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EUROPE

L'identification du kamikaze de l'attentat anti-israélien progresse

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/07/2012

Trois jours après l'attentat-suicide qui a coûté la vie à cinq touristes israéliens et un Bulgare, à Bourgas (Bulgarie), les premiers éléments de l'enquête ont révélé que le kamikaze était arrivé quatre jours plus tôt dans le pays.

AFP - Les enquêteurs bulgares, aidés par les services secrets israéliens, la CIA et le FBI américains, ainsi qu'Interpol, progressaient pas à pas samedi vers l'identification de l'auteur de l'attentat suicide anti-israélien du 18 juillet.

Vendredi soir, le ministre de l'Intérieur Tsvetan Tsvetanov a pu annoncer la nature de l'explosif utilisé: trois kilogrammes de trolite (ou tolite), un explosif à usage militaire fabriqué à partir de TNT, fréquemment utilisé par "différents mouvements terroristes".

L'attentat de Bourgas sur la mer Noire, le premier de ce genre en Bulgarie, a tué cinq touristes israéliens et un Bulgare, le conducteur qui devait prendre en charge les touristes à leur arrivée à l'aéroport.

Le kamikaze, un homme d'environ 36 ans, repéré par une caméra de surveillance, a également été tué.

Israël a désigné l'Iran comme commanditaire de l'attentat, ce que Téhéran nie avec véhémence, et le mouvement chiite libanais Hezbollah comme exécutant.

Le ministre de l'Intérieur a affirmé que le suspect n'était "pas un ressortissant bulgare" et n'a pas exclu l'existence d'un complice. Le suspect aurait "séjourné pas moins de quatre jours" en Bulgarie, a précisé le ministre.

L'hypothèse d'un complice ayant déclenché à distance, à partir d'un téléphone mobile, l'explosif porté par l'auteur est effectivement envisagée par les enquêteurs, selon le quotidien Pressa et la télévision privée bTV.

L'enquête a permis de trouver la piste du suspect, qui a été reconnu par un loueur de voitures et son épouse, ainsi que par deux chauffeurs de taxi.

L'homme s'est vu refuser une location de voiture, bien qu'il disposait d'une liasse de "billets de 500 euros". Le loueur a eu des doutes sur l'authenticité du permis de conduire américain présenté, qui s'est avéré depuis être un faux.

D'après des témoins, l'homme "parlait anglais avec un léger accent, peut-être arabe", selon le procureur régional de Bourgas, Kalina Tchapkanova.

L'épouse d'un des propriétaires de l'agence de location de voiture, Afrodita Petrova, a affirmé: "L'homme avait l'air d'un Arabe, je suis catégorique". Cette dernière l'a décrit avec "le crâne presque rasé", alors qu'il porte des cheveux longs sur la photo du permis de conduire et dans la vidéo d'une caméra de surveillance de l'aéroport, ce qui laisse penser qu'il a pu utiliser une perruque.

Le seul document d'identité trouvé sur le kamikaze est un faux permis de conduire américain délivré dans l'Etat du Michigan au nom de "Jacque Felipe Martin, 103 France St, Baton Rouge, LA 70802", en Louisiane.

Interpol sur place

Les enquêteurs bulgares, aidés par la CIA et le FBI, tentent de retrouver la piste du faux permis de conduire. Appelé en renfort, Interpol, a dépêché à Sofia une équipe composée de deux spécialistes de l'antiterrorisme, un Français et un Suisse, et un Américain expert en explosifs.

Des enquêteurs de l'Office européen Europol assistent également leurs collègues bulgares.

Les empreintes digitales sur une main du suspect ont été prélevées et les enquêteurs espèrent pouvoir identifier rapidement le kamikaze, également grâce à un test ADN.

Parmi les pistes suivies, sans que les enquêteurs disposent d'indice précis, figurent des Libanais résidant en Bulgarie, selon des sources proches de l'enquête.

Les cinq Israéliens ont été enterrés vendredi. Les trois blessés israéliens les plus graves, ainsi que 36 autres Israéliens blessés ont été hospitalisés dans différents hôpitaux du pays, notamment à Tel-Aviv.

Si, selon Sofia, "aucune organisation n'a revendiqué l'attentat", le Premier ministre israélien a dès le 18 juillet désigné Téhéran: "Tous les signes mènent à l'Iran", avait déclaré Benjamin Netanyahu, mettant explicitement en cause dès le 19 juillet la République islamique comme commanditaire et le Hezbollah comme exécutant.

Vendredi, le porte-parole du Pentagone George Little avait à son tour évoqué la piste du Hezbollah, mais sans être aussi affirmatif: "L'attentat porte effectivement certaines marques du Hezbollah, mais nous ne sommes pas en mesure de déterminer exactement qui en est l'auteur".

Téhéran a dénoncé les accusations israéliennes, le ministère iranien des Affaires étrangères affirmant que l'Iran condamnait "tout acte terroriste".

L'attentat a coïncidé jour pour jour avec le 18e anniversaire de celui commis en 1994 contre la Mutuelle juive argentine (Amia) à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés, un attentat aussi imputé par Israël à l'Iran et au Hezbollah.

Première publication : 21/07/2012

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