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Moyen-orient

Pour le CNS, l'accord de Genève est "vague" malgré "des points positifs"

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/07/2012

L'accord conclu à Genève par les membres du Groupe d'action sur la Syrie fait l'objet d'interprétations diverses sur le sort de Bachar al-Assad. Le Conseil national syrien regrette, malgré "quelques éléments positifs", un texte "trop vague".

AFP - La presse officielle syrienne et des opposants ont qualifié dimanche d'échec l'accord sur une transition politique auquel est parvenu le Groupe d'action sur la Syrie à Genève, tandis que les violences sur le terrain ont rappelé qu'il serait difficilement applicable.
              

Selon Laurent Fabius, l'accord de Genève implique le départ d'Assad

L'accord du groupe d'action sur la Syrie requiert implicitement le départ de Bachar al Assad du pouvoir, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française.

"Le texte dit précisément qu'il y aura un gouvernement de transition qui aura tous les pouvoirs, donc ce ne sera pas Bachar al Assad", a dit Laurent Fabius sur TF1.

"Il est dit que ce seront des personnes qui feront l'objet d'un consentement mutuel. Jamais l'opposition ne va accepter Bachar al Assad", a-t-il poursuivi.

"Donc, ça signifie implicitement que Bachar al Assad doit partir. Bachar al Assad, à terme, c'est fini", a souligné le ministre des Affaires étrangères.

Les autorités syriennes n'avaient pas encore réagi officiellement à la mi-journée à cet accord qui prévoit un gouvernement de transition pouvant inclure des membres du régime actuel.
              
Des personnalités du Conseil national syrien (CNS), principale coalition d'opposants, se sont exprimées.
              
Burhan Ghalioun, ancien chef du CNS et actuel membre du bureau exécutif, a dénoncé sur sa page Facebook une "farce", ironisant sur le fait que les Syriens doivent négocier avec "leur bourreau, qui n'a pas cessé de tuer, torturer (...) ou violer des femmes" depuis le début de la révolte en mars 2011.
              
"Le peuple syrien n'a qu'une seule option maintenant: mener une guerre de libération populaire", a-t-il ajouté.
              
Plus mesurée, Bassma Kodmani, porte-parole du CNS, a trouvé "quelques éléments positifs" dans le texte mais a regretté que le plan d'ensemble reste "trop vague pour entrevoir une action réelle et immédiate".
              
Les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, ont estimé que les "tournures obscures" employées dans l'accord permettaient au régime "de jouer avec le temps" pour continuer "les massacres".
              
La presse officielle syrienne a elle aussi parlé d'"échec".
              
"Aucun règlement de la crise n'aboutira s'il n'est pas basé sur l'avis du peuple syrien, source de la légalité. Les Syriens sont capables d'engager un dialogue national où il n'y a pas de place pour les pays voisins et les autres pays plus lointains, en particulier ceux qui incitent à tuer les Syriens", selon le journal du parti au pouvoir, al-Baas.
              
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a également estimé que la réunion n'avait "pas été un succès", essentiellement parce que la Syrie et "des nations (comme l'Iran) ayant une influence sur les événements dans ce pays", n'avaient pas été invitées.
              
Conflit armé
 

Tensions entre la Turquie et la Syrie

Les membres du Groupe d'action eux-mêmes ont divergé sur l'interprétation de l'accord, les Etats-Unis estimant qu'il ouvrait la voie à l'ère "post-Assad" tandis que la Russie et la Chine, alliés du président Bachar al-Assad, réaffirmaient qu'il revenait aux Syriens de choisir leur avenir.
              
Au moment même où la réunion se déroulait à Genève samedi, une explosion a tué 30 personnes qui participaient à un cortège funéraire à Zamalka, à 10 km de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au total, les violences ont fait plus de 120 morts à travers le pays samedi.
              
Et dimanche matin, l'OSDH déplorait déjà la mort de cinq civils dans la région de Hama (centre) et d'un rebelle dans des combats à Deir Ezzor (est), précisant que les bombardements de l'armée avaient repris à la périphérie de Damas, mais aussi sur un quartier de Homs (centre).
              
Samedi à Genève, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) mais aussi la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe se sont accordés sur les principes d'une transition en Syrie, où la révolte contre M. Assad tourne au conflit armé.
              

Pour les réfugiés syriens en Turquie, l'heure est à la déception

L'accord prévoit un gouvernement de transition qui "pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l'opposition et d'autres groupes, et doit être formé sur la base d'un consentement mutuel", a expliqué l'émissaire international Kofi Annan, architecte de la réunion, en précisant que l'avenir de M. Assad serait l'affaire des "parties syriennes".
              
Désormais, le Conseil de sécurité devrait être saisi pour donner plus de poids au texte, qui prévoit ensuite l'application du cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis le 12 avril, ainsi que la nomination de représentants du gouvernement et de l'opposition pour préparer la transition.
              
En plus de 15 mois de révolte, la répression et, depuis quelques mois, les combats entre armée et rebelles, ont fait plus de 15.800 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH, basée au Royaume-Uni et s'appuyant sur un réseau de militants et de témoins.
              
Depuis deux semaines, les bilans quotidiens fournis pas l'OSDH dépassent souvent, et parfois largement, la centaine de morts.

Première publication : 01/07/2012

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