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Afrique

Des centaines de soldats congolais fuient en Ouganda après une attaque de mutins

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/07/2012

Environ 600 soldats de la République démocratique du Congo ont fui vendredi en Ouganda après la prise par des mutins du poste-frontière congolais de Bunagana, a annoncé l'armée ougandaise. Un Casque bleu indien a été tué durant les combats.

AFP - La localité de Bunagana, poste frontalier avec l'Ouganda dans l'est de la RDCongo, est tombée vendredi aux mains des mutins après d'âpres combats contre l'armée congolaise, au cours desquels un Casque bleu indien a été tué et qui ont poussé près de 600 soldats congolais à se réfugier de l'autre côté de la frontière.

"Nous avons pris Bunagana vers 06H00" (04H00 GMT), a affirmé à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23 (Mouvement du 23 mars), dont les mutins se revendiquent.

Bunagana se trouve à une dizaine de km au nord-est des positions des mutins, regroupés depuis mai sur plusieurs collines dans le sud-est du Parc national des Virunga, frontalier avec l'Ouganda et le Rwanda, à une cinquantaine de km à vol d'oiseau au nord-est de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu.

ANALYSE

"C'est fini, la localité est occupée par les rebelles. Nous sommes tous entassés ici du coté ougandais", a relaté à l'AFP un habitant de Bunagana.

Environ 600 soldats des FARDC ont fui Bunagana en Ouganda, a annoncé l'armée ougandaise à l'AFP. "Ils ont franchi la frontière ce (vendredi) matin; nous les avons désarmés et ils sont désormais sous notre contrôle", a déclaré Peter Mugisha, un porte-parole de l'armée ougandaise.

Les Forces armées congolaises (FARDC) avaient mené une offensive jeudi matin à l'ouest des positions rebelles, mais le M23 a mené une contre-offensive au nord-est, pour prendre les localité de Jomba et Chengerero jeudi, puis Bunagana vendredi à l'issue d'âpres combats.

Aucun bilan des affrontements n'a été communiqué jusque-là par les FARDC, mais certaines sources évoquent plusieurs soldats tués.

Lors des combats à Bunagana, un Casque bleu indien de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) a été mortellement blessé par "un éclat, il est décédé des suites de ses blessures", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Monusco Madnodje Mounoubai.

La Monusco avait renforcé ses positions ces dernières semaines à Bunagana pour protéger les populations civiles.

Cette mission est l'un des plus importantes de l'ONU dans le monde, avec quelques 18.000 soldats, principalement basés dans l'est instable de la RDC.

Selon la société civile du Nord-Kivu, les mutins se seraient "infiltrés toute le journée" jeudi dans la région de Bunagana, en se mêlant aux déplacés qui fuyaient les combats à Jomba et Chengerero.

Environ 5.000 personnes ont fui en Ouganda depuis la reprise des combats jeudi côté congolais, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) en Ouganda, dont la représentante adjointe, Sakura Atsumi, a évoqué à l'AFP un "flot constant de nouvelles arrivées" à la frontière.

En fin de matinée vendredi, le porte-parole du M23 a affirmé à l'AFP que les mutins "évacuaient" Bunagana pour "laisser la police du M23 sur place".

Depuis mai, les mutins, issus de l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), sont regroupés dans le sud-est du parc des Virunga où ils résistent aux attaques et bombardements fréquents des FARDC.

Les combattants du CNDP ont été intégrés dans l'armée dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009, dont le M23 réclame la pleine application.

Un récent rapport d'experts de l'ONU a affirmé que les mutins étaient soutenus par des hauts responsables rwandais, notamment le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, et le chef d'état-major des armées, le général Charles Kayonga, qui auraient apporté "une aide directe" à la création du M23, en fournissant aux mutins "des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues".

Kigali a toujours nié tout soutien à la mutinerie et rejeté ce rapport.

"Notre intention n'est pas de conquérir les espaces, moins encore de poursuivre la guerre (...) Nous ne demandons pas de nouvelles négociations, nous exigeons plutôt le respect des engagements pris par le gouvernement à travers l'accord du 23 mars 2012", a assuré le M23 dans un communiqué.

 

Première publication : 06/07/2012

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