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Economie

Le grand écart de Paris entre rigueur française et relance européenne

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 18/06/2012

Vainqueur des législatives, la gauche française va s’atteler à réduire les déficits afin de tenir les engagements de campagne de François Hollande. Une promesse d’austérité que le président tente de contrebalancer par une relance européenne.

Y’aurait-il en économie un Docteur François et un Mister Hollande ? Les élections législatives ont offert au président français la majorité absolue à l’Assemblée nationale, nécessaire pour mener la politique qu’il souhaite. Sur le plan économique, elle semble relever de la schizophrénie : rigueur attendue à l’intérieur des frontières hexagonales et appel à une politique de la relance au niveau européen.

En effet, François Hollande avait assuré, durant la campagne électorale, qu’une fois élu, il ramènerait le déficit de l’État à 3 % du PIB d’ici à la fin 2013. Un engagement repris par le ministre de l’Économie Pierre Moscovici, notamment lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble le 21 mai à Berlin.

Le nouveau pouvoir n’a, en revanche, pas encore précisé comment tenir cette promesse. Campagne des législatives oblige, le mot rigueur était, jusqu’à présent, tabou. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a, cependant, laissé entendre qu’il faudrait faire plus d’économies que prévu, étant donné que la France devrait connaître une année de récession en 2012. Jeudi 14 juin, Pierre Moscovici a, ainsi, reconnu que la croissance risquait d’être moins forte qu’anticipé en 2012, ce qui signifie que les rentrées fiscales seront moins importantes. “Il faudra faire les efforts utiles, nécessaires”, a concédé Bercy, renvoyant au projet de loi de finances rectificatives 2012 de juillet prochain pour le détail des réjouissances. Selon la Banque de France, la récession de -0,1 % attendu cette année contraint le gouvernement a trouvé 10 milliards d’euros de plus pour tenir ses engagements de réduction des déficits.

Propositions "médiocres"

Une cuisine budgétaire interne à laquelle le président François Hollande se garde bien

de participer. Le chef de l’exécutif se réserve le beau rôle médiatique de défenseur d’une relance économique par l’Europe. Il aurait même, d’après le "Journal du Dimanche" du 17 juin, fait parvenir jeudi 14 juin, un mémorendum aux autres dirigeants européens dans lequel il affirme que l’Europe devrait dépenser 120 milliards d’euros pour soutenir la croissance dans la zone euro.

Ce document, censé refléter la position officielle de Paris à l'approche du sommet des chefs d’État les 28 et 29 juin à Bruxelles, en détaille la répartition souhaitée par le président français. Internet, énergies renouvelables et projets d’infrastructure ont les faveurs de François Hollande.

Sans citer ces propositions françaises, la chancelière allemande Angela Merkel a critiqué, jeudi, des propositions “médiocres”. Benjamin Carton, spécialiste de l'Europe au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) craint, pour sa part, que “le gouvernement français souhaite des mesures immédiates avant toute avancée politique, alors que les trois dernières années ont montré que ce genre d’initiatives manque d’efficacité car elle ne sont pas intégrées à un plan global pour l'Europe”.

Cette approche à double détente - austère en France et pour la relance européenne - n’est peut-être pas aussi schizophrénique qu’elle en a l’air. “La France de François Hollande a bien compris qu’avec des caisses nationales vides, Paris doit se raccrocher à l’Europe - et donc à l’Allemagne - pour financer sa croissance”, écrit le quotidien conservateur germanique "Frankfurter Allgemeine", lundi 18 juin. En somme, afin de ne pas suivre la voie Italienne ou Espagnole - où la rigueur a plongé l’économie nationale dans la récession - le gouvernement Hollande espère que Bruxelles contrebalance l’effet négatif des mesures d’austérité à venir.

François Hollande essaie également de modifier l’image des institutions européennes. Jusqu’à présent, l’Union européenne semblait condamner ses États membres à une politique de rigueur budgétaire. L’appel à une relance venue de Bruxelles pourraient permettre de donner un signal plus positif. Ou alors, si Français et Allemands n’arrivent pas à s’entendre, cette offensive de François Hollande risque d’aboutir sur une Europe politiquement en panne.

Première publication : 18/06/2012

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