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Economie

La banque HSBC épinglée pour blanchiment d'argent de la drogue et du terrorisme

©

Vidéo par Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 17/07/2012

Les responsables de HSBC, la premières banque britannique, doivent répondre, ce mardi, devant une commission du Sénat américain d’accusations de blanchiment d’argent lié à des affaires de drogue ou de financement du terrorisme.

C’est avec le poids de 335 pages d’accusations de blanchiment d’argent sur les épaules que les principaux responsables de la banque britannique HSBC se présentent, mardi 17 juillet, devant une sous-commission du Sénat américain. Dans un rapport rendu public le 16 juillet, la première banque britannique est accusée d’avoir laissé transiter par ses coffres aux États-Unis de l’argent sale provenant aussi bien de cartels mexicains de la drogue que d’organisations suspectées de soutenir le terrorisme international ou de faire affaire avec l’Iran.

HSBC a mené 16 milliards de transactions secrètes avec l’Iran

La banque britannique a réalisé 16 milliards de dollars de transactions secrètes avec l'Iran sur une période de six ans, a révélé le rapport du Sénat américain.

Les responsables de la banque étaient au courant des "transactions secrètes avec l'Iran" --dont la documentation ne mentionnait aucun lien avec l'Iran-- depuis 2001 et jusqu'en 2007, pour un total de 25.000 opérations.

Au terme de deux ans d’enquête, la sous-commission présente un requisitoire sans concession contre la filiale américaine d’HSBC, présentée comme “un cas d’école” de la perméabilité du système financier américain à l’argent sale. La banque aurait, durant la dernière décennie, adopté des contrôles bien trop lâches au regard de la législation anti-blanchiment américaine. Conséquence : elle aurait fait affaire avec peu ou prou toutes les catégories d’ennemis des États-Unis.

Argent de la drogue et terrorisme

Ainsi, après avoir acheté, en 2002, la cinquième plus importante banque mexicaine, la Grupo Financiero Bital, HSBC a fait preuve d’un laxisme plusieurs fois dénoncé dans le rapport américain. Pour le géant britannique, le Mexique est considéré, entre 2002 et 2009, comme un territoire où il n'est pas utile d'effectuer des contrôles anti-blanchiment particuliers. Tout le contraire des affirmations des autorités américaines qui soupçonnent les banques mexicaines d’être peu regardantes sur l’origine de l’argent.

Durant cette période, HSBC et Bital ont comme clientes plusieurs sociétés mexicaines de change qui sont accusées par le département américain du Trésor d’être des plaques tournantes pour l’argent de la drogue. Autre indice pour les enquêteurs d’une proximité avec les cartels mexicains : entre 2007 et 2008, la filiale mexicaine d’HSBC transfère aux États-Unis un montant record de 7 milliards de dollars, soit davantage que n’importe quelle autre filiale de la banque britannique. À l’époque, note le rapport, même les autorités mexicaines jugent qu’une telle somme doit, en partie, provenir du trafic de drogue.

Un avertissement qui n’a pas empêché HSBC d’empocher cet argent. La banque n’aurait pas non plus prêté beaucoup d’attention aux rapports troubles bien connus d’un de ses clients, la banque saoudienne Al Rajhi Bank, avec le terrorisme. La CIA a, en effet, conclu dans un rapport publié en 2003 que cette banque était l’un des principaux “véhicules pour financer les mouvements extrémistes” dans le monde musulman. Malgré ce document, la banque britannique a fourni à Al Rajhi Bank près d’1 milliard de dollars entre 2006 et 2010.

Des hauts responsables de HSBC étaient au courant

De plus, le rapport de la sous-commission sénatoriale accuse HSBC d’avoir couvert des transferts d’argent illégaux vers l’ennemi public numéro 1 des Américains : l’Iran. HSBC Europe et Moyen-Orient ont ainsi, entre 2001 et 2007, plusieurs fois fait transiter de l’argent vers Téhéran à travers les États-Unis en masquant les véritables destinataires des fonds. Non seulement la filiale américaine de la banque n’a pas mis en place des contrôles suffisants pour détecter ces irrégularités, mais le rapport souligne que des hauts responsables de HSBC étaient au courant de la véritable nature de ces transactions.

Face à ces accusations, la banque britannique semble prête à endosser sa part de responsabilité. “Nous allons nous excuser, reconnaître des erreurs, accepter notre responsabilité et tout faire pour réparer ce qui est allé de travers”, a affirmé à Bloomberg, lundi 16 juillet, Robert Sherman, un porte-parole d’HSBC.

La réparation risque par ailleurs de coûter cher à la banque. Elle aurait à payer, d’après le "Financial Times" paru jeudi 12 juillet, une amende record de 1 milliard de dollars pour régler l’addition des poursuites qui ont été engagées contre elles par le ministère américain de la Justice.

Première publication : 17/07/2012

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