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Moyen-orient

"Il est difficile de conclure à un empoisonnement d'Arafat"

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 04/07/2012

Les résultats d’analyses d’un laboratoire suisse, citées dans un documentaire diffusé mardi sur Al-Jazeera, suggèrent que Yasser Arafat aurait été empoisonné au polonium 210. Une conclusion quelque peu hâtive, selon un expert en physique nucléaire.

Yasser Arafat est-il mort empoisonné ? Depuis la subite disparition du "raïs" - tombé gravement malade en octobre 2004, avant de mourir à l’hôpital militaire de Percy, en France, deux mois plus tard -, la question n'a cessé d'alimenter de nombreuses rumeurs, dont la plus répandue reste celle de l’empoisonnement.

Il faut dire qu’à l’époque des faits, l’incertitude sur les cause exactes de la mort de l’ex-leader palestinien et la réticence des médecins français à évoquer le sujet - par respect du secret médical et militaire, affirmait-on alors - avaient rapidement distillé dans les esprits la thèse d’un complot visant à faire disparaître Yasser Arafat.

Huit années plus tard et après neuf mois d’enquête, la chaîne qatarie Al-Jazeera est revenue avec fracas alimenter cette rumeur d’empoisonnement, suggérant dans un documentaire diffusé le mardi 3 juillet que Yasser Arafat serait mort après avoir ingéré du polonium 210, une substance hautement radioactive. C’est du moins la piste privilégiée d'un laboratoire implanté en Suisse, l’Institut de radiophysique de Lausanne, après examen de ses effets personnels (salive prélevée sur sa brosse à dents, cheveux récupérés sur son célèbre keffieh, urine contenue dans ses sous-vêtements…). "Nous avons trouvé qu’il y avait une concentration de polonium plus élevée que prévu", explique dans le reportage le docteur François Bochud, directeur de l’Institut. "Les niveaux étaient substantiels (...), ce qui montre qu’il y a une quantité anormale de polonium", une substance qui n’est accessible, selon lui, qu’à "des gens qui s'intéressent ou construisent des armes nucléaires."

"Les traces relevées ne signifient pas grand-chose"

Ces résultats d’analyses apportent-ils la preuve formelle d’un empoisonnement au polonium 210 ? "Pas pour le moment", estime d’emblée Bruno Chareyron, physicien nucléaire à la Commission de recherche et d’Information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), contacté par France 24. "Pour conclure à un empoisonnement, il faudrait avant tout disposer du rapport détaillé du laboratoire suisse, consulter les protocoles d’échantillonnages et de mesures, les marges d’incertitude et l’interprétation détaillée des chercheurs. Pour l’instant, il est difficile de conclure ou d’exclure la thèse de l'empoisonnement sur la seule base du documentaire d’Al-Jazeera." Et le scientifique d'avancer trois raisons.

1 - La présence de polonium dans le corps humain dépend du régime alimentaire suivi pendant toute une vie. "Les traces relevées ne signifient donc pas grand-chose sans explication sur les habitudes alimentaires" de Yasser Arafat. "Au cours de son existence, il aurait pu être amené à ingérer davantage de plomb 210 - qui se désintègre en polonium 210 - que la normale", poursuit le physicien.

2 - Le polonium 210 est présent à l’état naturel dans l’environnement. Selon le laboratoire cité par la chaîne qatarie, l’urine relevée sur son pantalon a permis de détecter un niveau de polonium à 180 mBq - contre une moyenne de 6,7 mBq pour un individu lambda. Or, "on ne peut pas exclure un apport de polonium lié à la désintégration du radon [gaz radioactif qui, en se désintégrant, dégage du polonium NDLR]" si les effets personnels de l’ancien leader palestinien "ont été longtemps stockés dans une atmosphère riche en radon", poursuit Bruno Chareyron.

3 - En sachant que le polonium 210 se désintègre de moitié tous les quatre mois et demi environ, avancer la thèse d’un empoisonnement, à l’aide d’analyses réalisées huit ans après les faits, semble prématuré. "Plusieurs années après le taux de décroissance très important du polonium 210, il devient difficile d’interpréter ses traces et de retrouver sa teneur exacte au moment du décès. Il faudrait étudier le plomb 210 pour tenter de distinguer le polonium naturel du polonium artificiel [c’est-à-dire traité chimiquement]", explique l’expert.

Exhumer le corps ?

Le physicien nucléaire insiste donc - à l’instar du laboratoire suisse - sur la nécessité de mener des investigations plus poussées. "Pour conclure à un empoisonnement, il faudrait procéder à des analyses sur la dépouille. Cela inclut de pouvoir exhumer le corps du défunt." Une requête que la veuve de l’ancien raïs, Souha Arafat, a formulée ce mercredi auprès de l’Autorité palestinienne afin de pouvoir "enfin" faire toute la lumière sur la mort de son mari.

 

Première publication : 04/07/2012

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