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FRANCE

Le président Marzouki rassure la France sur ses liens avec Ennahda

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/09/2012

Lors d'un discours prononcé devant l'Assemblée nationale française, le président tunisien, Monsef Marzouki, a assuré que son pays était "tombé dans l'escarcelle", non pas de l'islamisme, mais de la démocratie.

AFP - Le président tunisien Moncef Marzouki a défendu son alliance avec le parti islamiste Ennahda lors d'un discours prononcé mercredi devant l'Assemblée nationale française, un honneur que n'avait reçu aucun dirigeant étranger depuis 2006.

Le premier président de la Tunisie démocratique effectue de mardi à jeudi une visite

Entretien avec le président tunisien Moncef Marzouki

destinée à lever les malentendus créés par le soutien de Paris à l'ancien régime du président Ben Ali et à recadrer les relations bilatérales.

"On me pose souvent la question: est ce que la Tunisie est tombée dans l'escarcelle de l'islamisme ? La réponse est non, la Tunisie est tombée dans l'escarcelle de la démocratie", a-t-il dit sous les applaudissements des députés nettement plus nourris à gauche qu'à droite.

Dans l'hémicycle où il était reçu après un entretien et un déjeuner avec le président socialiste de l'Assemblée, Claude Bartolone, Moncef Marzouki s'est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l'alliance que son parti de centre-gauche a scellé avec le parti islamiste Ennahda.

A propos d'Ennahda, il a souligné que "de la même façon qu'il existe en Occident des chrétiens-démocrates, il y a et il y aura dans le monde arabe des partis islamo-démocrates dont Ennahda n'est que le prototype tunisien". "C'est la force de la démocratie d'avoir su apprivoiser des forces qui lui étaient au départ hostiles", a-t-il ajouté.

Alors qu'une partie de l'opposition de droite avait boudé sa venue, M. Marzouki a rappelé "qu'une fraction de la France officielle a soutenu, directement ou indirectement, la dictature qui nous a opprimés", une référence au régime de Ben Ali.

"Mais la partie essentielle de la France, celle des partis et des syndicats, des organisations de la société civile, la France des médias, des intellectuels et des simples citoyens, la France qui m'a donné asile, ne nous a jamais fait défaut et nous a soutenus autant qu'elle le pouvait" a-t-il ajouté.


Le président tunisien s'est exprimé en l'absence du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius retenu au Sénat par le projet de loi de ratification du Traité d'amitié et de coopération avec l'Afghanistan, et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui devait le recevoir à Matignon en fin d'après-midi.

En l'accueillant, Claude Bartolone a affirmé que "l'islam et la démocratie peuvent et doivent se conjuguer" tout en prévenant que la France "restera vigilante" sur le respect de "la liberté d'expression et des droits des femmes" en Tunisie.

Rappelant être le deuxième président de l'Assemblée nationale, après le gaulliste Philippe Seguin, à être originaire de Tunis, Claude Bartolone a célébré "l'amour réciproque entre nos deux pays".

Les députés n'avaient accueilli aucun autre responsable étranger depuis José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, en 2006.

Parmi les 17 dirigeants étrangers qui se sont exprimés devant les députés sous la Vème République figurent le président américain Bill Clinton, le roi Hassan II du Maroc, le Premier ministre britannique Tony Blair, le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Dans la matinée de mercredi, le président tunisien avait été reçu pendant trois quarts d'heure à l'Hôtel de Ville par Bertrand Delanoë, le maire socialiste de Paris, lui aussi natif de Tunisie.

La veille, France et Tunisie avaient affiché leur volonté de nouer de nouvelles relations lors de la rencontre de M. Marzouki avec le président François Hollande, un entretien suivi d'une conférence de presse commune puis d'un dîner de travail.

Première publication : 18/07/2012

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