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Asie - pacifique

Park Geun-hye, une "dame de fer" à la conquête de la présidence sud-coréenne

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 12/07/2012

La fille du défunt dictateur Park Chung-hee brigue la présidence de la Corée du Sud. Portrait d’une politicienne à poigne très populaire, conservatrice pur jus, qui pourrait devenir la première femme à accéder au pouvoir à Séoul.

Celle que les Sud-Coréens surnomment la "reine des élections" pourrait remporter, dans quelques mois, la plus prestigieuse de toutes les courses politiques. Le 10 juillet, Park Geun-hye, 60 ans, s’est officiellement portée candidate à la présidentielle qui doit se tenir dans le pays à la fin de 2012. Chef de file du parti conservateur Saenuri (Nouvelle frontière, au pouvoir), la fille de l’ancien président-autocrate Park Chung-hee entend bien succéder à l’impopulaire Lee Myung-bak, à qui la Constitution interdit de briguer un second mandat de cinq ans à la tête du pays.

Avant d’être officiellement propulsée dans la course, elle devra être investie le 20 août par sa formation politique, largement acquise à sa cause. Une formalité pour celle qui est régulièrement présentée comme la favorite du scrutin présidentiel (des sondages la créditent de 40 % d’opinions favorables).

Une femme chez des hommes

Si elle venait à s’emparer de la magistrature suprême, Park Geun-hye deviendrait alors la première femme à accéder au pouvoir en Corée du Sud. Une élection qui ferait figure de quasi-révolution dans un pays encore très marqué par le modèle patriarcal et les inégalités entre hommes et femmes.

Au-delà de sa portée symbolique, une victoire de la numéro un de la droite sud-coréenne viendrait couronner une vie presque exclusivement dédiée à la politique. Sexagénaire célibataire dont la vie privée demeure des plus secrètes, Park Geun-hye est loin, en effet, d’être une inconnue pour ses compatriotes. "Dans des pays comme la Corée du Sud, quand on n’a pas un antécédent familial de renom, on n’entre pas en politique, commente l’historien Ilios Yannakakis, spécialiste de la péninsule coréenne. Il faut, comme Park Geun-hye, avoir une surface politique connue. Elle est une ‘fille de’."

Fille de dictateur

Son nom reste effectivement associé à celui de son géniteur qui régna d’une main de fer sur le pays entre 1962 et 1979. "L'héritage de son père, qui reste très controversé, est à l'origine de sa popularité mais est aussi une limite à celle-ci", explique à l’AFP Lee Nae-young, professeur à l'université de Corée, à Séoul. Arrivé au pouvoir par la force, Park Chung-hee demeure dans l’histoire sud-coréenne comme un dictateur qui n’hésitait pas à museler la presse ou à emprisonner ses opposants.

Un lourd legs qui fait craindre aux détracteurs de Park Geun-hye, issus pour la plupart des milieux progressistes et urbanisés, que son arrivée à la présidence ne s’accompagne d’un tour de vis autoritaire. "Les péchés du père ne doivent pas retomber sur la fille, prévient Ilios Yannakakis. Ce serait une erreur que de considérer qu’elle est une ‘bis repetita’ de son père."

Chantre de la libéralisation de l’économie

Si, en matière d’exercice du pouvoir, la fille cherche à se démarquer de son père, on ne peut pas en dire autant sur le plan économique. Avant d’être assassiné par son chef du renseignement en 1979, l’autocrate Park Chung-hee mena avec succès une politique active en faveur de développement industriel et économique de son pays.

C’est sur cet aspect le plus glorieux de l’ère Chung-hee que sa fille a construit sa popularité et soigné son image de politicienne à poigne, en première ligne sur le terrain économique. Au moment d’annoncer sa candidature, Park Geun-hye s’est ainsi engagée à favoriser une économie de marché "juste et transparente", à créer des "emplois de qualité" et à œuvrer en faveur d’une "démocratisation de l’économie" à l’heure où les disparité sociales de la quatrième économie d'Asie ne cessent de se creuser.

"Je t’aime, moi non plus"

Sur le plan diplomatique, largement dominé par les relations avec le très fermé voisin du Nord, la candidate conservatrice a affirmé vouloir "mettre fin au cycle de défiance, de confrontation et d’incertitudes" entre Séoul et Pyongyang. Objectif : "Construire une nouvelle péninsule coréenne de confiance et de paix".

Malgré cette bonne volonté affichée, nombreux sont ceux qui doutent de ses capacités, en cas de victoire, à modifier en profondeur les houleuses relations entre les deux frères ennemis de la péninsule coréenne. "Les rapports que les pays entretiennent ne changeront pas, balaie Ilios Yannakakis. Ce sera toujours ‘Je t’aime moi non plus’, c’est-à-dire une alternance d’épisodes d’ouverture et de fermeture." Et l’expert de conclure : "Il y a des frémissements dans cette région où la Corée du Sud est un point focal. Mais, comme toujours, tout dépendra des États-Unis et de la Chine." 

 

Première publication : 12/07/2012

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