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Asie - pacifique

De Genève, l'opposante Aung San Suu Kyi appelle à investir en Birmanie

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/06/2012

En tournée en Europe, l'opposante birmane a profité d'être à la tribune de la Conférence internationale du travail à l'ONU, à Genève, pour inviter la communauté internationale à œuvrer en faveur du développement économique de son pays.

AFP - Aung San Suu Kyi, la charismatique chef de l'opposition birmane, a lancé jeudi un appel aux investissement étrangers favorisant le développement démocratique de son pays, à Genève, devant l'ONU.

L'appel a été lancé devant la Conférence internationale du travail, au premier jour de sa tournée européenne, une première après 22 ans de résidence forcée dans son pays, du temps de la junte militaire au pouvoir.

Alors que tous les observateurs tablaient sur une intervention concernant le travail forcé en Birmanie, Mme Aung San Suu Kyi a surpris son auditoire en réclamant des investissements pour son pays, en plein processus de transformation politique, après les élections d'avril dernier.

"C'est une demande pressante de ma part", a-t-elle dit à l'adresse des quelque 4.000 délégués à la conférence, qui lui ont réservé une ovation debout à son arrivée dans la grande salle du conseil du Palais des Nations à Genève.

La militante birmane, qui aura 67 ans dans quelques jours, a aussi réclamé de l'aide pour la jeunesse de son pays, qui n'a pas eu la chance de recevoir une éducation et qui souffre d'un chômage endémique.

"Des jeunes sans emploi perdent toute confiance dans la société qui a échoué à leur donner une chance", a-t-elle ajouté, soulignant les problèmes de drogue et d'alcoolisme qui y sont liés

"Il faut encourager des investissements directs qui aboutissent à des créations d'emploi", a-t-elle encore plaidé.

Un peu plus tard, au cours d'une conférence de presse, Mme Aung San Suu Kyi a indiqué qu'elle considérait le groupe pétrolier français Total comme un "investisseur responsable aujourd'hui", même s'il y a eu des interrogations du temps de la junte militaire.

"Aujourd'hui, Total est sensible à la question des droits de l'homme et je ne vais pas lui demander de se retirer du pays, ni à Chevron", un groupe pétrolier américain, a-t-elle dit.

Mme Aung San Suu Kyi a encore indiqué "qu'une politique de développement basée sur la démocratie, adossée à des réformes sociales, économiques et politiques va remettre notre pays sur le chemin du succès et du positif".

La question des nombreux migrants birmans vivant en Thaïlande, a aussi été évoquée. "80% de tous les travailleurs migrants en Thaïlande sont des Birmans, et ces travailleurs sont souvent confrontés à des violations de leurs droits", car ni la Birmanie ni la Thaïlande n'ont adopté les bases juridiques nécessaires pour mettre en oeuvre des règles internationales, a-t-elle indiqué.

"Beaucoup de ceux que j'ai rencontrés en Thaïlande m'ont dit +nous voulons rentrer à la maison+, et nous avons tous la responsabilité de leur assurer paix et sécurité à leur retour", a-t-elle dit.

Après Genève, que la militante a visité il y a 30 ans, comme elle l'a rappelé jeudi, Mme Aung San Suu Kyi se rend à Berne, la capitale fédérale de la Suisse. Elle y sera reçue par les plus hautes autorités, avant de partir vendredi pour Oslo.

Cette tournée en Europe de Mme San Suu Kyi est le premier grand voyage de la militante depuis 1988, en raison de sa mise en résidence surveillée pendant des années.

La Suisse est la première étape de ce voyage de plus de 2 semaines, qui va la conduire après en Norvège, en Grande-Bretagne, en Irlande et en France.

En Norvège, Mme San Suu Kyi doit prononcer un discours à l'occasion de la remise de son Prix Nobel de la Paix, décerné en 1991 et qu'elle n'a pas pu recevoir en personne, du fait de sa détention en Birmanie.
 

Première publication : 14/06/2012

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