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Le congrès du PJD déroule le tapis rouge au Hamas palestinien
Le PJD, Parti de la Justice et du Développement, formation islamiste qui a remporté les élections législatives du 25 novembre 2011, tient ce week-end son 7e congrès à Rabat, au Maroc. Le leader du Hamas Khaled Mechaal y a été ovationné.
Le Maroc prétend avoir pris le tournant des printemps arabes en faisant l'économie d’une révolution. Comme en Tunisie et en Égypte, (pour la Libye, on réserve encore son jugement), sur les traces de la Turquie, les islamistes y sont désormais au pouvoir. Si ce n’est qu’ici, le changement s’est négocié en douceur avec l’assentiment du "Mahzen", le palais royal, qui a supervisé l’adoption d’une nouvelle constitution censée accorder une valeur démocratique à la dernière consultation électorale, qui a donné une majorité relative au Parti de la Justice et du Développement (PJD). Celui-ci dirige désormais un gouvernement de coalition qui va des conservateurs de l’Istiqlal aux communistes du PPS.
Comme le veut la Constitution, le PJD tient congrès ce week-end à Rabat, devant environ 3 000 congressistes désignés par la base et en présence de plusieurs dizaines de représentants étrangers, notamment de partis "frères" de la mouvance islamiste.
Le Congrès devrait entériner la reconduction au poste de secrétaire général du sortant Abdelilah Benkirane, désormais "chef du gouvernement" de sa majesté Mohamed VI - à moins d’une surprise, car le PJD s’est doté d’un processus de sélection des candidats par un conseil national, lui-même élu par les délégués. Un système "islamique", mais non moins démocratique, qui fait la fierté des militants : ici on ne se présente pas, on est proposé, avant d’être éventuellement élu. L’humilité est, en toute circonstance, la qualité principale requise de tout bon musulman, de la base au sommet.
Mechaal super star
Mais la vedette de ce congrès s’appelle Khaled Mechaal, chef du Bureau politique du Hamas, qui a quitté récemment son exil de Damas, avec armes et bagages, pour ne pas manquer lui aussi le tournant démocratique à l’œuvre dans le monde arabe.
Mechaal, qui se déplace avec une noria de gardes du corps et de collaborateurs, a remporté un indéniable succès personnel et populaire à Rabat, signant autographes et acceptant de bonne grâce d’interminables séances de pose devant les téléphones portables des militants et surtout d’ailleurs des militantes du PJD.
Orateur brillant, il a, comme il y a quelques jours à Tunis, encouragé les Marocains à ne pas oublier la cause palestinienne, qui n’avait jusqu’ici jamais été prioritaire dans un pays arabe relativement ouvert à l’égard d’Israël.
Comme à Tunis, Khaled Mechaal, que les services israéliens ont obstinément cherché à éliminer, a pu vérifier la validité de sa stratégie : en lâchant la Syrie pour épouser le mouvement à l’œuvre dans cette partie du monde, il compte bien que le Hamas - toujours considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne - bénéficie de la nouvelle respectabilité dont commencent à jouir ces islamistes modérés : PJD marocain bien sûr, AKP turc (AKP signifie Parti de la Justice et du développement !), Ennahda tunisien, et même Frères musulmans égyptiens, le parti dont le Hamas, solidement arrimé à Gaza, souhaite le plus se rapprocher afin de créer un rapport de force géopolitique pour faire pression sur les pays occidentaux et isoler Israël.
Le PJD, désormais au pouvoir, ne craint-il pas que cet affichage ne nuise aux alliances occidentales du royaume ? Saaddine el-Othmani, numéro 2 du parti et ministre des Affaires étrangères repousse calmement l’objection car, dit-il "les États-Unis et les Européens se demandent eux-mêmes comment engager le dialogue avec le Hamas."
