Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

"Résilience brésilienne"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Quel avenir pour la SNCM?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Raids aériens, roquettes et propagande

En savoir plus

DÉBAT

Soudan du Sud : l'avenir sombre d'un pays jeune de trois ans (partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

Soudan du Sud : l'avenir sombre d'un pays jeune de trois ans (partie 1)

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Rwanda : les juges français mettent fin à l'instruction sur la mort de l'ex président Habyarimana

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Le cauchemar de la Seleçao

En savoir plus

FOCUS

La charia a-t-elle sa place dans le droit britannique?

En savoir plus

  • Vidéo : ramadan sous tension pour les musulmans de Pékin

    En savoir plus

  • "Gaza est sur le fil du rasoir", l’ONU se réunit en urgence

    En savoir plus

  • L'Argentine rejoint l'Allemagne en finale du Mondial

    En savoir plus

  • "Le gouvernement de Netanyahou instrumentalise l’assassinat des trois juifs"

    En savoir plus

  • Tour de France : Chris Froome, vainqueur du Tour 2013, abandonne

    En savoir plus

  • Terrorisme : la France se protège contre "les loups solitaires"

    En savoir plus

  • Soudan du Sud : la trahison des héros de l’indépendance

    En savoir plus

  • Tueur à gage et flèche empoisonnée : les mystères de la tuerie de Chevaline

    En savoir plus

  • Rwanda : clôture de l’enquête française sur l’attentat contre Habyarimana

    En savoir plus

  • Les Femen poursuivies pour avoir dégradé les cloches de Notre-Dame de Paris

    En savoir plus

  • Cinquante-trois cadavres découverts par l’armée dans le centre de l’Irak

    En savoir plus

  • Jean-Baptiste de Franssu, ce Français nommé à la tête de la banque du Vatican

    En savoir plus

  • Mondial-2014 : en Allemagne, une victoire jugée "inimaginable”

    En savoir plus

  • Présidentielle indonésienne : les deux candidats revendiquent la victoire

    En savoir plus

  • La Coalition nationale syrienne a élu un nouveau chef

    En savoir plus

Afrique

Pour la première fois, les islamistes s’attaquent à une mosquée de Tombouctou

©

Vidéo par Nicolas GERMAIN

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 03/07/2012

La porte de l’une des trois grandes mosquées de Tombouctou, la mosquée Sidi Yahia, a été entièrement détruite, lundi. Jusqu’à ce jour, les combattants islamistes avaient ciblé des mausolées, édifices considérés comme une hérésie par Ansar Dine.

Après avoir attaqué sept mausolées, les islamistes qui contrôlent la ville de Tombouctou, dans le nord du Mali, s’en sont pris, lundi 3 juillet, à l’une des trois principales mosquées du site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. La porte menant à la mosquée Sidi Yahia, datant du XVe siècle, a été détruite à coups de pioches. "D’après les témoins, une dizaine de combattants sont arrivés devant la mosquée au saut du lit, rapporte Serge Daniel, correspondant de France 24 et RFI à Bamako. Ils ont totalement saccagé la porte en criant 'Dieu est grand'".

Exclusivité AFP : un mausolée détruit à coups de pioches par des islamistes. Cliquez sur la photo pour voir la vidéo.

Cette porte est précieuse à plusieurs titres. Des symboles et des insignes sont inscrits sur le bois de l’édifice, œuvre de l’artisanat ancestral de la région : "Cette porte, en particulier, possède des symboles qui ne sont pas directement liés à l’islam et qui sont issus du savoir-faire de Tombouctou", explique Lazare Eloundou-Assomo, responsable à l’Unesco du pôle Afrique du patrimoine mondial. Cette porte véhicule également une légende : selon la tradition, elle doit toujours restée fermée, sous peine qu’un malheur ne s’abatte sur la ville. "Les islamistes ont voulu prouver que cette porte n’est pas sacrée, explique le correspondant de FRANCE 24 et de RFI, c’est une démonstration de force."

