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Affaire Bo Xilai : le Français arrêté à Phnom Penh se rend en Chine

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/07/2012

Arrêté le 13 juin au Cambodge dans le cadre du scandale frappant l'ex-cadre du PC chinois Bo Xilai, le Français Patrick Devillers a été libéré, lundi. Il a ensuite pris la direction de la Chine - de son plein gré - pour aider à l'enquête.

AFP - Le Français Patrick Devillers, arrêté au Cambodge en marge du scandale frappant le haut responsable chinois Bo Xilai, a été libéré et est parti pour la Chine pour aider dans l'enquête sur cet apparatchik aujourd'hui en disgrâce, a indiqué mercredi un responsable de la police cambodgienne.

L'architecte, qui avait été arrêté le 13 juin à la demande de Pékin, a été libéré lundi, également à la demande de la Chine, a indiqué à l'AFP le chef adjoint de la police nationale Sok Phal.

"Et hier (mardi), il est parti pour la Chine de son plein gré", à bord d'un vol à destination de Shanghai, a-t-il ajouté. "Il a dit qu'il allait là-bas pour être un témoin".

"L'ambassade de France était d'accord avec ça à 100%", a encore assuré le policier.

L'ambassade de France à Phnom Penh n'était pas joignable mercredi matin. "On n'a pas de commentaire à faire", a de son côté indiqué un porte-parole de l'ambassade de France à Pékin.

La semaine dernière, un porte-parole du ministère cambodgien de l'Intérieur avait indiqué que Pékin avait demandé au Français d'aller coopérer avec la justice chinoise, en promettant qu'il ne serait pas poursuivi.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait eu, la veille, un entretien avec son homologue chinois Yang Jiechi et s'était refusé à indiquer à la presse s'il avait évoqué le cas de M. Devillers et demandé des garanties à la Chine concernant le ressortissant français.

Au Cambodge, M. Devillers n'a pas été officiellement poursuivi pour quoi que ce soit et les raisons légales de sa détention n'ont pas été communiquées, forçant Paris à demander des éclaircissements.

Le Cambodge, fidèle allié de Pékin, a un traité d'extradition avec la Chine qui lui permet de détenir un suspect pendant 60 jours. Mais le ministre cambodgien des Affaires étrangères Hor Namhong avait indiqué qu'il exigerait des preuves de Pékin avant de lui livrer le Français.

Devillers, 52 ans, entretenait des liens d'affaires et d'amitié avec Bo Xilai, dont l'affaire secoue le Parti communiste chinois (PCC).

Le haut responsable chinois, patron de la municipalité géante de Chongqing, a vu sa carrière brisée après avoir été suspendu au printemps du Bureau politique et du Comité central du PCC.

Il est visé par une enquête interne pour corruption et son épouse Gu Kailai, une avocate renommée, est suspectée du meurtre d'un Britannique avec lequel elle et Bo avaient des relations d'affaires.

Un scandale très mal venu qui met à mal la façade d'unité que tente de présenter le parti unique, à quelques mois du congrès quinquennal.
 

Première publication : 18/07/2012

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