Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Mali - pourparlers à Alger : peut-on croire à la paix ?

En savoir plus

DÉBAT

Ukraine : la Russie en guerre contre l'Europe ?

En savoir plus

FOCUS

Les géants américains du tabac à l'assaut de la cigarette électronique

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Ben l'Oncle Soul toujours en plein rêve pour son deuxième album

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Le trio CAB, un voyage musical entre Afrique, Brésil et Caraïbes

En savoir plus

FOCUS

Ces chrétiens d'Irak qui commencent leur nouvelle vie en France

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Quand Manuel Valls tente de faire disparaître ses tweets

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 29 août (Partie 2)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 29 août (Partie 1)

En savoir plus

  • Face à l'avancée de l'EI en Irak, la peur gagne l'Iran

    En savoir plus

  • Hong Kong en rébellion contre l’emprise de Pékin

    En savoir plus

  • Cisjordanie : les États-Unis exhortent Israël à renoncer aux expropriations

    En savoir plus

  • L'ONU envoie une mission pour enquêter sur les crimes de l'EI en Irak

    En savoir plus

  • Et si la France vendait la Joconde pour éponger ses dettes ?

    En savoir plus

  • À Saint-Nazaire, les Mistral voguent vers leur destin russe

    En savoir plus

  • Le Premier ministre de retour au Lesotho après un "coup d'État"

    En savoir plus

  • Webdoc : "Le Grand incendie" primé à Visa pour l'image

    En savoir plus

  • Le pape organise un "match pour la paix" avec des stars du foot

    En savoir plus

  • Un immeuble s'effondre en banlieue parisienne, huit morts

    En savoir plus

  • Les troupes ukrainiennes abandonnent l'aéroport de Lougansk

    En savoir plus

  • République centrafricaine : les ravages de la haine

    En savoir plus

  • Embargo russe : les producteurs français redoutent la concurrence polonaise

    En savoir plus

  • Importante victoire de l’armée irakienne face aux jihadistes de l’EI

    En savoir plus

  • Quand des selfies volés de stars nues enflamment la Toile

    En savoir plus

Afrique

Le président Morsi débute son mandat en défiant l'autorité de l'armée

Vidéo par Natacha VESNITCH

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 10/07/2012

À peine investi dans sa nouvelle fonction, le nouveau président égyptien Mohammed Morsi a engagé un bras de fer avec l'armée en décidant, dimanche, de rétablir l'Assemblée du peuple, dissoute par le Conseil suprême des forces armées le 15 juin.

Prévue par les analystes, mais à long-terme, l’épreuve de force entre le président issu des Frères musulmans, Mohammed Morsi, et les militaires égyptiens a déjà bel et bien débuté. Moins de deux semaines à peine après son investiture, le nouveau chef de l’État a en effet déclenché les hostilités en décidant, le 8 juillet par décret, de rétablir l'Assemblée du peuple, dissoute le 15 juin dernier par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute d'Hosni Moubarak, en février 2011. En s’appuyant sur ce décret, le président de l'assemblée dissoute, le Frère musulman Saad al-Katatni, s’est empressé d’inviter les députés à reprendre leurs travaux dès mardi 10 juillet.

Morsi dans la ligne de mire de la Cour constitutionnelle
 
PORTRAIT
Surpris par cet affront, le CSFA s'est réuni en urgence dans la soirée de dimanche, tout en se gardant de réagir publiquement. Le décret présidentiel a également incité la Haute Cour constitutionnelle à convoquer une session extraordinaire ce lundi.
 
Et pour cause. La plus haute juridiction égyptienne avait invalidé un tiers des 498 sièges du Parlement en raison d'un vice juridique dans la loi électorale, ce qui avait motivé la dissolution de l’Assemblée, ordonnée par l’armée.
 
