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Moyen-orient

Damas menace d'utiliser des armes chimiques en cas d'intervention étrangère

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/07/2012

La Syrie utilisera ses armes chimiques en cas d'intervention militaire des Occidentaux, a prévenu le régime syrien tout en rejetant la proposition de la Ligue arabe de ménager un départ "sûr" du pouvoir au président Bachar al-Assad.

AFP - Le régime syrien a reconnu lundi pour la première fois posséder des armes chimiques et menacé de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale mais jamais contre sa population, suscitant une réaction cinglante des Etats-Unis.

Sur le terrain, l'armée syrienne semblait avoir repris le contrôle de la plus grande partie

Armes chimiques : Obama met en garde Assad contre une "erreur tragique"

Le président des Etats-Unis Barack Obama a prévenu lundi le régime du président syrien Bachar al-Assad qu'il commettrait une "erreur tragique" et devrait rendre des comptes s'il utilisait ses armes chimiques.

"Etant donné le stock d'armes chimiques du régime (syrien), nous ferons en sorte qu'Assad et son entourage sachent que le monde les regarde, et qu'ils devront rendre des comptes devant la communauté internationale et les Etats-Unis si jamais ils faisaient l'erreur tragique de les utiliser", a affirmé M. Obama à Reno (Nevada, ouest).

Source AFP

de Damas après une semaine de violents combats inédits, les rebelles adoptant désormais une stratégie de harcèlement.

Les autorités syriennes ont rejeté sans surprise une proposition arabe d'un départ négocié du président Bachar al-Assad pour éviter la poursuite de la répression et des combats qui ont coûté la vie à plus de 19.000 personnes en 16 mois de révolte selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Face à l'escalade des violences qui ont encore fait lundi au moins 54 morts à travers le pays, le président russe Vladimir Poutine, un allié de Damas, a mis en garde contre une guerre civile de longue durée en Syrie si M. Assad était destitué du pouvoir de manière "inconstitutionnelle".

L'Union européenne a renforcé ses sanctions contre le régime notamment celles liées à l'embargo sur les armes, et s'est dite également prête à évacuer ses ressortissants de Syrie "si la situation se détériore encore plus".

Reconnaissant pour la première fois posséder un arsenal chimique, le porte-parole des Affaires étrangères syriennes Jihad Makdessi a prévenu que ces armes non conventionnelles "stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées (...) ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère".

Mais M. Makdessi a assuré, lors d'une conférence de presse à Damas, qu'elles ne "seront jamais, jamais, utilisées contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise".



Condamnations internationales


Par la suite, les Affaires étrangères ont publié une mise au point dans laquelle elles nuançaient les propos du porte-parole, soutenant que "ces armes, si elles existent, il est naturel qu'elles soient stockées et sécurisées".

Les condamnations internationales ne se sont pas fait attendre, Washington prévenant Damas de ne "pas penser une seule seconde à faire usage d'armes chimiques". Berlin a qualifié cette menace de "monstrueuse" et Londres l'a jugée "inacceptable".

Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé qu'un recours aux armes chimiques par la Syrie serait "répréhensible". Israël a, quant à lui, prévenu qu'il ne pouvait pas "accepter" que des armes chimiques tombent aux mains du Hezbollah libanais, allié du régime syrien.

Mais pour le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition,

Abdel Basset Sayda, "un régime qui massacre les enfants et viole les femmes peut aussi bien utiliser des armes chimiques". Il a appelé la communauté internationale à empêcher une telle éventualité.

Après une semaine de violents combats à Damas, des opposants de l'intérieur et les autorités, déterminées à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, ont affirmé que l'armée avait repris le contrôle de la plus grande partie de Damas.

"Malheureusement, l'armée du régime a repris le contrôle de la quasi-totalité de la capitale", a affirmé à l'AFP l'un des opposants, notant que des accrochages se poursuivaient dans le sud de Damas.

Les opérations de l'armée se résument désormais à des perquisitions "à la recherche de terroristes cachés", d'après une source de sécurité.


Bombardements d'Alep, obus sur le Golan

Les exactions se sont multipliées à Damas avec au moins 23 personnes, en majorité âgés de moins de 30 ans, "exécutées sommairement" par balles dimanche par les forces régulières, selon l'OSDH qui décrit des victimes à la tête écrasée par des véhicules ou les corps parfois transpercés par des baïonnettes.

Amnesty international a appelé les protagonistes à épargner les civils, alors que l'organisation War Child a accusé la communauté internationale d'avoir échoué à protéger les enfants, victimes directes du conflit.

A Alep, deuxième ville du pays dans le nord, les combats se poursuivaient, avec un "grand mouvement d'exode", selon l'OSDH.

En soirée, un responsable du conseil militaire rebelle a affirmé que les insurgés avaient "libéré" plusieurs quartiers d'Alep. "C'est la première étape vers la libération de la ville", a affirmé le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi à l'AFP via Skype.

Il a toutefois souligné que de violents combats se poursuivaient à la périphérie de ces quartiers et que les chars et les hélicoptères du régime bombardaient et mitraillaient de l'extérieur.

Après le lancement des "batailles de libération" de Damas et d'Alep par la rébellion, le CNS a estimé que le régime "vacillait" mais "ne se rendra pas facilement".

Dans la région de Homs (centre), un hélicoptère a mitraillé en soirée la localité de Boueida, détruisant plusieurs maisons, selon un correspondant de l'AFP.

Enfin, un obus de mortier tiré lors des combats s'est abattu à 400 mètres de la frontière avec Israël, sur le plateau du Golan.
 

Première publication : 23/07/2012

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