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Economie

Les ouvriers d'ArcelorMittal bloquent l'usine de Florange

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/06/2012

Des métallurgistes d'ArcelorMittal bloquent les accès au site de Florange, ce mercredi, afin de "lancer un avertissement au ministre du Redressement productif dont la mission d'expertise est en train de mal tourner", affirment les syndicats.

AFP - L'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) est entièrement bloquée mercredi matin par des ouvriers du site pour, ont-ils expliqué, "maintenir la pression sur la direction" mais également "sur le ministre du Redressement productif", Arnaud Montebourg.

Une cinquantaine d'ouvriers ont pris position vers 06H30 devant les trois entrées de l'usine, bloquant l'accès aux locaux administratifs, aux expéditions à Sainte-Agathe (Moselle) et au train à chaud au passage à niveau de Dapisch (Moselle), a constaté l'AFP.

C'est la première fois depuis le début du conflit, fin février, que les trois portes de l'usine mosellane sont bloquées simultanément, à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu'à au moins 21H00, a indiqué l'intersyndicale.

"Il s'agit bien sûr de maintenir la pression sur la direction", a expliqué le responsable de la CGT, Edouard Martin. "Mais c'est également un avertissement à (M.) Montebourg dont la mission d'expertise est en train de mal tourner", a-t-il ajouté.

Début juin, le ministre du Redressement productif avait mis en place une "mission d'expertise" sur Florange après une rencontre à l'Elysée entre le président François Hollande et des représentants syndicaux d'ArcelorMittal. Cette mission doit notamment analyser les perspectives du marché européen et mondial de l'acier et examiner les perspectives industrielles du site mosellan. Elle doit rendre ses conclusions d'ici au 31 juillet.

"Les experts du gouvernement sont en train de nous dire que Florange pourrait tourner sans le train à chaud. C'est exactement ce qui dit (Lakshmi) Mittal", a déclaré M. Martin. "Nous ne voulons pas de cette solution. Nous voulons garder un site intégré qui maîtrise tout le processus de fabrication", a-t-il ajouté.

Pour Walter Broccoli, le leader de FO, c'est "l'été de tous les dangers" qui s'annonce. "Nous sommes réellement à la croisée des chemins: ou (M.) Mittal s'abstient de remettre en cause la viabilité du site, ou il annonce un plan social d'ici à la fin août", a-t-il indiqué.

Ce nouveau blocage du site de Florange survient alors que M. Montebourg a commencé une tournée des pays européens touchés par l'arrêt d'usines d'ArcelorMittal, comme il lui a été demandé par l'Elysée. Le ministre doit ainsi se rendre le 16 juillet au Luxembourg, puis en Espagne, en Allemagne et en Belgique.

"D'ici là, nous nous serons rappelés à son bon souvenir", a encore indiqué M. Martin en annonçant qu'une délégation de métallurgistes se rendra mardi prochain devant l'Assemblée Nationale à Paris, où le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit prononcer son discours de politique générale.

Les syndicats demandent depuis février le rallumage des deux hauts-fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis l'automne 2011. ArcelorMittal, qui a décidé récemment la fermeture définitive de hauts-fourneaux à Liège (Belgique) et Madrid, assure qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande insuffisante

Première publication : 27/06/2012

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