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FRANCE

La défense de Kerviel demande la relaxe, décision attendue le 24 octobre

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/06/2012

Jeudi, lors du procès en appel de Jérôme Kerviel, ses avocats ont plaidé la relaxe. La veille, cinq ans de prison ferme avaient été requis par le parquet de Paris contre l'ancien trader, qui sera fixé sur son sort le 24 octobre.

AFP - La défense a plaidé la relaxe jeudi au procès en appel de Jérôme Kerviel, après quatre semaines d'audience dominées par un mystérieux complot et au lendemain d'un réquisitoire implacable contre l'ancien trader, qui sera fixé sur son sort le 24 octobre.

"A aucun moment je n'ai menti à la justice", a déclaré dans une ultime adresse à la cour le prévenu, poursuivi pour une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008 à la Société Générale. A trois reprises durant l'audience, il a dû quitter la salle, pris de nausées.

"Le doute doit profiter à Jérôme Kerviel, il doit emporter la relaxe", avait d'emblée déclaré dans sa plaidoirie Julien Dami Le Coz, collaborateur de David Koubbi, principal avocat de Jérôme Kerviel.

"Si vous deviez le condamner", a ensuite plaidé Me Koubbi, "que ce soit à une chose à laquelle il pourrait survivre : ni la perpétuité financière (...) ni quoi que ce soit qui pourrait l'empêcher de retourner voir sa mère", gravement malade.

Mercredi, l'avocat général a requis cinq ans de prison ferme, peine maximum encourue, alors que l'ancien trader avait été condamné en première instance, en 2010, à trois ans ferme et deux avec sursis.

Le tribunal l'avait aussi condamné à des dommages et intérêts de 4,9 milliards d'euros, montant de la perte dont il avait été jugé seul responsable.

En appel, la Société Générale a demandé le même montant astronomique, même s'il est évident que Jérôme Kerviel, 35 ans, issu d'une famille modeste et désormais sans emploi, ne remboursera jamais une telle somme.

Il est reproché à l'ancien trader d'avoir pris pour des dizaines de milliards d'euros de positions spéculatives, dissimulées par des opérations fictives, de faux courriels et des déclarations mensongères.

Des faits qualifiés d'"abus de confiance", "faux et usage et faux" et "introduction frauduleuse de données" dans le système informatique de la banque, infractions amplement constituées selon l'accusation, pas du tout selon la défense.



Jérôme Kerviel n'a jamais nié avoir perdu le sens des réalités, expliquant s'être retrouvé pris dans un "engrenage". Mais il affirme que ses supérieurs savaient ce qu'il faisait, ce que tous ont nié catégoriquement.

Théorie du complot

Il se dit aussi victime d'une machination, la Société Générale ayant selon lui couvert ses positions et l'ayant ensuite utilisé comme fusible pour masquer ses pertes dues aux crédits hypothécaires américains "subprimes".

Dans sa plaidoirie de trois heures, très décousue, prononcée dans une salle comble et par une chaleur étouffante, Me Koubbi a sous-entendu une collusion en haut-lieu. "Nous n'avons reçu aucun ordre de qui que ce soit, je vous rassure", lui a dit la présidente, Mireille Filippini.

Plusieurs témoins sont venus appuyer au fil des débats la théorie du complot, notamment un salarié d'une filiale de la Société Générale, qui a ébranlé quelques certitudes mais rien prouvé.

De fait, le 24 janvier 2008, quand la Société Générale avait révélé la "fraude" de 4,9 milliards d'euros imputée à Jérôme Kerviel, elle avait aussi annoncé pour 2 milliards de pertes dues aux subprimes.

Mais l'enquête judiciaire, que la défense a vivement critiquée, n'a pas détecté un quelconque complot ourdi contre le trader.

Dans le public se trouvait jeudi Tristane Banon, la jeune femme qui avait porté plainte l'année dernière pour tentative de viol contre Dominique Strauss-Kahn et dont Me Koubbi était l'avocat. Sa plainte avait été classée.

David Koubbi a, quant à lui, expliqué à son arrivée dans la salle pourquoi il avait un gros hématome à l'oeil gauche. Il a dit avoir été agressé la veille par un homme à scooter lors d'une altercation dans un embouteillage qui, a-t-il dit, n'a rien à voir avec l'affaire.

Le délibéré a été fixé au 24 octobre à 13H30.
 

Première publication : 28/06/2012

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