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Afrique

Fin du premier tour de la présidentielle égyptienne

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/05/2012

Le second jour de vote de l'élection présidentielle en Égypte s'est déroulé dans le calme. La presse nationale a salué un scrutin "libre et historique", pour lequel le taux de participation avoisinerait 50 %. Les résultats sont attendus le 27 mai.

AFP - Le premier tour de l'élection présidentielle en Egypte s'est achevé jeudi soir après deux jours de vote sans accroc majeur pour désigner un successeur à Hosni Moubarak parmi douze candidats, notamment islamistes et figures de l'ancien régime.

Les bureaux de vote ont fermé à 21H00 locales (19H00 GMT) au lieu de 20H00 (18H00 GMT), comme prévu initialement, pour accueillir le plus grand nombre possible d'électeurs.

Aucun électeur n'était admis dans les bureaux après cette heure mais ceux se trouvant déjà à l'intérieur étaient autorisés à y rester jusqu'à ce qu'ils aient voté. Le dépouillement des votes a commencé peu après.

Quelques minutes avant la fermeture, les derniers électeurs arrivaient au bureau de vote installé dans une école du quartier populaire de Sayyeda Zeinab, dans le centre du Caire, selon une correspondante de l'AFP sur place.

"Le pays est au fond du trou du point de vue de la sécurité et de l'économie. Il nous faut quelqu'un qui nous sorte la tête de l'eau", a dit Hala Esmat en sortant du bureau.

Elle a précisé avoir donné sa voix à Ahmad Chafiq, le dernier Premier ministre de M. Moubarak qui a fait une campagne axée sur le rétablissement de la sécurité et le retour "à la normale" après les tumultes ayant secoué le pays ces derniers mois.

Trois heures avant la fermeture, le président de la Commission électorale Farouk Soltane a estimé le taux de participation à 50%. Cité par l'agence officielle Mena, il a également déclaré que le deuxième jour de vote s'était en général déroulé de manière "calme et organisée".

"Je n'avais jamais voté avant parce que le gagnant était toujours connu d'avance. Cette fois je sens que mon vote (...) fera une différence", s'est réjouie Noha Hamdi, 27 ans, rencontrée dans un bureau de vote.

Comme la veille, des électeurs avaient commencé à faire la queue devant les bureaux de vote avant l'ouverture à 08H00 locales (06H00 GMT) dans une ambiance bon enfant.

Les résultats du premier tour doivent être annoncés en principe le 27 mai. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue, un second tour est prévu les 16 et 17 juin.

Les autorités avaient donné une journée de congé aux fonctionnaires pour qu'ils puissent voter et le gouvernement avait demandé aux citoyens de remplir "leur devoir national en cette étape historique (...) afin que la voix du peuple soit entendue".

Plus de 50 millions d'électeurs étaient appelés à choisir entre 12 candidats: islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la "révolution" ou anciens responsables du régime Moubarak.

Outre M. Chafiq, les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l'islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, l'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

La presse égyptienne a salué le scrutin comme "libre et historique", se réjouissant que la première journée se soit déroulée dans le calme et la "joie" malgré les incertitudes pesant sur le pays.

Après des décennies de scrutins joués d'avance, c'est la première fois que les Egyptiens choisissent librement leur chef d'Etat.

L'issue du vote est cruciale pour l'orientation que prendra le pays le plus peuplé du monde arabe, avec quelque 82 millions d'habitants, partagé entre la tentation islamiste et celle d'une normalisation incarnée paradoxalement par des personnalités de l'ère Moubarak.

Pendant la période de transition, émaillée de violences et de protestations, l'armée au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak est devenue la cible de la colère des militants pro-démocratie l'accusant d'avoir continué la politique de répression de l'ancien régime.

Les pouvoirs du futur président restent imprécis, la Constitution en vigueur sous M. Moubarak ayant été suspendue et la rédaction de la future loi fondamentale étant au point mort.

Le chef de l'Etat devra faire face à une situation économique préoccupante, combinant les inégalités sociales extrêmes héritées de l'ancien régime et le fort ralentissement de l'activité, notamment dans le secteur touristique, depuis la révolte de janvier/février 2011.

Le Conseil militaire s'est engagé à remettre le pouvoir à un nouveau président avant la fin juin.

De nombreux analystes estiment toutefois que l'armée, épine dorsale du système depuis la chute de la monarchie en 1952 et qui détient un patrimoine économique considérable, restera un acteur important de la vie politique.

Pendant que les Egyptiens votent, M. Moubarak, qui a gouverné pendant presque 30 ans, est hospitalisé près du Caire. Jugé pour la mort de manifestants durant la révolte et accusé de corruption, l'ancien raïs, âgé de 84 ans, sera fixé sur son sort le 2 juin. Le Parquet a requis la peine de mort.


Première publication : 24/05/2012

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