Dernière modification : 10/09/2012 

- Ennahda - Libye - Moncef Marzouki - Tunisie


Le président Marzouki "poussé vers la sortie" par Ennahda

Le gouvernement tunisien, dominé par Ennahda, a provoqué une crise politique en ordonnant l'extradition de l'ex-Premier ministre libyen vers la Libye, sans l'aval du président Moncef Marzouki. Un camouflet qui décrédibilise la présidence.

Par FRANCE 24 (texte)
 

Autorité contestée, crédibilité bafouée : le président de la Tunisie Moncef Marzouki n’a toujours pas digéré la décision du gouvernement d'extrader le 24  juin vers la Libye, sans son aval, l'ancien Premier ministre libyen Al Baghdadi Al Mahmoudi. Cette "décision illégale", prise de façon "unilatérale et sans concertation", a déclenché une "crise grave" sans précédent au sommet de l’État, selon un communiqué publié par la présidence tunisienne.

Humiliation suprême, le président Marzouki a, de l'aveu même de l’un de ses conseillers, non seulement appris la nouvelle par la presse mais il avait également affirmé début juin son "opposition de principe" à cette extradition. Notamment en raison de l’absence de garanties sur le respect des droits de l’Homme et l’assurance d’un procès équitable en Libye. Très remonté, l’ancien opposant au régime de Ben Ali et célèbre militant des droits de l'Homme a dénoncé une mesure qui a "terni l'image de la Tunisie dans le monde", selon le même communiqué.

Isoler et affaiblir Marzouki

Au-delà des inquiétudes légitimes sur le sort du cadre kadhafiste, c’est surtout l’image personnelle de Moncef Marzouki qui risque de pâtir de ce camouflet infligé par le chef du gouvernement tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali. Et ce alors que les deux hommes sont membres de la troïka (alliance à la tête de l'État entre les islamistes d'Ennahda et les partis de centre-gauche : le CPR de Moncef Marzouki et Ettakatol). L'affaire, qui risque de faire éclater cette alliance, se poursuit avec la saisie de l'Assemblée nationale constituante par la présidence qui accuse nommément Hamadi Jebali d'avoir outrepassé ses prérogatives.

"Cet évènement est extrêmement préjudiciable pour le président, puisque l'extradition relève de ses prérogatives, mais elle est surtout le signe qu’Ennahda a décidé de l’humilier publiquement à des fins politiques", analyse Hamadi Redissi, professeur de droit et de sciences politiques à l'université de Tunis et auteur de "La tragédie de l'islam moderne" (édition du Seuil). Selon lui, le parti islamiste cherche à isoler et à affaiblir le président en vue de la présidentielle qui aura lieu en mars 2013. "Monsieur Marzouki est déjà entré en campagne pour la prochaine présidentielle, ce qui déplait fortement à Ennahda qui souhaite présenter son propre candidat, poursuit le professeur Hamadi Redissi. Par conséquent, il s’agit de le pousser vers la sortie en sapant son image et sa popularité."

Le caricaturiste "Z" tourne en dérision le président Moncef Marzouki

Retrouvez les caricatures de "Z" sur son blog Debatunisie.

"Tartour"

Quelques heures après l’annonce de l’extradition de l’ancien Premier ministre libyen, d’aucuns se sont précipités pour exiger la démission du chef de l’Etat, à l’instar du célèbre journaliste Abdel Bari Atwan. En outre, les moqueries se sont multipliées sur les réseaux sociaux à l’encontre du président Marzouki, qui est déjà l’une des cibles favorites de la Toile tunisienne, surnommé par certains "tartour" - "pantin" en arabe.

"Malgré toutes les moqueries sur ses tenues vestimentaires et ses maladresses, notamment véhiculées par des médias et des pages Facebook gérées par des proches de Ben Ali, le président Marzouki, un homme instruit et respecté, reste très populaire en Tunisie", note Abdelaziz Ounis, professeur de philosophie politique à l'université Paris-I. Et de poursuivre : "Certains pointent du doigt son inexpérience de l’exercice du pouvoir, mais qui peut se prévaloir d’expérience sous une dictature qui n’a laissé aucune place aux opposants ?".

