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Afrique

L'ONU déploie des chars à Goma pour prévenir un éventuel raid du M23

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/07/2012

Des chars de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) ont été déployés près de Goma afin d'anticiper un possible assaut des rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) dans la capitale du Nord-Kivu.

AFP - L'ONU a déployé mercredi des chars au nord de Goma pour prévenir une éventuelle attaque des mutins du M23 sur la capitale du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo, alors que le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les présidents rwandais et congolais pour résoudre la crise.

Au moins une dizaine de chars de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) ont été positionnés près de la localité de Kibumba, notamment sur la route reliant Goma (à 25 km au sud de Kibumba) à Rutshuru (70 km au nord de la capitale provinciale) et que les mutins avaient pris dimanche avant leur retrait lundi, a constaté un photographe de l'AFP.



Deux chars de l'armée congolaise (FARDC) ont également été vus sur cette route à une dizaine de km au nord de Goma.

Aucun mouvement de mutins du Mouvement du 23 mars (M23) n'a toutefois été enregistré dans cette zone, selon l'AFP.

Mercredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Joseph Kabila pour leur demander de "poursuivre le dialogue afin de réduire les tensions et mettre fin à la crise", selon le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky.

Un rapport d'experts de l'ONU publié le 27 juin a accusé des hauts responsables rwandais, notamment le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, et le chef d'état-major des armées, le général Charles Kayonga, d'avoir apporté "une aide directe" à la création du M23, en fournissant des armes, des munitions et des recrues.

M. Ban a exprimé aux deux présidents "sa grande inquiétude" au sujet de ces informations et souligné la "nécessité de tout faire pour dissuader le M23 de continuer à gagner du terrain et pour mettre fin aux combats immédiatement".

Le changement de ton onusien intervient alors que dimanche, sans rencontrer de résistance -ni de la part des FARDC qui s'étaient retirées, ni de la Monusco- les mutins avaient pris Rutshuru et d'autres localités plus au sud, jusqu'à 50 km de Goma, avant de s'en retirer à partir de lundi comme ils l'avaient promis.

En revanche, ils occupent toujours Bunagana, un important poste-frontière avec l'Ouganda, situé à moins de 30 km au sud-est de Rutshuru, pris vendredi après des combats avec les FARDC et une opposition de la Monusco, dont un Casque bleu a été mortellement blessé.



L'ONU redoute une avancée des rebelles sur Goma



Bunagana se trouve une dizaine de km au nord de plusieurs collines tenues depuis mai par les mutins, dans le parc national des Virunga, frontalier avec l'Ouganda et le Rwanda, malgré des bombardement réguliers des FARDC.

Mardi, des responsables de l'ONU à New York avaient indiqué que des FARDC et des Casques bleus faisaient route vers Goma, dans la crainte d'une attaque des rebelles sur cette ville de 500.000 habitants où la Monusco a plusieurs bases.

"Tout indique que, selon la manière dont les mutins se sont retirés de Ruthsuru, ils n'ont pas l'intention de prendre des grosses localités comme Goma", a cependant estimé un diplomate à Kinshasa, sous couvert d'anonymat.

"On se perd en conjectures sur ce que sera l'étape suivante" pour les mutins, relève une source proche des FARDC.

"Nous ne sommes pas là pour prendre des villes mais pour faire entendre notre voix", avait affirmé dimanche le chef du M23 le colonel Sultani Makenga.

Le M23 est constitué d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009.

Les mutins, qui réclament la pleine application de ces accords, ont commencé à faire défection en avril au Nord et au Sud-Kivu où plusieurs goupes armés toujours actifs tirent profit du trafic de minerais dont la région regorge, tout comme certains officiers FARDC.

Le regain de violences au Nord-Kivu a provoqué le déplacement de 220.000 personnes entre avril et juin, dont 100.000 dans le territoire de Rutshuru, et quelques 30.000 autres se sont réfugiées en Ouganda et au Rwanda.

L'insécurité "est une source de préoccupation majeure pour les acteurs humanitaires", s'est inquiété mercredi le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) en appelant "toutes les forces combattantes" à laisser "un accès total et sans entrave aux populations".

Des organisations ont suspendu des activités ou réorganisé leurs interventions, notamment dans le Rutshuru, selon OCHA.
 

Première publication : 12/07/2012

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