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Michelle, l'arme pas si secrète du président Obama

Texte par Jon FROSCH

Dernière modification : 30/08/2012

Elle est l’un des atouts de Barack Obama que les démocrates n’hésitent pas à exploiter en vue de sa réélection. Très investie sur le plan médiatique, la première dame ne se hasarde toutefois pas sur le terrain, beaucoup trop miné, de la politique.

Si la cote de popularité de Barack Obama n’a cessé de jouer au yo-yo ces dernières années, celle de son épouse n’a, en revanche, jamais vraiment quitté les cimes. Selon de récents sondages, 70 % des Américains affirment apprécier la souriante et dynamique première dame américaine… Un score similaire à celui enregistré lors de son arrivée à la Maison Blanche en 2008.

De cette indéfectible affection, l’équipe de campagne du président sortant n’a pas hésité à faire une arme qu’elle dégaine à tout-va. Depuis plusieurs semaines, les militants démocrates ont ainsi pu voir Michelle Obama monter maintes fois en première ligne de la bataille qui oppose son mari au républicain Mitt Romney. Envoyée en opération séduction lors de chics soirées de levées de fonds, elle a aussi été dépêchée en chauffeuse de salle dans les États indécis (les fameux "swing states"), en experte ès motivation auprès de troupes découragées ou en fantassin de la bonne blague sur les plateaux de télévision. La "First Lady" a même été vue en pleine séance d’exercice physique dans le populaire programme de télé-réalité "The Biggest Loser" et devrait bientôt se voir érigée en critique culinaire dans une célèbre émission de cuisine…

"Figure maternelle"

Très présente dans le champ médiatique, il est peu probable toutefois que Michelle Obama s’aventure sur le terrain politique. Bien que considérée comme l’instigatrice de plusieurs prises de position de son président d’époux (mariage des homosexuels, réformes sur l’assurance-santé et l’immigration), l’épouse Obama s’est toujours appliquée à donner l’image d’une femme peu impliquée dans les décisions prises par la Maison Blanche. En clair : la première dame américaine peut dispenser des conseils avisés sur l’éducation des enfants, la mode et l’hygiène de vie mais ne comptez pas sur elle pour parler politique.

Selon Lex Paulson, ancien cadre démocrate de la campagne électorale de 2008, cet "apolitisme" constitue l’un des éléments essentiels de la popularité de la "First Lady". "Son succès tient en partie au fait que lors de ses interventions, les gens voient en elle une ‘figure maternelle’ et non pas quelqu’un qui ‘convoite’ leur vote", analyse-t-il.

Pour les journalistes et les commentateurs qui suivent de près la "First Lady", ce prétendu manque d’appétence pour la chose publique est plus stratégique que naturel. Bien avant que son mari n’accède à la Maison Blanche, Michelle Obama a fréquenté les plus prestigieuses universités américaines, a rédigé une thèse sur la question raciale aux États-Unis et s’est montrée critique à maintes reprises à l’égard de son pays. Difficile, donc, de croire qu’elle ne porte aujourd’hui aucun jugement sur l’action de son mari et les réactions, parfois très virulentes, de l’opposition républicaine. "Michelle Obama est une avocate diplômée de Harvard qui a son opinion sur la vie politique américaine", affirme Jodi Kantor, journaliste au New York Times et auteur du best-seller "The Obamas".

Dans son livre, la reporter, qui suit le couple présidentiel depuis 2007, décrit une “First Lady” opiniâtre qui a plusieurs fois eu maille à partir avec des conseillers du chef de l’État. “Seulement voilà, dans cette nouvelle campagne, elle a endossé le rôle d’une première dame traditionnelle, observe-t-elle. Elle ne dévie pas de sa ligne, ne prend aucun risque, et dit à peu près la même chose à chacune de ses apparitions."

Militante malgré elle

Il faut dire que cette stratégie a fait ses preuves. "Michelle Obama est un énorme atout, constate la journaliste. L’entourage de son mari la considère comme le moteur de la campagne. Depuis 2008, l’enthousiasme de la base démocrate s’est émoussé, et elle possède un véritable talent pour remotiver les troupes."

Une disposition qui n’a rien d’innée, rappelle Anita McBride. Pour cette ancienne chef de cabinet de l’ex-"First Lady" Laura Bush, si Michelle Obama remplit aujourd’hui son rôle avec "succès" - surtout lorsqu’il s’agit de trouver des financements -, ce fut loin d’être le cas à ses débuts. "La Michelle Obama de 2012 n’a rien à voir avec celle de 2008. Lorsqu’elle faisait ses premiers pas sur la scène nationale, elle n’était pas aussi confiante, pas aussi bien conseillée, pas aussi bien préparée, se souvient celle qui enseigne désormais l’histoire des premières dames à l’American University de Washington. Cela fait trois ans maintenant qu’elle est à la Maison Blanche et elle a pris ses marques."

En dépit de son image de femme déterminée, Michelle Obama joue les "animatrices de campagne à contre-cœur", commente Jodi Kantor. La première dame a, d’ailleurs, récemment confié à la télévision : "Je ne suis pas intéressée par la politique, et ne l’ai jamais été". Il n’empêche : "Cette fois-ci, elle met du cœur à l’ouvrage, insiste la journaliste. Parce que c’est la dernière campagne de son mari et que la bataille s’annonce très serrée et très engagée". En outre, cette campagne sera "un moyen pour elle de rendre aux républicains les coups qu’ils ont donnés à son époux".

À la conquête de la classe ouvrière blanche

Pour l’heure, la campagne de la première dame s’est limitée à des apparitions publiques durant lesquelles elle a abordé les thèmes qui lui tiennent à cœur : la lutte contre l’obésité infantile et l’accompagnement des familles des soldats américains. Deux sujets de préoccupation qui, pour le plus grand bonheur des conseillers d’Obama, peuvent ramener des voix dans le giron démocrate. "Le combat de Michelle Obama contre le surpoids des enfants, ainsi que son image d’épouse et de mère de famille, lui ont attiré les faveurs de nombreuses femmes américaines, indique Jodi Kantor. Et son travail mené auprès des familles de soldats a séduit l’électorat que le président peine à convaincre : celui de la classe ouvrière blanche."

L’atout Michelle rappelle cependant à quel point le "vote" Barack est volatil. L’engagement de la "First Lady" est certes précieux mais, comme le répète Anita McBride, "les Américains votent pour un président, pas pour une première dame". Reste que les conseillers du chef de l'État peuvent difficilement se passer d’une Michelle Obama qui, contrairement à son époux très professoral, peut se permettre de jouer sur la corde émotionnelle.

Lors d’un récent meeting à Philadelphie, celle-ci a demandé aux militants de défendre le bilan des quatre années de présidence de son mari. "La campagne va être longue, difficile, pleine d’embûches et de retournements", a-t-elle lancé devant un millier de personnes. Avant de conclure : "Tout se résume à une simple question : allons-nous poursuivre le changement que nous avons enclenché et les progrès que nous avons réalisés, ou allons-nous abandonner tout ce pour quoi nous nous sommes battus ?"

Les campagnes électorales ont beau ne pas être sa tasse de thé, Michelle Obama se montre très investie. Comme Jodi Kantor l’affirme : "Elle ne veut pas que son mari essuie une humiliante défaite qui remettrait en cause le projet qui l’avait porté au pouvoir. Et qui ferait dire aux Américains que ce mandat n’a servi à rien".
 

Première publication : 15/06/2012

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