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Asie - pacifique

Un milliardaire australien rêve de mettre à flot un nouveau "Titanic"

Texte par Steven JAMBOT

Dernière modification : 22/07/2012

Un milliardaire australien a dévoilé les plans du "Titanic II", une réplique du célèbre vaisseau qu'il entend mettre en service avant la fin de l'année 2016. Avec des normes de sécurité suffisamment drastiques pour rassurer les éventuels passagers.

Cent ans après son naufrage, le "Titanic" fait toujours autant rêver. Clive Palmer, magnat australien de l'industrie minière connu pour ses sorties médiatiques et ses investissements surprenants, a dévoilé, le 17 juillet, les plans d’une réplique du célèbre paquebot. Le "Titanic II" (c’est ainsi qu’il pourrait s’appeler) sera quasi-semblable à l’"insubmersible" original, qui a fait naufrage lors de son voyage inaugural dans la nuit du 14 au 15 avril 1912.

Pour que le paquebot réponde aux exigences modernes de sécurité, les plans ont été redessinés par Deltamarin, une compagnie de conception navale basée en Finlande : "Le 'Titanic II' ne peut pas être une copie à l’identique. Ainsi, les tôles ne seront pas boulonnées mais soudées, le bateau sera propulsé au diesel et pas au charbon", explique Gérard Piouffre, auteur de l'ouvrage "Les Grands Naufrages, du 'Titanic' au 'Costa Concordia'" (First). Pour ce spécialiste, le projet est tout à fait viable : "Je suis l’un des rares à penser que c’est un projet sérieux même s’il est en effet discutable d’appeler ce bateau 'Titanic'."

Pareil... mais avec un casino

Plans du Titanic II

Si les plans ne sont pas encore complets, il apparaît déjà que le bâtiment, long de 269 mètres (le "Queen Mary II" en fait 345), sera plus large d’un mètre que le navire original afin d’assurer sa "stabilité", explique Clive Palmer. Il comportera neuf ponts, plus un "pont de sécurité", qui n’existait pas sur le premier "Titanic", "pour s’assurer que le vaisseau respecte parfaitement les règlementations actuelles, qui demandent aux bateaux transportant des passagers de maintenir une distance aussi faible que possible entre l’aire de lancement des canots de sauvetage et le niveau de la mer".

Au niveau de ce pont, des canots de sauvetage seront installés en nombre suffisant, assure-t-on, pour rassurer les fatalistes.

Clive Palmer a déclaré vouloir retenir "l’essence du 'Titanic'". Il a choisi ainsi de conserver les trois niveaux de confort du transatlantique. "Allez en troisième classe, c’est là que je serai - c’est là que ça va être sympa, assure le milliardaire. Si vous réservez en troisième classe, vous pouvez partager une salle de bain, vous asseoir tous les soirs à une grande table pour dîner un ragoût irlandais et danser des gigues irlandaises toute la nuit." Différence notable avec son illustre ancêtre, le "Titanic II" accueillera un casino. "Cela fait partie des petites entorses que l’on peut accepter", estime Gérard Piouffre.

Made in China

Le riche australien a annoncé qu’il avait créé sa propre compagnie maritime, la Blue Star Line Pty Ltd (clin d’œil à la White Star Line qui affrétait le paquebot original), destinée à exploiter le vaisseau. Si le "Titanic" a été bâti sur les chantiers de Belfast, le "Titanic II" sera lui estampillé "Made in China" puisque le marché est revenu au constructeur maritime chinois CSC Jinling Shipyards.

L’intérêt de la part de clients potentiels est "extraordinaire", assure Clive Palmer qui n’a pour l’instant pas précisé le montant total de l’investissement. L'industriel, dont la fortune est estimée à 5 milliards de dollars australiens (4,18 milliards d’euros), a indiqué qu’il mènerait ce projet seul, sans partenaire, afin que les choses avancent le plus vite possible.

Il souhaite voir débuter la construction du paquebot à la fin de 2012. Après un "pré-voyage" depuis son chantier chinois, le "Titanic II" pourrait effectuer son premier voyage commercial fin 2016 entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord. Gérard Piouffre rêve déjà d’un "voyage dans le temps en habits d’époque" : "J’aimerais faire partie des premiers clients !" Espérons que ce bateau ne rencontrera pas d’iceberg lors de son premier voyage dans l’Atlantique nord. 

A Belfast, un musée abrite la mémoire du Titanic

Première publication : 21/07/2012

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