Un avis que partage Hamadi Redissi, qui craint pour l’avenir politique du président Marzouki. "Cette crise au sommet de l’Etat va assurément accroître le capital sympathie dont jouit le président. Toutefois cela risque de ne pas lui suffire, car il se retrouve fortement isolé sans la machine électorale d’Ennahda,. Or ce n’est pas autour de sa personne parfois tournée en ridicule qu’il va réunir une majorité de Tunisiens", conclut-il.

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(14) Réactions

extradition de l'ex-Premier ministre libyen

Pour tout commentaire, ce lien fort intéressant d'un blog crédible, dont la réalité a souvent confirmé les posts :http://tunisie-secret.over-blog.com/article-la-livraison-de-baghdadi-mahmoudi-a-ete-decidee-par-rached-ghannouchi-en-personne-107452861.html

Abel Bari atwan

Abde Bari atwan! Bless him. Is a Palestinian famous journalist. British living in London.... Not a Tunisian... Please make note of this correction

À propos d'un homme instruit

France 24, vos sources sont soit mal informées, soit mal intentionnées pour vous faire écrire que Abdel Bari Atwan né dans la bande de Gaza et résidant à Londres où il dirige le journal pan-arabe Al Quds Al-arabi est un journaliste tunisien. En plus le mot 'tartour' ne vient pas du vocable tunisien mais moyen-oriental. Dans la partie de bras de fer engagée en Tunisie en vue des prochaines élections certains veulent instrumentaliser des médias étrangers sur la présomption de leur anti-islamisme. Mais je ne pense pas que pour votre crédibilité vous devriez embarquer sur cette galère. La vision manichéenne de la scène politique tunisienne avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre n'est pas conforme à la réalité. Personne n'a le monopole des mains sales. L'indignation du célèbre militant des droits de l'Homme Marzouki qui dénonce une mesure qui a "terni l'image de la Tunisie dans le monde" est le produit de ses scribes. Car pour laver plus blanc que blanc, Marzouki devrait avoir un blason sans taches. Aurait-il oublié, entre autres, son interview à la télé tunisienne lorsqu'il qualifiait les salafistes de microbes à exterminer? On peut reprocher tout ce qu'on veut aux salafistes mais il ne sied nullement à un chef d'état d'utiliser ce genre de langage excessif pour qualifier ses concitoyens. Surtout pas lorsqu'on s'appelle Marzouki et qu'on a été soi-même traité de microbe par un prédécesseur, le tyran Bourguiba.

Abdel Bari Atwan

Correction Abdel Bari Atwan est palistinien

L'erreur historique

Cet article est intéressant et il met bien en évidence la position intenable de M. Marzouki. Il garde cependant le silence sur l'erreur historique fondamentale qu'a commis Marzouki en s’alliant avec Nadha. Cette union était contre nature car personne ne me fera croire qu'un véritable défenseur des droits de l'homme c'est à dire de la liberté puisse s’allier avec des islamistes qui en raison de la nature de ce parti ne peuvent en aucun cas respecter les droits de l'homme qui sont totalement antinomiques avec ce qu'ils pensent.Peut être a t il cru leur discours avant les élections qui n'était qu'un discours de circonstances et cela démontre qu'il est un politicien sans envergure.En tous cas il a perdu et je pense qu'il perdra car il ne satisfera ni Nadha ni les tunisiens soucieux d'écarter un pouvoir islamiste.

Les fachistes islamistes !

Soutenus par la france les états-unis le qatar l'arabie saoudite ... ceux-là même qui ont détruit la libye et imposé la force des groupes armés !!!

C'est revu et corrigé :

Pour les sionistes,la nationalité Palestinienne n'existe plus./

Ah la belle blague ! Le

Ah la belle blague ! Le sobriquet "Tartour" et les railleries sur M. Moncef Marzouki seraient -donc- l'oeuvre de proches de Ben Ali selon M. Abdelaziz Ounis professeur de philosophie politique à l'université Paris-I (s'il vous plaît). Voyez-vous, Messieurs, Dames, Le lèche-bottes est toujours le sport tiers-mondiste par excellence !

Abdel Bari Atwan est un

Abdel Bari Atwan est un journaliste palestinien

Tout çà pour çà ?

Ghannouchi et ses hommes auraient-ils ridiculisé le pays à des fins électoralistes ? Cela prouverait une fois de plus l'absence de tout sentiment patriotique chez ces gens-là.

 
 
 
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