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Economie

"L'E3 est avant tout le Cannes du jeu vidéo"

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 06/06/2012

L'E3, un salon du jeu vidéo dont les meilleures années sont derrière lui ? Les plus de 40 000 personnes qui ont fait le déplacement à Los Angeles du 5 au 7 juin ne sont pas de cet avis. Ou pas tout à fait... Témoignages de passionnés.

Pour certains, l'E3 (Electronic Entertainment Expo), c'était mieux avant. Manque d'innovation, incapacité à s'ouvrir aux nouvelles tendances du jeu vidéo comme le mobile ou le jeu en ligne : les critiques contre ce salon sont nombreuses. Pourtant, en 2012, ils ont encore été plus de 40 000 à s'y rendre.

Pourquoi ont-ils fait le déplacement ? Quelle est la "magic touch" qui attire autant de monde alors qu'il s'agit de l'un des rares salons du jeu vidéo réservé exclusivement aux professionnels du secteur ? FRANCE 24 est allé à la rencontre de trois passionnés du jeu vidéo qui expliquent la force d'attraction du grand show de l'E3.

Michel Morcos, 29 ans, responsable du blog gamekyo.com

Michel Morcos se rend à l'E3 depuis quatre ans. Ce Parisien trouve que, ces derniers temps, le salon du jeu vidéo de Los Angeles a "su renouer avec ses origines". Après un passage à vide en 2007 et 2008, lorsqu'il avait considérablement réduit sa voilure pour des raisons budgétaires, l'E3 est redevenu, depuis 2009, le "Cannes du jeu vidéo".

Il regrette cependant qu'avec Internet partout, tout le temps, la plupart des moments forts soient "retransmis en direct sur le Web, ce qui fait que pour savoir ce qui se passe dans l'industrie, il n'est plus nécessaire de faire le déplacement à Los Angeles".

Reste toutefois le plaisir de pouvoir essayer des jeux en avant première. Cette année, il a été très impressionné par Watchdog, la dernière réalisation de l'éditeur français Ubisoft. Pour lui, ce jeu d'action est la révélation du salon, même s'il reconnaît que "la Wii U [nouvelle console de Nintendo, NDLR] est au centre des discussions".

Reggie Griffin, 34 ans, fondateur de la société de vente d'accessoires de jeux vidéo Power Anime

Cet Américain de Los Angeles connaît l'E3 sur le bout des doigts. Il n'a pas raté une édition de cette Mecque du jeu vidéo depuis 10 ans. "Je ne suis plus aussi emballé qu'à mes débuts", regrette-t-il cependant. Reggie Griffin met ce désamour sur le compte du manque d'innovation montré à l'E3. L'arrivée de la Wii U lui semblait prometteuse, mais "ce que Nintendo a présenté cette année est loin de m'avoir convaincu", explique-t-il.

Surtout, il juge que l'E3 devrait donner plus de place "aux nouvelles tendances du secteur, comme le jeu sur mobile". Il espère que l'édition 2012 du salon permettra de rendre davantage justice à cette "niche particulièrement dynamique" de l'industrie vidéoludique. Reggie Griffin craint cependant que tous les éditeurs, les Ubisoft, Activision et autres, "fassent trop confiance aux grands constructeurs pour leur montrer la voie à suivre". Il juge que, jusqu'à présent, Sony, Microsoft et Nintendo n'ont pas été très bons pour sentir dans quelle direction le vent vidéoludique allait tourner.

Edward Lehecka, 28 ans, créateur de jeux vidéo musicaux pour le studio Pentavision

Pour ce fan de Nintendo, l'E3 2012 était l'édition à ne pas manquer. "C'est le moment idéal pour se rendre compte du potentiel de la Wii U [la nouvelle console du constructeur japonais, NDLR], affirme Edward Lehecka.

Mais même sans cette nouvelle console, il serait venu car "c'est l'endroit où on peut essayer souvent en avant première tous les jeux dont on entend parler sur le Net". Et puis aussi par habitude... "Voilà huit ans que je fais le déplacement", confie-t-il.

Il juge que l'E3 a toujours été et reste le salon des grandes annonces médiatiques et des prises en main de jeux. En revanche, comme beaucoup d'autres, il estime que ce rendez-vous n'a plus son rôle d'antan de boussole du secteur. "Beaucoup d'éditeurs communiquent maintenant en amont de l'E3 afin de dicter leur propre agenda et ne pas dépendre d'un seul salon où ils risquent d'être inaudibles", souligne-t-il.

Première publication : 06/06/2012

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