fonctions, plus rien ne l’oblige à ménager l’opinion publique. Il revient ainsi à ses premières amours.

Car ce n’est pas la première fois que Mohammed VI invite ainsi Nicolas Sarkozy qui, alors en exercice, s’était rendu à plusieurs reprises au Maroc pour quelques jours de vacances à l’invitation du monarque. Ce dernier avait l’habitude de mettre à sa disposition une autre résidence luxueuse, son palais de Jnan el Kébir (le grand jardin), ou encore l’hôtel du Royal Mansour, qui a également hébergé le couple Chirac en son temps.

"Une politique de fidélisation"

Or d’aucuns pourraient se demander si cette hospitalité marocaine envers les chefs d’États français n’est pas devenue une tradition.

Pour Pierre Vermeren, enseignant à Paris I, spécialiste des sociétés maghrébines, ce phénomène, s’il peut surprendre en France, ne choque pas le moins du monde au Maroc. Il s’agit avant tout pour le monarque marocain d’entretenir une relation d’amitié avec le chef d’État français. "Il ne faut pas oublier que le Maroc est une monarchie quasi-absolue, une société de Cour", rappelle l’historien.

Il souligne, par ailleurs, que les anciens présidents français ne sont pas les seuls à bénéficier de l’hospitalité de Mohammed VI, qui reçoit régulièrement des princes du Golfe ou des chefs d’États africains. "En tant que roi, la nature de sa relation avec un chef d’État n’est pas la même que le serait celle d’un chef d’État républicain", explique-t-il. "Il n’a d’ailleurs pas de compte à rendre à son peuple", conclut-il, expliquant ainsi que ces "présents" restent indiscutés dans l’opinion publique.

En somme, c’est de cette manière que le pouvoir marocain exprime sa "reconnaissance envers les gens qui l’ont aidé". Et ce, même s’ils ne sont plus en fonction. "Il y a une sorte de politique de fidélisation au Maroc, on n’oublie jamais un allié, un soutien", poursuit-il encore.

Reste à savoir ce qui pousse les anciens chefs d’États français à accepter ces faveurs inhabituelles en république. "Les Français ont coupé la tête du roi, mais il y a toujours eu chez les élites républicaines une certaine fascination envers un système différent du leur, qui les honore", conclut Pierre Vermeren.

Première publication : 24/05/2012

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