Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

John Kerry au Moyen-Orient : comment rassurer les pays du Golfe ?

En savoir plus

DÉBAT

Raids turcs en Irak et en Syrie : l'offensive contre l'EI et le PKK s'intensifie (Partie 2)

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

La Seine : le XXIème arrondissement de Paris

En savoir plus

INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE

Le yoga, nouvelle arme d'influence

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

PKK, organisation de l’État islamique : le double jeu d’Erdogan

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Grèce : la bourse d'Athènes rouvre dans le rouge après 5 semaines de fermeture

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Nucléaire iranien : John Kerry tente de rassurer les monarchies du Golfe

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Calais - Migrants : "La frontière tue"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Tony Parker : "On n'a jamais eu autant de talents dans notre équipe"

En savoir plus

Asie - pacifique

Pour Aung San Suu Kyi, la vraie liberté commence à Bangkok

Vidéo par Audrey RACINE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/05/2012

Aung San Suu Kyi est arrivée ce mardi à Bangkok où elle doit rencontrer dans les jours qui viennent la Première ministre Yingluck Shinawatra. Elle a fait aux Birmans de Thaïlande la promesse solennelle de les aider.

AFP - La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a prononcé mercredi son premier discours à l'étranger depuis 24 ans, une "promesse" solennelle d'aider ses compatriotes de Thaïlande, souvent exposés à des exploitations en tout genre.

La lauréate du prix Nobel de la paix, 66 ans, arrivée la veille à Bangkok sous les acclamations de quelques partisans, a consacré ses premiers instants hors de Birmanie depuis 1988 à des immigrés qui ont le plus souvent fui la misère ou l'oppression.

"Je peux vous faire une promesse: je ferai de mon mieux pour vous", a déclaré la députée à des milliers de Birmans en extase venus l'écouter à Mahachai, dans la province de Samut Sakhon (Sud de Bangkok).

Ils étaient des centaines à attendre dès l'aube, dans une étroite ruelle d'un quartier de la ville, celle qui représente depuis presque un quart de siècle l'aspiration de tout un peuple à la démocratie. Certains brandissaient des photos d'elle et des pancartes indiquant "Birmanie libre" et "Nous voulons rentrer chez nous".

"Venir ici, c'est un peu comme revenir en Birmanie", a déclaré l'opposante à des journalistes, saluant le courage de ses compatriotes "malgré les difficultés par lesquelles ils sont passés".

"Et tous disent une chose: ils veulent rentrer en Birmanie dès que possible, et ça fait évidemment partie de nos responsabilités".

L'ennemie publique numéro un de la junte jusqu'à la dissolution de celle-ci en mars 2011 est désormais députée de la chambre basse du parlement birman sous les couleurs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), premier parti d'opposition.

Après avoir été enfermée à Rangoun et avoir refusé de quitter le pays de peur de ne jamais pouvoir y revenir, elle a récemment obtenu un passeport et des assurances de la part du régime du président Thein Sein.

Elle partira mi-juin dans une tournée qui s'annonce historique en Europe, notamment à Genève, Oslo - où elle ira recevoir son prix Nobel de la paix décerné en 1991 - et Londres.

Les analystes soulignaient combien le choix des immigrés birmans n'était pas anodin pour l'opposante, avide de renouer le contact avec un peuple qui attend beaucoup d'elle et avec lequel elle n'a pu communiquer. Depuis 1988, elle a passé un total de 15 ans de résidence surveillée.

Certains ouvriers ont "rêvé de cette rencontre toute leur vie", a relevé Andy Hall, militant pour les droits des immigrés. "Cette occasion de rencontrer une de leurs héros, cela signifie tellement pour eux".

"Je l'aime comme ma mère", a lancé pour sa part Phyu Phyu Lay, 28 ans, qui travaille dans un salon de beauté. "Nous avons beaucoup de problèmes ici. Nous avons été oppressés".

Les Birmans représentent 80% des deux millions d'immigrés enregistrés en Thaïlande, dont l'économie est très dépendante des travailleurs étrangers, légaux ou illégaux. S'y ajoutent probablement un million d'immigrés de diverses nationalités non enregistrés.

Beaucoup d'entre eux sont victimes d'exploitations en tout genre et de tracasseries administratives, voire de conditions qui confinent à l'esclavage, notamment dans l'industrie de la pêche.

"La plupart des ouvriers veulent rentrer mais nous n'en avons pas les moyens. Il n'y a pas de travail là-bas et il est difficile de manger, il est difficile de vivre", a déclaré Aung Htun, 28 ans, ouvrier dans l'industrie du riz.

Suu Kyi se rendra également cette semaine dans le Nord de la Thaïlande, où une dizaine de camps de réfugiés abritent depuis des années quelque 100.000 Birmans, chassés de leur pays par les combats entre l'armée et des rebelles de minorités ethniques.

Elle s'exprimera aussi au Forum économique mondial pour l'Asie de l'Est, auquel Thein Sein aurait dû assister.

Mais le chef de l'Etat birman, qui a tout fait depuis un an pour que Suu Kyi revienne dans le jeu politique légal, a reporté sa visite en Thaïlande d'une semaine, sans doute pour éviter qu'elle ne soit totalement éclipsée par la présence de la "Dame".

L'opposante doit enfin s'entretenir avec la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra. Aucune date n'a encore été communiquée.

Première publication : 29/05/2012

  • DIPLOMATIE

    Barack Obama lève certaines sanctions contre la Birmanie pour encourager les réformes

    En savoir plus

  • BIRMANIE

    Aung San Suu Kyi entre au Parlement et endosse son premier mandat électoral

    En savoir plus

  • BIRMANIE

    Le président refuse d'accéder à une demande d'Aung San Suu Kyi

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)