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Moyen-orient

À Moscou, le chef du CNS presse la Russie de lâcher Bachar al-Assad

©

Vidéo par Natacha VESNITCH

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/07/2012

Abdel Basset Sayda, le chef du Conseil national syrien, s'entretient ce mercredi à Moscou avec le ministre russe des Affaires étrangères. Il entend réitérer son exigence de voir Bachar al-Assad quitter le pouvoir avant toute transition politique.

AFP - Le nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne à l'étranger, tentait mercredi de pousser Moscou à lâcher le régime de Bachar al-Assad, la Russie semblant quant à elle continuer de camper sur ses positions.
              
"Les événements en Syrie ne sont pas seulement des désaccords entre l'opposition et le gouvernement, mais une révolution", a ainsi déclaré Abdel Basset Sayda au début de ses entretiens à Moscou avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
              

ABdel Basset Sayda, chef du Conseil National Syrien


La "révolution" en Syrie "ressemble à ce qui s'est passé dans la Fédération de Russie quand elle s'est engagée sur la voie de la démocratie", a ajouté le chef du CNS, dans une allusion à la situation à la chute de l'URSS, en 1991, comme pour bien faire comprendre à son interlocuteur qu'il fallait définitivement tourner la page.
              
De son côté, le ministre russe s'est borné à réitérer la position de Moscou, à savoir que tout doit être fait pour l'ouverture d'un "dialogue avec la participation à la fois du gouvernement et de tous les groupes d'opposition, au cours duquel les Syriens eux-mêmes détermineraient le destin de leur pays, et commenceraient par se mettre d'accord sur les paramètres et les délais du processus de transition".
              
M. Lavrov a de plus insisté sur "la nécessité de l'arrêt le plus rapidement possible des violences sous toutes ses formes par toutes les parties" en présence en Syrie.

La Russie est alliée au régime, mais discute avec l'opposition            

Alliée depuis l'époque soviétique du régime de Damas, auquel elle fournit du matériel militaire, la Russie a toutefois reçu ces derniers jours une série de dirigeants de premier plan de l'opposition syrienne.
              
Sergueï Lavrov s'est à cet égard félicité mercredi d'avoir "la possibilité d'avoir une discussion directement" avec Abdel Basset Sayda "en cette période cruciale pour la Syrie", avant de souligner qu'il voulait saisir cette occasion pour "encore une fois clarifier" la position de Moscou concernant la crise syrienne.
              
M. Lavrov a ajouté que son objectif "aujourd'hui" était de répondre à toutes les questions du CNS "pour qu'il n'y ait plus de doutes" dans les rangs de l'opposition syrienne sur la politique suivie par la Russie.
              
Quant à la partie russe, elle aimerait "comprendre s'il y a de réelles perspectives d'union de tous les groupes d'opposition sur la base d'un dialogue avec le gouvernement, comme le prévoit le plan de (l'émissaire international) Kofi Annan approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU", a poursuivi le ministre.
              
La Russie est un acteur incontournable dans le dossier syrien, bloquant toute résolution à l'ONU qui condamne la répression et refusant de cesser son soutien au régime malgré les critiques internationales.
              
"Nous nous adressons à la Russie, qui est un Etat d'une importance fondamentale pour la Syrie", avait d'ailleurs reconnu la porte-parole du CNS, Bassma Kodmani, mardi à Moscou.
              
Un autre dirigeant de l'opposition syrienne, Michel Kilo, avait exhorté lundi également dans la capitale russe, la Russie à contribuer à "la stabilisation de la situation" dans son pays.
              
Le 30 juin, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne) ainsi que la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe se sont mis d'accord à Genève sur les principes d'une transition en Syrie.

 

Première publication : 11/07/2012

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