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Obama et Poutine plaident pour un "arrêt immédiat" des violences en Syrie

Vidéo par Carlotta RANIERI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/06/2012

Depuis le sommet du G20 à Los Cabos, les président russe et américain ont appelé, dans un communiqué commun, "à un arrêt immédiat des violences" en Syrie. La Russie refuse toujours de soutenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

AFP - Le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine ont appelé ensemble lundi, malgré leurs divisions sur la crise en Syrie, à un "arrêt immédiat des violences", estimant que les Syriens devraient pouvoir choisir leur avenir de façon "démocratique".

Sur le terrain, plus de 70 personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées à travers le pays, où l'armée a pilonné plusieurs villes des régions de Homs (centre) et Damas, selon une ONG syrienne.

Une responsable de l'ONU a appelé à ce sujet le régime de Bachar al-Assad à cesser immédiatement l'utilisation d'armes lourdes et les bombardements, parlant de "crimes contre l'humanité".

Alors que le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan est dans l'impasse, le Conseil de sécurité de l'ONU doit discuter mardi de ce plan et de l'avenir de sa mission d'observation en Syrie, selon des diplomates.

"Afin de mettre un terme à l'effusion de sang en Syrie, nous appelons à un arrêt immédiat de la violence", ont déclaré en marge du sommet du G20 à Los Cabos (Mexique) M. Poutine, ferme soutien du régime syrien, et M. Obama, dont le pays appelle au départ de Bachar al-Assad, dans un communiqué commun.

Ils se sont dits en outre "unis dans l'idée que le peuple syrien devrait pouvoir choisir son avenir de façon indépendante et démocratique".

M. Poutine a en outre annoncé avoir trouvé de "nombreux points d'accord" avec M. Obama sur la façon de régler la crise syrienne.

Washington espère que la Russie finisse par faciliter une issue à la crise en Syrie, malgré son refus de soutenir des résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime pour sa répression de la révolte.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a accusé la semaine dernière Moscou de fournir des hélicoptères d'attaque à Assad. Furieuse, la Russie a répliqué qu'elle n'avait fait que réparer des appareils syriens.

Par ailleurs, le sénateur américain John McCain, qui s'est à nouveau prononcé pour une intervention militaire aérienne américaine, a accusé les forces du président Assad d'avoir recours de plus en plus à des hélicoptères d'attaque pour mater la rébellion.

Quel avenir pour la mission de l'ONU ?

Le général Robert Mood, chef de la mission de l'ONU, devrait faire un rapport devant le Conseil de sécurité mardi à 16H00 locales (20H00 GMT) sur sa décision, intervenue samedi, de suspendre les activités de cette mission en raison de "l'intensification des violences" sur le terrain.

A New York, l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant a indiqué que "beaucoup d'Etats membres du Conseil (de sécurité), y compris nous, vont lui demander quel est l'avenir de cette mission et donc, par extension, du plan Annan".

"Nous sommes très inquiets de la hausse de la violence et nous estimons que le régime syrien en porte la responsabilité", a-t-il insisté.

A l'ouverture de la 20e session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a indiqué que "le gouvernement de Syrie devrait cesser immédiatement l'utilisation d'armes lourdes et le bombardement de zones habitées".

"De telles actions équivalent à des crimes contre l'Humanité et autres possibles crimes de guerre", a-t-elle lancé.

Elle a exhorté la communauté internationale à "surmonter les divisions (...) pour mettre fin à la violence" et à s'assurer que les auteurs de ces violences, "y compris ceux qui ont attaqué les observateurs de l'ONU en Syrie", aient des comptes à rendre.

La France a redemandé devant le Conseil des droits de l'Homme la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) pour sanctionner la "barbarie" du régime d'Assad.

Le chef de la diplomatie européenne, Mme Catherine Ashton, s'est dite également "profondément préoccupée par l'escalade" des violences, soulignant "la nécessité urgente d'une action unifiée de la communauté internationale".

Plus de 70 morts

Sur le terrain, 70 personnes ont péri à travers le pays, selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme (OSDH).

Sept personnes, dont trois rebelles, ont été tuées dans la province de Homs, dans les régions voisines de Qousseir et de Rastane, indique l'OSDH qui fait état en outre de "1.000 familles assiégées" à Homs.

Six civils, dont deux enfants, ont été tués dans de "violents bombardements" de Douma, à 13 km au nord-est de Damas, a indiqué l'OSDH.

Parlant à l'AFP via Skype, un militant anti-régime qui se fait appeler Mahmoud Doumani a affirmé que "l'armée avait multiplié ses opérations à Douma ces derniers jours", ajoutant que les familles qui n'avaient pas pu fuir la ville se cachaient.

Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a fait état pour sa part de "la mort de centaines de terroristes ces trois dernières semaines aux portes de Damas".

Le régime syrien, qui refuse de reconnaître l'ampleur de la révolte contre Bachar al-Assad, qualifie de "terroristes" les rebelles.

Dans la province de Deraa (sud), berceau de la révolte, la ville de Tafas était assiégée et pilonnée par l'armée, a indiqué l'Armée syrienne libre (ASL).

"L'armée régulière a pu entrer dans la ville par l'entrée sud, d'où ils ont lancé une série de raids, mais n'ont pas pénétré dans l'ensemble de la ville", a indiqué le porte-parole de l'ASL Louay Rashdan. "Les combattants de l'ASL résistent toujours".

Première publication : 18/06/2012

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