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Planète

Le sommet Rio+20 s'ouvre dans un climat de défiance généralisée

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/06/2012

Le sommet de l'ONU sur le développement durable s'est ouvert mercredi au Brésil. Les 191 délégations présentes doivent ratifier une déclaration finale vendredi, mais son manque d'ambition suscite déjà de nombreuses critiques.

AFP - Un sommet de l'ONU sur le développement durable s'est ouvert mercredi à Rio de Janeiro par des appels urgents à l'action, afin de mettre la planète sur un chemin plus écologique et social.

La société civile a exprimé la même urgence dans la rue, rassemblant des dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé pacifiquement et dans la bonne humeur dans le centre de Rio, pour exiger une transformation radicale de l'économie.

Un total de 86 chefs d'Etat ou de gouvernement se sont donné rendez-vous pour trois jours à Rio, mais l'ombre de quelques grands absents, à commencer par le président américain Barack Obama, pesait sur ce sommet surnommé Rio+20.

Cette réunion survient 20 ans après le Sommet de la Terre à Rio qui, pour la première fois, avait imposé l'environnement à l'agenda mondial.

"Nous reconnaissons que le vieux modèle de développement économique et de progrès social ne marche plus", a dit le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon devant la conférence.

"Rio+20 nous donne une chance unique de corriger les choses, de créer un nouveau modèle pour un nouveau chemin qui concilie les impératifs d'une croissance forte et du développement économique avec les dimensions sociales et environnementales d'une prospérité durable".

Comment des dizaines de millier de manifestants tentent de pousser 86 chefs d'Etat à faire plus pour l'environnement



"Maintenant, il est temps d'agir, a-t-il exhorté. Ne laissons pas nos enfants et petits-enfants convoquer un Rio+40 ou un Rio+60".

Avec le même élan, la présidente brésilienne Dilma Rousseff, hôte de la conférence, a appelé ses pairs à "l'audace".

"Nous sommes réunis à Rio de Janeiro pour avancer avec audace, montrer du courage, assumer nos responsabilités, nous sommes ici parce que le monde réclame du changement", a-t-elle dit.

Les 191 dirigeants mondiaux présents à Rio doivent ratifier vendredi une déclaration qui adopte le concept d'"économie verte", renforce la gouvernance mondiale de l'environnement et lance le principe d'"objectifs du développement durable", dans la lignée des Objectifs du Millénaire de l'ONU qui expirent en 2015.

Un accord sur ce texte de 50 pages a été obtenu à l'arraché mardi après des mois de négociations et des journées de discussions non-stop à Rio. Mais ce texte a été dénoncé comme manquant d'ambition par les Européens et les ONG.

Le président français François Hollande a ainsi jugé que cet accord constituait une "étape" mais a réclamé à ses partenaires un "sursaut" pour faire avancer la "grande cause" du développement durable.

Il a en particulier regretté que le sommet n'ait pas réussi à créer l'agence spécialisée pour l'environnement ni la taxe sur les transactions financières, deux chevaux de bataille de la France.

Se faisant l'écho de l'impatience de la société civile, Brittany Triffold, une jeune étudiante néo-zélandaise de 17 ans, a interpellé avec force les chefs d'Etat et de gouvernement du haut de la tribune.

"J'ai la rage au coeur, je suis en colère contre l'état du monde", a-t-elle lancé. "Etes-vous ici pour vous sauver la face ou pour nous sauver ?", a-t-elle ajouté, chaleureusement applaudie.

Comme la jeune Brittany, de grandes ONG ont vigoureusement critiqué le projet de texte. Greenpeace a parlé d'"échec épique" et WWF de "déception significative".

Première annonce concrète, le président des îles Maldives Mohamed Waheed a annoncé que son pays, un archipel de plus de 1.000 îles dans l'Océan indien menacé par la montée des eaux, deviendrait d'ici à cinq ans "le premier pays à devenir une réserve marine" et "la plus grande du monde".

Dans la pratique, cela reviendra à interdire la pêche industrielle dans ces eaux riches en requins, tortues et poissons.

La présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla, a critiqué à la tribune l'absence des dirigeants des grandes économies (Allemagne, Grande-Bretagne, Russie...) et a demandé que la crise n'empêche pas de mettre fin à "un style suicidaire de progrès".

A 40 km du lieu du sommet, un défilé joyeux et bruyant a réuni une foule multicolore d'écologistes, militants noirs, gays, Indiens, féministes brandissant pancartes, ballons et tronçonneuses. Ils étaient entre 20.000 selon la police et 50.000 d'après les organisateurs.
 

Première publication : 21/06/2012

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