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Economie

La fuite des capitaux espagnols à l'étranger atteint un niveau record

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/06/2012

La recapitalisation des banques et les besoins de liquidité des régions espagnoles menacent de faire plonger davantage les finances de l’État, incitant les épargnants à transférer 66,2 milliards d’euros à l'étranger au mois de mars.

REUTERS - Les transferts d’argent à l’étranger des Espagnols ont atteint un niveau record, selon des chiffres publiés jeudi, sur fond de crise bancaire et de dégradation de la note de huit régions autonomes.

La recapitalisation des banques et les besoins de liquidité des régions menacent de faire plonger les finances de l’Etat davantage dans le rouge, ce qui a poussé le coût de la dette souveraine espagnole au bord du seuil au-delà duquel le pays pourrait devoir demander un plan de sauvetage.
 
La Commission européenne a volé au secours de Madrid mercredi, en proposant une aide directe du Fonds de soutien européen pour recapitaliser ses banques et en accordant au gouvernement davantage de temps pour réduire son déficit budgétaire.
 
Cette initiative a permis d’enrayer l’accroissement de l’écart de rendement de l’obligation souveraine espagnole à dix ans par rapport à l’allemande, mais celui-ci demeure à un niveau record depuis l’adoption de l’euro.
 
Le coût de financement que doit supporter l’Espagne a légèrement réculé jeudi, mais, à 6,6%, il reste proche du niveau de 7% qui avait contraint l’Irlande et le Portugal à se tourner vers une aide internationale.
 
Le Fonds monétaire international (FMI) ne travaille pas à l’élaboration d’une assistance financière pour l’Espagne, a déclaré Christine Lagarde, directrice générale du FMI, démentant à son tour un article de presse en ce sens.
 
Fragilisées depuis l’explosion de la bulle immobilière en 2008, les banques espagnoles n’inspirent plus confiance aux épargnants, qui ont transféré une somme nette de 66,2 milliards d’euros à l’étranger en mars, principalement sur des comptes sur livret dans les pays du nord de l’Europe, selon les chiffres de la Banque d’Espagne.
 
Il s’agit d’un record depuis que cette statistique a été créée en 1990. Il y a un an, l’Espagne avait bénéficié de rentrées nettes de 5,4 milliards d’euros.
 
L’avenir de l’euro en jeu
 
L’inquiétude autour du secteur bancaire est alimentée par les incertitudes autour du plan de recapitalisation de la quatrième banque du pays, Bankia, à hauteur de 23,5 milliards d’euros.
 
Madrid a indiqué avoir l’intention de recourir au Fonds de restructuration bancaire (Frob), mais la Commission européenne lui a demandé de préciser ses projets.
 
Le gouvernement espagnol devrait aussi indiquer vendredi comment il entend venir en aide à ses régions autonomes.
 
C’est dans ce contexte que l’agence de notation Fitch a dégradé la note de huit régions et mis en garde contre de nouvelles dégradations si Madrid n’adopte pas rapidement des mesures d’aide.
 
Les difficultés financières de l’Espagne, aux côtés des incertitudes politiques en Grèce, ont fait plonger les marchés actions et l’euro ces dernières semaines.
 
Le ministre de l’Economie espagnol Luis de Guindos a déclaré que l’avenir de l’euro allait être en jeu dans les prochaines semaines en Espagne et en Italie. « La bataille pour l’euro se mène en ce moment en Espagne et en Italie », a-t-il dit
 
Luis de Guindos a également déclaré que l’Allemagne devait aider à corriger les déséquilibres dans la zone euro créés par une politique monétaire souple appliquée au cours des dix dernières années et par le non-respect par Berlin du pacte de stabilité et de croissance en 2003.
 
« Nous devons rectifier les décisions qui ont favorise l’Allemagne (...) L’Allemagne doit assumer sa part de responsabilités », a-t-il dit.
 
Luis de Guindos s’est dit toutefois dit convaincu que tout doute au sujet de l’avenir de la devise européenne allait bientôt être dissipé.
 

 

Première publication : 01/06/2012

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