Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

À L’AFFICHE !

À l'occasion de la fête du cinéma, Marjane Satrapi ouvre les portes de son univers

En savoir plus

FOCUS

Face à la radicalisation dans les prisons, la France fait appel aux aumôniers musulmans

En savoir plus

LES OBSERVATEURS

Les Observateurs s'engagent : mettre en avant les actions positives

En savoir plus

LE DUEL DE L’ÉCO

Brexit : et s'il n'avait pas lieu ?

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Stanley Johnson : "Pour moi, Boris a fait une campagne exceptionnelle !"

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Brexit : les lendemains qui déchantent pour l'Europe ?

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Quelles conséquences à la dégradation de la note britannique ?

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

LafargeHolcim va enquêter sur son usine en Syrie

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Le Royaume désuni"

En savoir plus

Un reportage long format tourné par nos reporters ou nos correspondants aux quatre coins du monde. Le samedi à 22h10. Et dès le vendredi, en avant-première sur internet!

REPORTERS

REPORTERS

Dernière modification : 07/07/2012

Libye : Toubous, les maîtres du Sud

Marginalisés sous Kadhafi, les Toubous, les Libyens noirs du sud du pays, sont bien décidés à prendre leur place dans la nouvelle Libye. Ils contrôlent aujourd’hui les frontières vers le Tchad et le Niger, dans un contexte de violence ethnique.

En quittant Tripoli pour le grand sud Libyen, notre mission est claire : nous voulons entrer dans Koufra, l’une des deux grandes villes qui commandent l‘entrée du territoire toubou. Elle est en proie à des violences ethniques. On parle de dizaines de morts et de blessés, de quartiers en état de siège encerclés par les milices arabes. La situation sur place a l’air pour le moins tendue… et il faut aller voir.

Avant de tenter d’accéder à Koufra, il nous faut atteindre Rabyana, le dernier village toubou avant Koufra, il est à 150 km de la ville, en plein désert. Nous prenons d’abord un avion pour Sebha, avant de nous lancer en 4x4 dans les immensités du Sahara libyen. Après 10 minutes de route goudronnée, Mohamed, notre chauffeur, bifurque sur une piste poussiéreuse. C’est parti pour 1 200 km de désert.

Sur le sable, il roule à 140 km/h, le paysage défile à toute allure, la voiture semble planer au-dessus du sol, l’air est brûlant, il fait plus de 45°C, et la clim’ ne fonctionne pas…

Dans les virages, Mohamed rattrape les amorces de dérapage d’un bref coup de volant. Il "lit" le sable avec l’expertise de ceux qui ont aligné des dizaines de milliers de kilomètres de désert. La vitesse chute dans les sections pierreuses, la piste traverse des zones de montagne ; là, impossible de dépasser les 20 km/h. Le chauffeur garde aussi un œil sur son GPS. Pas un village, pas une maison… Se perdre ici peut vous coûter la vie.

En chemin, on s’arrête pour manger, dormir quelques heures, ou faire le plein. Il n’y a pas de station-service dans le Sahara. L’essence provient d’un fût de 200 litres arrimé dans la benne du pick-up. En tout, le voyage dure une trentaine d’heures.

Koufra, ville assiégée

Nous arrivons épuisés à Rabyana, trempés de sueur, couverts de poussière ; mais pas le temps de souffler. Il fait nuit et les habitants du village toubou nous annoncent qu’il faut repartir de suite. L’accès à Koufra est très dangereux et il y a une fenêtre pour passer les lignes ennemies dans la pénombre et entrer dans les quartiers assiégés.

Nous transférons nos sacs dans un nouveau véhicule et repartons dans le désert. Le 4x4 traverse une zone de dunes avant de s’arrêter dans une plaine poussiéreuse. C’est le point de rendez-vous. Nos guides nous expliquent qu’une voiture doit venir de la ville de Koufra pour nous escorter.

Il est 3h du matin, le ciel est majestueux, éclairé par des myriades d’étoiles dont on ne soupçonne même plus l’existence en Europe tant la pollution lumineuse les masque. Au bout d’une demi-heure, le chauffeur arrive à joindre son contact sur notre téléphone satellitaire : "La route est trop dangereuse", opération annulée, retour au village.

