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Afrique

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma élue à la tête de la commission de l'UA

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/07/2012

L'ancienne chef de la diplomatie sud-africaine, par ailleurs ex-épouse de l'actuel président sud-africain Jacob Zuma, a été élue présidente de la Commission de l'Union africaine. Première femme à occuper ce poste, elle succède au Gabonais Jean Ping.

AFP - Elue dimanche présidente de la Commission de l'Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma est une diplomate d'expérience au caractère bien trempé, et aux convictions forgées par des années de militantisme contre l'apartheid.

A 63 ans, l'ex-épouse de l'actuel chef de l'Etat Jacob Zuma est considérée comme la femme la plus solide voire la plus influente de sa génération en Afrique du Sud, après notamment dix ans aux Affaires étrangères de 1999 à 2009.

Son style est aux antipodes de son prédécesseur à la Commission de l'UA, le Gabonais Jean Ping, tout en rondeurs et rompu aux négociations feutrées. "C'est une combattante de la liberté, pas une bureaucrate ni un diplomate", s'est réjoui le président ougandais Yoweri Museveni sitôt après son élection.

Ses adversaires retiendront peut-être qu'elle a été l'artisan de la "diplomatie tranquille" envers le grand voisin de l'Afrique du Sud, le Zimbabwe.

Contre vents et marées, elle a maintenu cette politique de bon voisinage avec Harare malgré la crise politique ouverte en 2000 par les menées du président Robert Mugabe pour évincer les grands propriétaires agricoles blancs.

L'Occident, à l'époque, avait critiqué cette position.

Elle fut aussi un acteur clé des accords de paix en République démocratique du Congo (RDC), signés près de Pretoria en 2003 pour mettre fin à la guerre civile.

Mme Dlamini-Zuma est actuellement ministre de l'Intérieur. Sa rigueur lui a permis de remettre de l'ordre dans une maison qui était notoirement mal gérée. Au sein de l'Union africaine, elle a promis "d'essayer de rendre l'administration plus efficace" et écarté les craintes d'une main-mise sud-africaine sur l'organisation.

"L'Afrique du Sud ne va pas déménager à Addis pour venir diriger l'Union africaine, ce sera Nkosazana Dlamini-Zuma, si je gagne, qui viendra ici, pas l'Afrique du Sud", a-t-elle déclaré peu avant son élection.

Ancienne militante de la lutte anti-apartheid, pédiatre de formation, elle est réputée austère et capable de s'entourer d'administrateurs de qualité.



Militante de l'ANC en exil



Pour Keith Gottschalk, de l'Université du Cap Occidental, "c'est une femme politique rouée, un vétéran (...) Ses succès ne sont pas surmédiatisés, mais le bilan de son action politique parle de lui-même".

"Son approche pragmatique fait d'elle un personnage politique de haut calibre", assure cet analyste.

"Elle écoute, prend le temps d'analyser, donne l'impression de ne pas être facile d'accès, ne va pas au devant des micros mais parle quand un acte est posé", dit d'elle un diplomate d'Afrique francophone, interrogé par l'AFP.

"Elle réussirait peut-être encore mieux si elle était un peu plus affable, mais ce n'est pas sa personnalité", tempère pour sa part l'analyste Prince Mashele, qui avait travaillé avec elle lorsqu'elle était aux Affaires étrangères.

"Mais elle prend son travail très au sérieux. Elle a la qualité rare de savoir nommer de très bons administrateurs".

Née le 27 janvier 1949, elle s'est lancée dans la politique dès ses années d'études pour rejoindre l'ANC, fer de lance à l'époque de la lutte anti-apartheid.

Dans le collimateur de la police du régime, à une époque où les militants de l'ANC risquaient leur vie, elle a choisi l'exil très rapidement, pour poursuivre ses études dans les universités britanniques de Bristol et de Liverpool. De là, elle a contribué à organiser la lutte de l'ANC depuis l'étranger.

Gravissant les échelons au sein du parti, elle a partagé son temps entre Londres et l'Afrique australe. Et c'est au Swaziland, où elle exerçait comme pédiatre dans un hôpital, qu'elle a rencontré Jacob Zuma. Elle est devenue en 1982 la troisième épouse du futur président, polygame. Ils ont divorcé en 1998.

Elle n'a regagné l'Afrique du Sud qu'en 1990, lorsque l'ANC a été de nouveau légalisé. En 1994, Nelson Mandela, à son arrivée au pouvoir, lui confia le portefeuille de la Santé, avec l'énorme tâche de refonder le système de santé publique, qui fonctionnait sur le principe de la ségrégation raciale.
 

Première publication : 16/07/2012

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