"Il n'y aura plus de mausolée à Tombouctou: la religion l'interdit"

Au risque de se mettre la population locale à dos, les islamistes font passer le message : "Si vous ne nous suivez pas, ce sera dur, parce qu’on est là pour appliquer la charia", poursuit en substance Serge Daniel. Car, contrairement aux bouddhas de la vallée de Bamiyan, en Afghanistan, détruits à l'explosif en 2001, la "cité des 333 saints" reste un lieu de culte ancré dans les pratiques religieuses des habitants.

L’attaque de la mosquée Sidi Yahia, joyau architectural de Tombouctou, et de sa porte à la symbolique ancestrale inquiète fortement les observateurs internationaux. "Si ces actes sont confirmés, cela signifie que la situation s’aggrave, s’alarme Lazare Eloundou-Assomo. C’est un crime de guerre inacceptable." La destruction de biens religieux à Tombouctou est passible de poursuites", précise Fatou Bensouda, le nouveau procureur de la Cour pénale internationale (CPI) : "Mon message à ceux qui sont impliqués dans cet acte criminel est clair : arrêtez la destruction de biens religieux maintenant. C'est un crime de guerre pour lequel mes services sont pleinement autorisés à enquêter", a-t-elle déclaré dimanche, à Dakar.

Affrontement entre deux islam

Vue aérienne de la ville de Tombouctou. (Photo via RFI : Alida Jay Boye. Timbuktu Manuscripts Project. Université d'Oslo)

Jamais encore les islamistes du Nord-Mali n’étaient allés aussi loin dans leur volonté de détruire ce qui, à leurs yeux, constitue une hérésie : les symboles d’un "islam traditionnel malien, fondé par des cheikhs érudits entre le XIVe et le XVIe siècle", explique Malek Chebel, anthropologue des religions et spécialiste de l’islam. "En revenant de La Mecque, ces cheikhs ont établi des madrasas (écoles coraniques), exercé comme marabouts, ont été enterrés dans des mausolées en tant que saints. Or, l’islam dogmatique, littéraliste, qui prône une interprétation forcenée du Coran, interdit la vénération de qui que ce soit mis à part Dieu et son prophète Mahomet."

Or, les habitants de Tombouctou ont pour habitude d’aller s’incliner devant les centaines de mausolées qui jalonnent la ville, avant ou après les prières à la mosquée. Celui en l’honneur de Sidi Mahmoud est particulièrement fréquenté dans les périodes de sécheresse, pour prier pour la pluie. Cet édifice avait été incendié, au début du mois de mai. Depuis, une mission de l’Unesco a établi des contacts avec des combattants d’Ansar Dine, qui s’étaient montrés compréhensifs envers les demandes de l’organisation internationale. "Ils s’étaient engagés à ne pas toucher aux manuscrits", rapporte Lazare Eloundou-Assomo. Durant deux mois, les lieux saints de Tombouctou ont été relativement préservés.

Témoignage d'une habitante de Tombouctou : "C'est notre richesse, notre histoire qui est détruite".

"Il n’y a pas eu de trêve pour autant, poursuit le directeur du pôle Afrique du patrimoine mondial. Ils n’ont pas dit qu’ils arrêteraient le saccage des monuments et nous ont bien spécifié qu’ils souhaitaient empêcher la communauté locale de vénérer les saints et voulaient annihiler cette culture."

Depuis jeudi dernier, la ville a été classée par l’Unesco dans la liste des sites du patrimoine mondial en péril. Cette décision permet à l’organisation internationale d’apporter un appui technique et financier au gouvernement malien pour tenter de préserver Tombouctou et ses manuscrits. Elle semble aussi avoir provoqué la vague de destructions commencée ce samedi.

Photo principale : virtualtourist.com (sachara)

Première publication : 02/07/2012

Comments

COMMENTAIRE(S)