"Mourir en martyre pour la Palestine"
Loin de ces calculs, la cause palestinienne est bien l’ingrédient de choix de l’engouement populaire dont est l’objet le PJD. La salle est pavoisée aux couleurs de la Palestine et, encore émue par la "standing ovation" réservée à Mechaal, Nada, 24 ans et militante du PJD depuis 3 ans, nous avoue sa disponibilité à "mourir en martyre pour la Palestine."
Autres atouts : une réelle démocratie interne et la proximité des dirigeants avec le peuple (on n’avait jamais vu jusqu’ici au Maroc des ministres se promener dans les rues sans la protection de leur limousine ou de leurs gardes du corps), la lutte contre la corruption (mot d’ordre numéro un : le PJD a reversé à l’État, de sa subvention de campagne électorale non dépensée, environ 2 millions d’euros).
Et bien sûr, le respect du souverain. Mohamed VI qui, selon Abdelilah Benkirane, tient peut-être son pouvoir en héritage, mais à la différence des tyrans comme Assad, lui, "aime son peuple qui le lui rend bien."
Mais l’exercice du pouvoir sera le véritable test pour ces islamistes modérés (et souriants comme à peu près tous au Maroc) qui ont dû annoncer récemment une hausse des taxes sur l’essence de 20 %. Comme dans toute bonne vieille démocratie parlementaire, les députés de la majorité viennent de lancer une fronde contre un gouvernement accusé de les traiter comme des godillots.

































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(9) Réactions
maroc
le maroc est un pays islamique,il y a des decennies......
Tapis rouge !
Bizarre sur france24 ce consensus autour de la venue d'un "terroriste" Moi-même pour avoir proné le dialogue avec le hamas depuis des lustres j'étais régulièrement traité de terroriste par des gens dont je ne vois plus les réactions et à qui on déroulait le tapis rouge France24 aurait elle changé ses valeurs???
Vive le MAROC
Beaucoup d'atouts pour ce parti politique marocain en montrant a tout le monde la démocratie interne du parti le déroulement de , l'élection de monsieur Abd elilah BENKIRANE est une bonne leçon pour les .......etc
Ce torchon n'est pas un
Ce torchon n'est pas un article, mais un éditorial à charge... France 24 où vas-tu?
Reconnaissance du hamas !
Logique et incontournable La france si elle n'agissait pas toujours en caniche de l'américain et de l'israélien se GRANDIRAIT en étant la première à reconnaitre le HAMAS !!!
Commentaire ou citation
"Mohamed VI qui, selon Abdelilah Benkirane, tient peut-être son pouvoir en héritage, mais à la différence des tyrans comme Assad, lui, "aime son peuple qui le lui rend bien.""
Il n'est pas clair dans cette phrase qu'est ce qui est commentaire ou qu'est ce qui est citation.
Notamment, est ce que le mot "tyran" proviens de la bouche de Benkirane ou du rédacteur ?
Tout a fait normal
Je pense que le PJD à tout a fait raison d'inviter un leader d'un mouvement démocratiquement elu (le seul dans le monde arabe sans doute) en Palestine.
Plus facile
IL est plus facile de "mourir en martyr" que de construire la vie dans le respect de l'autre et le respect de soi-même.
Etymologie Françoise :
..."en douceur avec l’assentiment du "Mahzen", le palais royal, ..." [en c/c du texte ci-dessus de S.Attal.]
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Ce n'est pas "Mahzen" mais Makhzen avec un "KH" de la lettre arabe :
"el-Khaa" > خ pour le sens de Khazana/Makhazîne voulant dire garder,conserver,mot qui a donné à l'espagnole,l'Italien et le provençal Français le mot actuel " Magazin ", le dépot > le bureau > le lieu de conservation ... etc.
Ainsi notre mot Français "magazin" vient de
sa source arabe "MaKHzen" ou al-Makhzane : المخزن.
Au Maroc le "Makhzen" est le gardien de la "Oummah des Croyants"et de sa filiation Chérifienne depuis le 7ème Siècle.
Bonne vacances à vous.
(Signé:Halâl,non pas Khalâl son opposé.)