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Afrique

L'ONU appelle à des sanctions contre les rebelles du Nord liés à Al-Qaïda

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/07/2012

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution appelant à des sanctions contre les rebelles du nord du Mali liés à Al-Qaïda. Toutefois, la résolution ne donne pas de mandat pour déployer une force africaine dans le pays.

AFP - Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à des sanctions contre les rebelles du Nord du Mali qui s'allieraient à Al-Qaïda, dans une résolution adoptée à l'unanimité jeudi.

La résolution "appelle les Etats membres à soumettre (..) les noms des individus, groupes et entités qui sont associés à Al-Qaïda, y compris dans la région du Sahel et en particulier dans le nord du Mali" afin qu'ils fassent l'objet des sanctions prévues par l'ONU contre ceux qui soutiennent Al-Qaïda.

Laurent Fabius: "Il ne faut pas qu'il y ait de "Sahelistan"



Elle "demande instamment aux groupes rebelles au Mali de s'abstenir de toute forme d'association avec al-Qaïda au Maghreb islamique et de lutter contre la menace représentée par des groupes terroristes au Mali".

La résolution "soutient pleinement" les efforts des organisations régionales, dont la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union africaine, pour régler la crise au Mali. Mais elle ne leur donne pas encore de mandat de l'ONU pour déployer une force africaine contre les rebelles qui contrôlent le Nord.

La résolution, présentée notamment par la France, "prend note de la demande de la Cédéao et de l'Union africaine d'un mandat du Conseil de sécurité autorisant le déploiement de la force". Le Conseil se contente "de se déclarer prêt à examiner plus avant cette requête une fois que des informations supplémentaires auront été fournies en ce qui concerne les objectifs, les moyens et les modalités du déploiement envisagé".

ENTRETIEN EXCLUSIF RFI
La Cédéao prépare depuis plusieurs semaines l'envoi éventuel d'une force au Mali, dont l'effectif est actuellement fixé à quelque 3.300 hommes. Ses dirigeants avaient appelé vendredi dernier le Conseil à "accélérer" l'adoption d'une résolution autorisant formellement son déploiement.

Le président de la Commission de la Cédéao, Kadre Desire Ouedraogo, a indiqué jeudi à la presse qu'une "mission d'évaluation technique" allait se rendre vendredi au Mali pour "peaufiner les plans et les détails de l'opération", qui seront ensuite transmis à l'ONU.

La mission restera une dizaine de jours sur place et les chefs d'Etat-majors des pays de la Cédéao se réuniront ensuite pour définir le concept opérationnel.

Il a "espéré que cette résolution, qui est une première étape importante, va ouvrir la voie à une résolution encore plus ferme autorisant le déploiement de la force" africaine.

Selon l'ambassadeur français Gérard Araud, "la résolution n'est qu'une première étape, qui fixe le cadre d'une solution politique globale au Mali et témoigne donc de la mobilisation de la communauté internationale comme l'avait demandé la France".

En ce qui concerne la force africaine, "nous n'allons pas donner carte blanche à la Cédéao", a-t-il souligné. Mais le schéma opérationnel qui doit être fourni bientôt à l'ONU "sera accueilli ce manière très positive", a-t-il estimé.
Zone aux mains des groupes indépendantistes et islamistes au Mali

La résolution adoptée jeudi avertit aussi les islamistes qui ont détruit des mausolées musulmans à Tombouctou qu'ils pourraient être traînés devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le texte souligne que de telles attaques contre le patrimoine culturel ou religieux "peuvent constituer des violations des lois internationales", aux termes du Statut de Rome qui a créé la CPI ainsi que des Conventions de Genève.

Le document appelle ainsi "toutes les parties au Mali à prendre toutes les mesures appropriées pour assurer la préservation" des sites qui appartiennent au Patrimoine mondial.

 

Première publication : 05/07/2012

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