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Economie

L'UE adopte un pacte de croissance de 120 milliards d'euros

©

Vidéo par Caroline DE CAMARET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/06/2012

Au terme d'une longue soirée de négociations jeudi, les dirigeants européens ont adopté des mesures d'un montant de 120 milliards d'euros pour relancer l'économie. Un budget déjà jugé insuffisant, par les analystes, pour relancer la zone euro.

AFP - Les pays européens, qui ont multiplié les plans d'austérité face à la crise de la dette, ont adopté dans la nuit de jeudi à vendredi un "pacte de croissance", déjà jugé insuffisant pour relancer une zone euro en récession.

"Nous nous sommes mis d'accord pour améliorer le financement de l'économie à hauteur de 120 milliards d'euros pour des mesures immédiates de croissance", a déclaré le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy. Cela correspond peu ou prou à 1% du produit intérieur brut (PIB) de l'UE.

L'adoption formelle de ce pacte par les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles, était théoriquement acquise avant le début de la réunion. Mais elle s'est fait attendre. Jeudi soir, ils ont donné leur feu vert au contenu. Mais l'Italie et l'Espagne ont bloqué l'adoption jusqu'à l'obtention, intervenue vendredi aux aurores, de solutions d'urgence pour faire baisser les taux d'intérêt prohibitifs que leur imposent les marchés pour se financer.

Après des dizaines de réunions passées à renforcer la discipline budgétaire, les Européens ont récemment érigé la croissance en priorité. La grogne sociale dans plusieurs pays soumis à des cures de rigueur draconiennes, conjuguée à de sombres perspectives économiques pour le Vieux Continent, ont imposé ce sujet à l'agenda.

L'élection en France de François Hollande y a aussi contribué. Le président français refusait de faire ratifier le traité de discipline budgétaire adopté en mars s'il n'était pas complété par un volet croissance. Il a promis d'annoncer vendredi, au second jour du sommet, s'il donne son feu vert à cette ratification très attendue par l'Allemagne.

Concrètement, le "pacte de croissance" reprend des propositions de la Commission européenne, qui peinait jusque-là à les imposer.

Il repose en grande partie sur l'utilisation de fonds existants, afin de financer des investissements nouveaux.

Les Etats membres donnent leur feu vert à une recapitalisation de la Banque européenne d'investissement (BEI), bras financier de l'UE, à hauteur de 10 milliards d'euros. La BEI assure pouvoir lever des fonds pour un montant de 60 milliards pour financer des projets dans l'innovation, les petites et moyennes entreprises, l'efficacité énergétique et les infrastructures stratégiques.

La BEI va aussi mettre en place des "project bonds", des émissions communes "lancés à l'été" selon Herman Van Rompuy, pour financer des infrastructures de transport et d'énergie, d'un montant de 5 milliards d'euros. Les Européens veulent enfin réallouer quelque 55 milliards de fonds structurels inutilisés jusqu'ici.

L'Europe, minée par son endettement, n'a pas réussi à rebondir depuis le début de la crise en 2008. La zone euro traverse même une légère récession, selon les économistes, qui risque de s'amplifier si la crise n'est pas résolue.

Pour autant, le "pacte de croissance" reste léger aux yeux des besoins, jugent les analystes. "Ce n'est pas très substantiel, d'autant qu'il n'est pas vraiment composé de dépenses publiques nouvelles", estime Frédérique Cerisier, de BNP Paribas.

Selon elle, "ça ne va pas contrebalancer les effets des politiques de rigueur actuelles", et sa banque n'envisage pas de revoir ses perspectives économiques à l'aune de ces nouvelles mesures.

"Tout à fait favorable à un tel programme", Paul De Grauwe, professeur à la London School of Economics, juge aussi que les montants évoqués "restent assez limités". En outre, souligne-t-il, "cela prend du temps de mettre autant de projets en place", ce qui réduit l'effet immédiat sur la croissance.

Première publication : 29/06/2012

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