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Afrique

Le Soudan du Sud souffle sa première bougie sur fond de tensions avec Khartoum

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/07/2012

Le Soudan du Sud célèbre, ce lundi, le premier anniversaire de son indépendance. Un évènement marqué par l'absence de dirigeants du Soudan, duquel le pays a fait sécession et avec qui les relations demeurent très tendues.

AFP - Le Soudan du Sud célébrerait lundi le 1er anniversaire de son indépendance, en présence de dirigeants étrangers, mais en l'absence notable de représentants de haut niveau du Soudan, avec qui les relations restent très tendues après des combats frontaliers au printemps.



Parmi les invités figurent le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le président de la Commission de l'Union africaine (UA) Jean Ping et le président en exercice de l'Union africaine Boni Yayi.

Selon le programme officiel, aucun responsable soudanais de premier plan n'est attendu dans la capitale sud-soudanaise, contrastant avec la présence il y a un an jour pour jour du président soudanais Omar el-Béchir, chaleureusement accueilli à Juba pour assister aux célébrations marquant la partition du Soudan.

Dans le centre de Juba, la capitale, la foule a convergé dès l'aube vers le mémorial John Garang, chef historique de la rébellion sudiste, mort en 2005.

Le début des cérémonies officielles - prières, parade militaire et discours - était prévu en fin de matinée, mais la fête a commencé dès minuit dans les rues, où des concerts de klaxons ont marqué le 1er anniversaire de la séparation après près d'un demi-siècle de guerres civiles ayant fait plusieurs millions de morts.

"C'est un grand jour, parce que c'est le premier anniversaire de mon pays", a expliqué Rachel Adau, une infirmière, arrivée dès l'aube, afin d'être sûre d'avoir une place, non loin de troupes de danseurs s'échauffant dans une cacophonie de sifflets, tambours, maracas, you-yous et cris.

"Aujourd'hui, nous célébrons le jour où le peuple s'est libéré de la domination des Arabes", explique Michael Kenyi Benjamin, un étudiant, en référence au pouvoir arabo-musulman honni de Khartoum.

Malgré la joie affichée, l'euphorie de la célébration de l'indépendance, le 9 juillet 2011, a laissé place un an plus tard à la dure réalité.

Cette première année d'existence a été particulièrement difficile, marquée par des tensions graves avec l'ancien dominateur soudanais, qui ont conduit en janvier le jeune Etat à arrêter sa production de pétrole - le privant de 98% de ses ressources - et ont dégénéré en combats frontaliers d'ampleur entre mars et mai.

Le vice-président, Riek Machar, a admis que les autorités n'avaient pas satisfait les attentes de la population, attribuant cet échec "aux difficultés imprévues (...) rencontrées".

Aux portes du mémorial, des volontaires sollicitaient des dons pour l'armée.

Administration, infrastructures, services de base: tout reste aujourd'hui à construire dans un pays parti quasiment de zéro, Khartoum n'ayant jamais développé la région.

La population adulte est illettrée à 73%, le taux de scolarisation dans le secondaire est d'à peine 6%. Une Sud-Soudanaise a statistiquement plus de chances de mourir en couches que de terminer des études secondaires.

"Il n'y a eu que peu de changements, mais ça ne peut pas changer si vite, cela va changer doucement, doucement", assure Rachel Adau, l'infirmière. "Dans l'année à venir de bonnes choses vont arriver (...) J'espère qu'elles arrivent".

Des violences tribales dans plusieurs parties du pays ont également fait naître des craintes pour l'unité du Soudan du Sud.

"Tout ce dont nous avons besoin au Soudan du Sud, c'est la paix. Et si nous avons la paix nous pourrons travailler ensemble," estime l'un des danseurs Bandere Sangeli Santos.

"Nous avons beaucoup combattu dans le maquis (...) on ne veut plus de guerre", ajoute-t-il.

Dimanche, dans un message de félicitations, Washington a souligné les "défis importants" auquel fait face le jeune pays, rappelant que les combats et les difficultés économiques "menaçaient les fondations mêmes sur lesquelles le Soudan du Sud doit bâtir son avenir".
 

Première publication : 09/07/2012

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