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Sports

Le gouvernement français boycotte l'Euro-2012 en Ukraine

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/06/2012

Aucun membre du gouvernement français ne se rendra en Ukraine lors du Championnat d'Europe des nations de football 2012 en raison du sort réservée à l'opposante et ex-Premier ministre Ioulia Timochenko, a annoncé jeudi la ministre des Sports.

AFP - La ministre de la Jeunesse et des Sports Valérie Fourneyron a annoncé jeudi qu'"aucun membre du gouvernement ne sera aux matches en Ukraine", où l'équipe de France jouera ses trois matches de poules de l'Euro-2012, au regard "de la détention" de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko.
              
Fermes sur la nécessité de maintenir la pression sur Kiev pour libérer l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, jusqu'ici les autres Européens hésitent à franchir le pas d'un boycott politique des matches de l'Euro-2012 en Ukraine, co-organisateur avec la Pologne (8 juin-1er juillet).
              
La ministre, qui s'exprimait jeudi à Reims avant le match amical de préparation France-Serbie, a indiqué que "le Quai d'Orsay a informé dès hier (mercredi) le gouvernement ukrainien et le gouvernement polonais de cette situation".
              
"C'est une position prise au regard de la préoccupation qui est la nôtre du respect des valeurs européennes et notamment à la lumière de la situation de Mme Timochenko", a-t-elle précisé.
              
Mme Fourneyron a ajouté avoir informé "les responsables sportifs de cette situation, à la fois Michel Platini (président de l'UEFA), le président de la FFF Noël Le Graët et aussi Jacques Lambert (président du comité d'organisation de l'Euro-2016, qui sera disputé en France)".
              
"Comme vous l'avez vu, la position a également été partagée par (la chancelière allemande) Angela Merkel, (le président de l'UE) Herman Van Rompuy et (le président de la Commission européenne) José Manuel Barroso et nous avons demain (vendredi) à Bruxelles, une réunion de coopération de sécurité politique où l'ensemble de cette position sera également partagée", a encore assuré la ministre des Sports.
                          
"Chacun prend ses responsabilités"
              
"Chacun prend ses responsabilités, aujourd'hui la France a pris une position au regard d'une situation particulière actuellement en Ukraine, (au regard) de la détention de Mme Timochenko", a-t-elle encore détaillé.
              
Interrogée sur d'éventuelles précautions que devraient prendre les supporters français après cette décision, Me Fourneyron a répondu qu'il n'y avait "pas de mesures particulières envisagées" pour le moment.
              
"Le président de la République (François Hollande) et l'ensemble du gouvernement sont à 100 % derrière l'équipe nationale et son encadrement, ce ne sera pas facile de sortir des poules pour aller en quarts de finale", a par ailleurs assuré la ministre des Sports.
              
Les Bleus sont engagés dans le groupe D avec l'Ukraine, l'Angleterre et la Suède. Leur premier match est le 11 juin à Donetsk contre l'Angleterre.
              
François Hollande avait laissé entendre le 24 mai qu'il n'irait pas en Ukraine pour l'Euro-2012 car ce qu'il s'y passe est "un problème", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'issue d'un sommet informel de l'UE.
              
Des responsables de plusieurs pays européens, notamment l'Allemagne, avaient déjà menacé de boycotter l'Ukraine en renonçant à se rendre aux matches de l'Euro.
              
Timochenko dans un étau

              
Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, avait de son côté confirmé le 25 mai qu'il se rendrait en Ukraine, "aux côtés des joueurs et du staff" de l'équipe de France.
              
"Au plan politique, le gouvernement décidera. C'est aux politiques de prendre leurs responsabilités", avait dit M. Le Graët.
              
Mercredi, l'étau s'est encore resserré sur Timochenko. L'opposante, qui purge déjà une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir, figure désormais comme témoin dans l'enquête sur le meurtre d'un député en 1996.
              
Le quotidien ukrainien Kommersant a affirmé que le parquet général était prêt à inculper Mme Timochenko pour cet assassinat, mais qu'il attendait la guérison de l'opposante transférée à l'hôpital en raison d'hernies discales.

Première publication : 01/06/2012

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