Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les "MarocLeaks" inquiètent le pouvoir marocain

En savoir plus

#ActuElles

Jouets sexistes : le marketing des fabricants en cause

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Joyeux Noël... laïc !

En savoir plus

REPORTERS

Argentine : le bilan Kirchner

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Cuba - États-Unis : la fin de la guerre froide ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

La Grèce fait trembler les marchés

En savoir plus

À L’AFFICHE !

La personnalité tourmentée de "Mr. Turner"

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : colère à Peshawar lors des funérailles des écoliers assassinés

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

François Hollande, un recentrage à gauche ?

En savoir plus

Economie

Chypre demande l'aide financière de l'UE

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 21/06/2012

L'exposition à la Grèce et l'éclatement de la bulle immobilière ont fait de Chypre, paradis pour oligarques russes, un nouveau candidat à un sauvetage financier, alors que la situation dans le pays s'est fortement dégradée depuis plus d'un an.

L’eurogroupe se penche, jeudi, sur le sort de ses patients habituels - la Grèce et l’Espagne - mais pas seulement. Les ministres des Finances de la zone euro accueillent un nouveau prétendant à une aide financière : Chypre. Le pays se débat en effet pour ne pas sombrer sous l’effet conjugué d’une profonde crise immobilière et d’un secteur bancaire très exposé à la dette grecque. L’île pourrait demander à ses partenaires de la zone euro un prêt d’urgence d’au moins 2 milliards d’euros, soit un dizième de son PIB.

Cliquez pour agrandir l'image

Cette enveloppe correspondrait au besoin de financement de la Popular Bank, la deuxième plus importante banque du pays. Nicosie s’était, en effet, engagé à apporter les fonds nécessaires si la banque échouait à lever les fonds sur les marchés. Ce qui s'est finalement produit. Chypre doit donc se tourner vers la zone euro.

Ce pays, devenu au fil des ans un petit paradis ensoleillé pour riches russes, avait réussi jusqu’à présent à naviguer sous le radar de la zone euro, trop occupée à renflouer la Grèce, le Portugal ou l’Irlande. Pourtant, l’île connaît depuis plus d’un an une situation économique très dégradée.

Chypre fait figure de victime collatérale de l’effondrement grec. Ses banques avaient en effet massivement investi dans la dette grecque et étaient très présentes sur le sol hellène. Résultat : elles détiennent 22 milliards d’euros de prêts accordés à des Grecs, qui risquent fort de n’être jamais remboursés, et le secteur financier détient 5 milliards d’euros d’obligations d’État grec, qui ne valent plus grand chose à ce jour.

Scandale immobilier

Comme si cette dépendance à un voisin en pleine déroute économique ne suffisait pas, Chypre subit également depuis fin 2010 un éclatement de sa bulle immobilière. L’île semblait pourtant être un paradis pour investisseurs immobiliers et spéculateurs en tout genre. Les Britanniques et les Russes ont acheté plus de 100 000 maisons dans ce petit pays qui ne comptent qu’un peu plus d’un million d’habitants.

Mais la crise économique a mis à mal cette bulle et un vaste scandale de faux titres de

Le tourisme souffre de la récession

propriétés a accéléré la désintégration du marché immobilier chypriote. “Il y a actuellement 130 000 propriétés pour une valeur totale dépassant 20 millions d’euros, qui ont soit plusieurs propriétaires, soit aucun”, souligne Wolf Richter, entrepreneur américain et auteur du populaire blog économique TestosteronePit.

Cette double tare économique vaut à Chypre d’être depuis l’an dernier sur la liste noire des agences de notation. À l'unanimité, elles estiment que le pays est un investissement spéculatif qu’il vaut mieux éviter. Si l’île a pu se passer d’un prêt de l’Europe, c’est qu’elle s’est d’abord tournée vers la Russie. Moscou a tout intérêt à ce que Chypre tienne le coup, car l’île est largement utilisée par les oligarques russes comme plate-forme financière, ainsi que le rappelle, jeudi, le site économique français La Tribune. La Russie a donc prêté, en octobre 2011, 2,5 milliards d’euros à Chypre. De quoi tenir l’hiver mais guère plus.

Si Nicosie préfèrerait se tourner de nouveau vers son puissant allié de l’Est, Moscou n’a peut-être pas les poches suffisament profondes pour maintenir, seul, Chypre à flot. Ce serait donc au tour de la zone euro de venir à la rescousse. Les Chypriotes pourraient, en contrepartie, se voir imposer une cure d’austérité et des réformes qui risquent de mettre à plat son système fiscal si attractif...

Première publication : 21/06/2012

  • CRISE ÉCONOMIQUE

    Le délicat dossier espagnol s'invite au sommet du G20

    En savoir plus

  • ZONE EURO

    "Je ne crois pas au grand soir dans le secteur bancaire"

    En savoir plus

  • ZONE EURO

    Le chômage atteint pour la première fois 11 % de la population active

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)