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Amériques

Le mouvement étudiant "Yo soy 132", poil à gratter de la campagne présidentielle

Texte par Joseph BAMAT

Dernière modification : 21/06/2012

Au Mexique, si la victoire du candidat du PRI (droite) Enrique Pena Nieto à l’élection présidentielle semble déjà acquise, il est largement contesté par la jeunesse qui s'organise autour d'un mouvement étudiant sans précédent, "Yo soy 132".

La campagne présidentielle s’annonçait sans grand intérêt tant la victoire le 1er juillet d'Enrique Pena Nieto, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), semble assurée. Mais depuis quelques semaines, un mouvement étudiant sans précédent, "Yo soy 132" ("je suis le 132e"), vient jouer les trouble-fête en contestant le probable retour au pouvoir du PRI, un parti qui a gouverné pendant plus de 70 ans (1929 -2000) et synonyme, selon eux, de corruption et de clientélisme.

"Non a Pena, non au PRI", peut-on lire sur les banderoles déployées lors des différentes manifestations de ce mouvement qui réunit des dizaines de milliers de personnes. Les jeunes entendent ainsi dénoncer le bilan de Pena Nieto en tant que gouverneur de l'État de Mexico entre 2005 et 2011. Lors d’un rassemblement le 19 mai devant le siège de Televisa et TV Azteca, ils ont également protesté contre le manque de neutralité dans la campagne de ces deux grands groupes de médias.

Pour Julio Colin, l'un des porte-parole du mouvement, Enrique Pena Nieto représente le système corrompu qui gangrène le pays. "Aujourd’hui, Nieto le candidat est à la merci des médias et des grosses entreprises. Demain, Nieto le président se préoccupera uniquement de servir leur intérêts”, s’indigne l’étudiant de 23 ans qui a participé au lancement de ce mouvement.

Première révolte en 40 ans

"Yo soy 132" est né le 11 mai 2012. Ce jour-là, le candidat du PRI effectue une visite à l'université ibéro-américaine de Mexico (UIM). Il se retrouve alors pris à parti par un groupe de 131 étudiants qui s’opposent à sa venue sur le campus. Son équipe de campagne s’empresse de pointer du doigt une “jeunesse manipulée depuis l’extérieur de l’université".



Déterminés, les étudiants ripostent en publiant sur Internet une vidéo dans laquelle chacun d’entre eux se met en scène avec sa carte d'étudiant. Dans la foulée se crée sur les réseaux sociaux un mouvement baptisé "Yo soy 132", par solidarité avec les 131 manifestants. Les “132” s’adressent aux étudiants ou tout électeur hostile au système.

En quatre semaines, le mouvement prend de l’ampleur avec des mobilisations dans le centre de Mexico ainsi que dans plusieurs villes du pays. Pour la correspondante de FRANCE 24 au Mexique, Laurence Cuvillier, ce phénomène est tout à fait atypique car le pays n’a pas connu le moindre vent de révolte depuis ces quarante dernières années. "Les Mexicains ont encore en mémoire la révolution de 1968, durant laquelle 200 personnes ont trouvé la mort, précise-t-elle. Ce drame a été un traumatisme national."

Printemps mexicain

En quelques jours, #YoSoy132 est devenu un des hashtags à la mode sur Twitter. Sa capacité à mobiliser la jeunesse à travers le Web lui a même valu d’être rebaptisé "le printemps mexicain" par la presse locale, en référence au printemps arabe.

L'impact du mouvement n’est pas non plus négligeable dans la campagne présidentielle puisqu’il a réussi à organiser, mardi 19 juin, un débat diffusé sur YouTube (voir la vidéo ci-dessous) entre trois des quatre candidats : Andres Manuel Lopez Obrador, candidat de la gauche (Parti de la révolution démocratique - PRD), Josefina Vazquez Mota, du parti du président Felipe Calderon - le Parti action national (PAN, conservateur), ainsi que Gabriel Quadri, du petit parti Alliance nationale. Seul absent, Pena Nieto, qui a refusé d’y participer, arguant "la position politique du mouvement contre sa personne, qui ne garantit pas un débat équitable".

Pour autant, sa popularité ne semble pas affectée. Les études d’opinion lui donnent 14 points d’avance sur son plus grand rival, Andres Manuel Lopez Obrador, que tout le monde au Mexique surnomme AMLO. Le candidat de gauche et ancien maire de Mexico tente de son côté de profiter de ce phénomène anti-PRI pour courtiser les jeunes (14 millions de Mexicains âgés entre 18 et 24 ans devraient voter pour la première fois à une élection présidentielle) et récupérer politiquement le mouvement, sans pour autant y arriver. “Nous sommes et nous resterons non partisans”, rappelle Julio Colin, qui ajoute que le groupe veut rester une force politique “indépendante et critique” après le scrutin. "Pena Nieto et le PRI doivent comprendre que le statut quo ne sera plus toléré", ajoute-t-il.

Ulises Corona, un professeur de sciences politiques à l’université autonome nationale de Mexico (Unam), est toutefois sceptique sur la pérennité de ce mouvement. Il y a, selon lui, peu de chance que "Yo soy 132" continue à mobiliser après l’élection. “Ils peuvent éventuellement devenir un groupe d’intellectuels”, explique-t-il , ajoutant que le Mexique“manque de culture politique” pour soutenir un parti d’opposition populaire. Désormais, "Yo soy 132" va devoir prouver qu’il n’est pas qu’un simple produit des médias.

Première publication : 20/06/2012

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