Nous sommes logés chez Khamis, sorte de chef informel du village. Une pièce spartiate avec des matelas au sol. Nous y passerons trois jours. Le lendemain de notre arrivée, un groupe de combattants part pour Koufra, ils doivent forcer le passage et récupérer les blessés toubous coincés à l’intérieur. L’équipage compte quatre pick-up, dont deux équipés de mitrailleuses lourdes, et une trentaine d’hommes, la plupart en civil. Le plus jeune a 12 ans. Ils refusent que nous les suivions pour filmer leur expédition. Ils nous disent qu’ils vont "nous ouvrir la route". L’unité quitte le village en convoi au son des "Allah Akhbar !".

La journée se passe, nous n’arrivons toujours pas à obtenir des informations fiables sur la situation militaire à Koufra. Chaque personne qui passe dans notre maison a une histoire différente. Certains disent que les quartiers sont bombardés toutes les heures, d’autres affirment que les combats ont cessé depuis deux jours. Impossible de comprendre exactement ce qui se passe dans la ville.

"La route est trop dangereuse"

Le soir, alors que nous mangeons un ragoût à base de viande de chèvre, un groupe d’habitants fait irruption dans la pièce. Ils sont hystériques : "Nous avons repris Koufra, vous allez pouvoir y aller demain !". Tout le monde est très excité, a hâte de retrouver ses proches coincés dans les quartiers assiégés de la ville depuis des jours. La décision est prise de partir pour Koufra aux premières lueurs de l’aube.

Le lendemain, nous repartons en direction de Koufra en convoi. Les trois véhicules se suivent dans les dunes. À une cinquantaine de kilomètres de la ville, les chauffeurs s’arrêtent. Il faut en savoir plus avant de s’avancer vers les check-points qui commandent l’entrée de la ville. L’un d’entre eux appelle un responsable militaire de la ville, et le verdict tombe : "Il faut faire demi-tour, la route n’est pas sûre". Une fois de plus nous rentrons au village…

Nous passons l’après-midi à tenter de nous renseigner sur la situation à Koufra, sans succès. Personne ne semble savoir ce qui s’y passe exactement. Impossible de rester plus longtemps, il faut avancer dans notre reportage. Nous quittons le village de Rabyana sans avoir pu déterminer ce qui se passe à Koufra. La seule information que nous ayons pu vérifier est que la Croix-Rouge a bel et bien évacué 62 blessés de Koufra dans la nuit du 16 au 17 juin…
 

Par James ANDRE , Catherine NORRIS TRENT

COMMENTAIRE(S)

Les archives

23/06/2016 Première Guerre mondiale

Grande Guerre : quand le nord de la France vivait à l'heure allemande

Pendant la Grande Guerre, 13 départements français ont subi l’occupation allemande. Quatre ans durant lesquels deux millions de Français ont vécu une cohabitation forcée avec les...

En savoir plus

17/06/2016 États-Unis

États-Unis : quand les États du Sud partent en croisade contre Washington

Pour préserver une liberté religieuse qu’ils considèrent menacée, certains États du sud des États-Unis ont adopté un nouvel arsenal législatif. À l'instar du Mississipi, qui...

En savoir plus

09/06/2016 Iran

Vidéo : chroniques iraniennes, un an après l'accord sur le nucléaire

Juillet 2015. L'accord sur le nucléaire iranien a ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire des relations entre Téhéran et le reste du monde, notamment avec l'Occident. Une ...

En savoir plus

03/06/2016 Cinéma africain

Nollywood, l'eldorado du cinéma au Nigeria

Le Nigeria peut se targuer de détenir la deuxième industrie cinématographique au monde. Son influence culturelle s'est largement étendue en dehors des frontières de l'Afrique....

En savoir plus

26/05/2016 Ukraine

Ukraine : à la recherche des disparus du Donbass

Depuis deux ans, l’Ukraine est divisée. Malgré l'instauration de plusieurs trêves, les affrontements se poursuivent dans les régions séparatistes de l'Est entre rebelles...

En savoir plus