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EUROPE

Antonis Samaras nommé officiellement Premier ministre à Athènes

Vidéo par Alexia KEFALAS

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/06/2012

Antonis Samaras a été investi Premier ministre de la Grèce ce mercredi après avoir prêté serment devant le président de la République Carolos Papoulias. Il va désormais former un gouvernement de coalition avec les partis de gauche.

AFP - Le chef du parti conservateur Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, 61 ans, est devenu mercredi Premier ministre en Grèce, après avoir obtenu le soutien de deux autres partis pour tenter de rétablir le crédit d'un pays en quasi-faillite.

M. Samaras qui a prêté serment devant le président de la République devait faire connaître jeudi la liste de ses ministres, juste à temps pour que la Grèce soit représentée à une réunion le même jour des ministres des Finances de la zone euro qui doit se pencher sur la situation très difficile de ce pays.

Après avoir remporté les législatives de dimanche, mais sans avoir la majorité absolue, M. Samaras a négocié et obtenu le soutien de deux autres partis, le Pasok (socialiste) et le Dimar (gauche modérée), ce qui lui permet de revendiquer 179 voix sur 300 au Parlement.

"Avec l'aide de Dieu, nous allons tout faire pour sortir le pays de la crise. Demain, je vais demander au gouvernement de travailler d'arrache-pied pour donner un espoir tangible au peuple grec", a déclaré M. Samaras à la presse après sa prestation de serment devant le président de la République Carolos Papoulias.

Victoire des pro-austérité de Nouvelle Démocratie



"J'ai conscience (du fait) que c'est un moment crucial, il faut rétablir la dignité des Grecs et assurer la relance de l'économie et la cohésion sociale", a-t-il ajouté au cours de la passation des pouvoirs avec le Premier ministre intérimaire Panayiotis Pikrammenos.

Le dirigeant du parti socialiste Evangélos Vénizélos qui avait dévoilé dans l'après-midi l'accord politique permettant la constitution d'un gouvernement de coalition a décrit en termes épiques la tâche principale de la nouvelle équipe.

Dès le sommet européen des 28 et 29 juin, la Grèce livrera sa "grande bataille pour réviser l'accord de prêt" conclu en février et lui imposant une austérité rigoureuse en échange d'un deuxième paquet de prêts internationaux, a indiqué M. Vénizélos.

De fait, même si les bailleurs de fonds, UE et FMI, admettent à mots couverts le besoin d'assouplir les conditions faites aux Grecs, ils voient aussi en M. Samaras -membre de la même famille politique que la chancelière allemande Angela Merkel- le garant du maintien de la Grèce dans l'euro. Ce qui signifie à leurs yeux, la poursuite des efforts d'assainissement budgétaire entamés.

Les Européens ont entrouvert la porte à une prolongation de deux ans, jusqu'à fin 2016, du délai donné à la Grèce pour atteindre l'équilibre budgétaire. Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit prêt à reprendre les négociations le plus tôt possible avec ce pays.

Mais l'Europe et le FMI veulent auparavant examiner les retards pris par la Grèce dans la mise en oeuvre de ses engagements depuis qu'elle est entrée, début avril, dans un processus électoral qui a fait se succéder deux élections en un mois et demi.

Ceci laisse augurer d'une arrivée dès juillet à Athènes des représentants de la troïka (UE-BCE-FMI), chargés d'enregistrer aussi bien les progrès que les dérapages dans les comptes publics.

Les Grecs réagissent aux résultats des élections
Sur le modèle de celle déjà formée par les conservateurs et les socialistes en novembre dernier, la coalition gouvernementale bénéficiera d'une caution de gauche, avec le soutien du petit parti modéré, la Gauche démocratique (Dimar).

Les dirigeants des trois partis se sont réunis mercredi soir, pour mettre la dernière touche à la liste des membres du gouvernement.

L'actuel président de la Banque nationale de Grèce (BNG), première banque commerciale du pays, Vassilis Rapanos, est pressenti pour devenir ministre des Finances, selon la chaîne de télévision publique Net.

A 65 ans, cet économiste de formation est un vieux routier de la gestion de ce pays aux côtés des équipes socialistes, et a dirigé le Conseil des experts du ministère de l'Economie et des Finances au moment de l'entrée de la Grèce dans l'euro, en 2001.

Dans l'opposition, le parti de la gauche radicale Syriza a jugé que le gouvernement était "clairement conservateur".

Il "ne convainc pas de sa capacité et de son intention de lutter pour une véritable renégociation (...) des politiques néolibérales d'austérité", a estimé le parti dans un communiqué, avertissant qu'il serait "à l'avant-garde des luttes sociales de la prochaine période".

Parmi ses autres défis, mis en exergue par le Syriza, le nouveau gouvernement devra notamment rompre avec les vieux démons de la politique grecque, clientélisme, médiocratie et corruption pour rétablir la confiance tant avec une société poussée à bout par deux ans de sacrifices qu'avec des partenaires qui n'excluent pas en cas de nouveau dérapage de faire sortir le pays de la zone euro.

La première a féliciter M. Samaras mercredi a été la chancelière allemande Angela Merkel qui l'a invité à Berlin.

Dans l'immédiat, les deux dirigeants auront peut-être l'occasion de se rencontrer ailleurs. Mme Merkel assistera au match de quart de finale de l'Euro 2012 vendredi à Gdansk, en Pologne. Au programme : Allemagne-Grèce. L'un des deux sortira de l'Euro.

Première publication : 20/06/2012

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