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Economie

Quand Twitter joue les boules de cristal pour les traders

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/05/2012

Certains investisseurs pensent de plus en plus sérieusement que l'analyse des tweets peut permettre de gagner de l'argent en Bourse. En regardant les échanges sur le réseau de microblogging, d'aucun aurait pu éviter d'investir à tort dans Facebook.

Les investisseurs qui se sont rués le 18 mai sur les titres Facebook n’auraient-ils pas mieux fait de regarder Twitter avant d’acheter des actions qui ont perdu plus de 15 % en quatre jours de cotation ? DataSift, une société américaine d’analyse de données sur les réseaux sociaux, affirme qu’en suivant de près les discussions sur le site de microblogging l’échec de cette giga-introduction en Bourse était prévisible.

Graphiques à l’appui, cette société prétend que les “sentiments des tweets” (nombre de messages positifs ou négatifs) ont systématiquement, le 18 mai, permis de savoir comment le cours de l’action Facebook allait se comporter vingt minutes plus tard. “À chaque fois que le volume des gazouillis négatifs augmentait sensiblement, l’action chutait 20 minutes plus tard”, assure Tim Barker, responsable marketing pour DataSift.

Le sentiment public sur Twitter comparé au cours de l'action Facebook
Crédit : DataSift

Il assure que l’utilisation de Twitter comme outil prédictif a déjà fait ses preuves. Ainsi, lors de la démission, le 22 janvier 2012, des deux patrons de RIM (le constructeur canadien des BlackBerry), DataSift s’était penché sur la corrélation entre l’accueil positif de ces démissions par les internautes sur Twitter et le rebond de l’action RIM.

Boîte à outils pour traders

D’autres sont convaincus depuis plus longtemps encore que Twitter est l’eldorado du trader moderne. La société d’investissement britannique Derwent Capital Markets (DCM) a même retravaillé son modèle économique autour de cette idée. Elle a été la première à introduire, en juin 2011, un "hedge fund" (fonds d’investissement spéculatif) qui choisit ses placements en fonction de l’humeur sur Twitter. “Au début, c’était essentiellement des investisseurs versés par ailleurs dans les nouvelles technologies qui venaient nous voir. Maintenant, nous touchons un public bien plus large”, expliquait il y a quelques mois Paul Hawtin, le PDG et fondateur de Derwent Capital Markets.

La société compte bien continuer sur ce créneau, qui, assure-t-elle, lui a bien réussi. Elle a ainsi annoncé, jeudi 24 mai, qu’elle allait commercialiser un outil clé en main d’analyse “du sentiment sur Twitter” de n’importe quelle action à n’importe quel moment. “Il suffira d’être client chez nous pour pouvoir en bénéficer”, explique à FRANCE 24 Paul Hawtin qui estime que cette solution et l’application pour smartphone qui va avec seront disponibles “à la fin de l’été”. “C’est un produit pour trader occasionnel qui lui permettra de configurer des alertes pour l’avertir lorsqu’une action qu’il suit subit un changement soudain du sentiment à son égard sur Twitter”, précise le financier.

Cette utilisation du résau de microblogging dans la finance n’étonne pas le trader français Éric Valatini, qui travaille pour une grande banque. “Comme un article négatif dans un journal peut affecter le cours d’une action, une information publiée sur Twitter peut également avoir un impact”, explique-t-il à FRANCE 24. Ces informations peuvent ensuite générer une avalanche de tweets négatifs ou positifs qui anticipent l’évolution des cours en Bourse. “Nous savons tous que la Bourse fonctionne sur les sentiments de cupidité et de peur et l’analyse de Twitter permet de refléter cela”, résume Paul Hawtin.

Aléas nous voilà

Mais le bonheur en Bourse n’est peut-être pas aussi simple qu’un tweet. D’abord, le succès de Derwent Capital Markets n’est pas aussi éclatant que ça. “Au départ, DCM a obtenu un gain certain, mais la performance du fonds avant-gardiste s’est ensuite tassé durant les deux premiers mois de 2012”, observe Aurélia Job, blogueuse sur Margin Call, un site spécialisé dans la finance.

Pour Johan Bollen, ingénieur américain en informatique et co-auteur de “L’humeur sur Twitter peut prédire l’évolution en Bourse”, l’étude fondatrice - parue en octobre 2010 - de tout l’engouement actuel pour Twitter comme boule de cristal financière, "c’est un peu plus compliqué que ce qu’on pourrait croire : il faut prendre en compte un grand nombre de variables, ce qui nécessite des ordinateurs très puissants et une sérieuse analyse des résultats”.

L’humeur sur Twitter peut en effet très bien être influencée par des campagnes de dénigrement ou de promotion, des lenteurs du réseau social et d’un grand nombre d’autres critères qu’il faut prendreen compte, “sans oublier qu’il existe des événements imprévisibles”, précise Johan Bollen. Si le travail de compiliation des données est bien fait et les résultats sérieusement analysés, l'universitaire assure que son modèle permet de prédire avec succès les évolutions de la Bourse dans plus de 80 % des cas.

Mais au-delà de la multitude de variables à prendre en compte, un ordinateur ne peut pas non plus comprendre toutes les subtilités du langage humain. “Comment un ordinateur va-t-il comprendre si un message sur Twitter est ironique ou à prendre au premier degré ?”, souligne Eric Valatini. Ce trader n’est pas encore prêt à parier l’argent des ses clients sur la base de prédictions fiables dans seulement 80 % des cas. “Pour moi, on est encore en phase de recherche et développement et je pense qu’il y a encore trois ans de travaux avant d’avoir un résultat satisfaisant”, juge-t-il.

Première publication : 25/05/2012

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