Au terme de leur réunion, les six juges de la Cour ont publié un communiqué sans appel. "Les jugements et l'ensemble des décisions de la Haute Cour constitutionnelle sont définitifs (...), et sont contraignants pour toutes les institutions de l'État", selon le texte. En clair, ce simple rappel à l'ordre adressé à Mohammed Morsi pourrait se traduire par l'annulation du décret dès le 10 juillet, puisque la Cour a précisé qu'elle examinerait les recours contestant la constitutionnalité de la décision présidentielle.
 
En défiant à la fois l’autorité de l’armée et celle de la Cour constitutionnelle, le président Morsi et les Frères musulmans ont provoqué un "choc dans la classe politique", susceptible de plonger le pays dans "une grave crise", juge ce matin la majorité des quotidiens locaux. "Le pays est divisé sur la question. Certains analystes égyptiens estiment que le président est dans son droit et qu’il a agi conformément à ses prérogatives, tandis que d’autres estiment qu’il a porté atteinte à la légalité et outrepassé ses pouvoirs", note Tamer Ezzedine, correspondant de FRANCE 24 en Égypte.
 
"Coup d’état constitutionnel"
 
Interrogé par téléphone par FRANCE 24, Sarouat Badaoui, professeur de Droit constitutionnel à l’Université du Caire, approuve l'initiative de Mohammed Morsi. "Le président a le droit de convoquer l'Assemblée du peuple, car cette dernière ne peut être dissoute par une décision de justice, elle ne peut l’être que par le chef de l’État lui-même", explique-t-il. Et de poursuivre : "La Cour constitutionnelle ne prend pas de décision, mais rend des jugements qui s’imposent à tous, y compris au président et à l’armée, mais elle ne peut en aucun cas provoquer la dissolution d’une assemblée".
 
Un avis que ne partage pas le député Aboulezz al-Hariri, un ancien marxiste et farouche détracteur des Frères musulmans. "La décision de Morsi est un coup d’état constitutionnel, car le président n’a pas le droit d’annuler des décisions de justice émanant, de surcroît, de la plus haute cour du pays, même Hosni Moubarak ne s’était pas permis de le faire», argumente-t-il sur l’antenne de FRANCE 24. Et d’ajouter : "Je ne me rendrai pas à l’Assemblée puisqu’elle a été dissoute, et par conséquent je ne suis plus député, mais un citoyen comme les autres".
 
De son côté, Rifaat al-Saïd, chef du parti de gauche Al-Tagammu dénonce l’initiative présidentielle."Qu'il le veuille ou non, Morsi doit respecter les décisions de la justice", a-t-il déclaré à la télévision d'État.

Un compromis ou le chaos
 
Contacté par FRANCE 24, une source proche des Frères musulmans explique de son côté que le président Morsi ne conteste pas "l’avis" de la Cour, mais la dissolution ordonnée par l’armée. Toutefois, elle tient à signaler que la juridiction est soumise aux desiderata des militaires, puisque tous les juges qui la composent ont été nommés sous Moubarak.
 
"L’armée a invalidé les législatives remportées par les Frères musulmans car ils pressentaient la victoire de Morsi à la présidentielle. Ils n’acceptent pas de voir leurs rivaux historiques, ceux qu’ils ont toujours combattu, accéder aux commandes de l’Égypte" développe la même source. Selon elle, la confrérie a attendu de remporter la présidentielle pour jouir de la légitimité du suffrage universel avant d’engager un bras de fer que ni les Frères ni les militaires ne peuvent accepter de perdre. "Ce qui va, une fois de plus, déboucher sur un compromis entre les deux camps, sinon cela sera le chaos", conclut-il.

Première publication : 09/07/2012

  • ÉGYPTE

    Une première dame égyptienne d'un nouveau style

    En savoir plus

  • ÉGYPTE

    Le Frère musulman Mohamed Morsi investi président

    En savoir plus

  • ÉGYPTE

    La présidence de Mohammed Morsi fait craindre la fin du statu quo avec Israël

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)