Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Irak : comment lutter contre l'organisation de l'État islamique ?

En savoir plus

DÉBAT

UE - États-Unis - Russie : le double-jeu des sanctions

En savoir plus

SUR LE NET

La Toile boycotte la vidéo de l'exécution de James Foley

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Nos étoiles contraires", sortez vos mouchoirs !

En savoir plus

FOCUS

La bataille du salaire minimum aux États-Unis

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Benjamin Stora : "Les Français connaissent assez mal l’histoire de l’immigration"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Barbarie"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"La constance, c'est la confiance"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

La fermeture de restaurants Mac Donald's en Russie : scandale sanitaire ou pression politique ?

En savoir plus

  • Riposte contre l’EI en Irak : "On assiste à un jeu très cynique"

    En savoir plus

  • Mohamed Deif, plus que jamais ennemi juré d'Israël

    En savoir plus

  • Ebola : les deux Américains traités au sérum ZMapp sont guéris

    En savoir plus

  • Sans surprise, Erdogan choisit Davutoglu au poste de Premier ministre turc

    En savoir plus

  • Ebola : "Moi, je refuse de faire un vol vers Conakry"

    En savoir plus

  • Ligue 1 : Brandao suspendu provisoirement après son coup de tête

    En savoir plus

  • La Tunisie et l'Égypte ferment leurs frontières aériennes avec la Libye

    En savoir plus

  • À Bangui, plusieurs centaines de manifestants réclament le départ des soldats français

    En savoir plus

  • Yémen : ultimatum de la rébellion chiite qui exige la démission du gouvernement

    En savoir plus

  • Gaza : trois commandants du Hamas tués dans un raid israélien

    En savoir plus

  • Présidentielle au Brésil : la candidature de Marina Silva menace Dilma Rousseff

    En savoir plus

  • Syrie - Irak : le pape François tantôt pacifiste, tantôt interventionniste

    En savoir plus

  • Cécile Rol-Tanguy : "Je représente les résistantes qui ont été oubliées"

    En savoir plus

  • Ukraine : "C’est le début de la Troisième Guerre mondiale"

    En savoir plus

  • Assassinat de James Foley : les États-Unis ont tenté de le libérer

    En savoir plus

EUROPE

Mario Monti, ou le chemin de croix de l'homme providentiel d’Italie

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 26/07/2012

Dégradation de la note de l’Italie, dissensions locales, mesures impopulaires... Le président du Conseil, Mario Monti, peine à conserver son image de sauveur.

Au moment de sa nomination en novembre 2011, Mario Monti, ancien commissaire européen et successeur du controversé Silvio Berlusconi, incarnait le technocrate qui restaurerait la confiance de l’Europe en l’Italie, celui qui sauverait le pays d’un destin à la grecque. En décembre 2011, alors que l’Italie entre officiellement en récession, le nouveau président du Conseil italien annonce son premier plan d’austérité, le troisième que les Italiens ont à subir depuis le mois de juillet précédent. Le train des réformes est lancé.

En six semaines au pouvoir, celui que la presse surnomme "Super Mario" fait adopter plus de mesures économiques que son prédécesseur en une décennie, mesures qui doivent permettre quelque 20 milliards d'euros d'économies d’ici à 2014. Pour les Italiens, il s’agit d’un nouveau sacrifice.

Après cinq mois de baisse, un regain de popularité

En février 2012, on annonce un ralentissement du rythme des réformes. "Même si la récession dure [...], il n'y aura pas besoin d'un autre plan [d'austérité], car des marges de prudence ont été incorporées", affirme alors Mario Monti devant la communauté financière italienne réunie à la Bourse de Milan. Pourtant, cinq mois plus tard, dans la nuit du 5 au 6 juillet dernier, une quatrième vague de mesures de rigueur est adoptée afin de réduire les dépenses publiques de 26 milliards d’euros sur trois ans. La santé et l’administration publique sont particulièrement visées. Au grand dam des Italiens.

Manifestations et menaces de grève fleurissent sporadiquement. À l’image de celle de l’Istat (institut de sondage équivalent à l’Insee en France) qui prévoit de cesser le travail en janvier 2013 en réponse aux dernières coupes budgétaires. "Nous ne donnerons plus de données sur l'inflation, la comptabilité, les conditions de vie des familles, la force de travail !", a averti Enrico Giovannini, président de l’Istat, dans un entretien à La Repubblica mi-juillet. Rome, pourtant, pourrait être redevable de lourdes pénalités financières envers Bruxelles pour chaque jour de retard dans la publication de ces chiffres.

Malgré l’envie de Mario Monti de convaincre l’Union européenne (UE) et les marchés de sa bonne volonté à coups de mesures draconiennes, les taux d’emprunt flambent et l’Italie a vu sa note dégradée par l’agence Moody’s le 13 juillet. Les spéculateurs craignent un risque de contagion venu d’Espagne ou de Grèce.

Cependant, la cote de popularité du président du Conseil italien résiste et enregistre, après des mois de baisse, une hausse de quatre points en juillet, le créditant de 49 % d’opinions favorables. Si on reste loin des chiffres publiés à sa prise de fonction (entre 50 % et 70 %), le chef du gouvernement semble tout de même avoir limité la casse. 55 % des Italiens se disent convaincus qu'il est bel et bien en train de sauver l’Italie, tandis que 48 % reconnaissent qu’il reste encore beaucoup à accomplir.

La pression des provinces

Même s’il se maintient à une place honorable dans le cœur des Italiens, certaines mesures locales récentes pourraient écorner l’image de Mario Monti. Poursuivant à un rythme rapide son plan de réformes afin de regagner la confiance des investisseurs, le chef du gouvernement vient d’imposer la réduction par deux du nombre de provinces. Chaque province devra afficher une superficie de 2 500 km2 minimum ou une population d'au moins 350 000 habitants. Selon l'Union des provinces d'Italie (UPI), l’économie réalisée serait de l’ordre de 500 millions d'euros par an. Mais cette mesure a provoqué la colère au sein des administrations locales et parmi la population. Des villes rivales historiques comme Parme et Plaisance, Pise et Livourne ou encore Sienne et Arezzo vont devoir étroitement coopérer, et ce d’ici la fin de l’année.

"En réduisant drastiquement le nombre de provinces, le gouvernement abîme l’image d’une Italie réunifiée vieille de 150 ans", souligne Jean-Yves Frétigné, historien spécialiste de l’Italie. Difficile pour Mario Monti de s’attaquer à un héritage historique si cher aux Italiens. "Malgré tous ses efforts, l’effet anti-Berlusconi s’atténue", ajoute Jean-Yves Frétigné, pour qui le gouvernement très technique incarné par "Super Mario" a peu de chances de rester gravé dans le cœur des Italiens.

Dans un tout autre style, la Sicile, bien qu’autonome, fait aussi partie des régions qui se rebiffent contre Monti. Au bord de la faillite, l’île surnommée "la Grèce de l'Italie", fait figure de mauvais élève avec à sa tête, le gouverneur Raffaele Lombardo, qui est inculpé "de soutien externe" à la mafia depuis mars dernier. Le 24 juillet, lors d’un ultime épisode du bras de fer Monti-Lombardo, le premier a obtenu in extremis la démission du second ainsi qu’un plan de restructuration des finances de l’île. Une victoire pour le président du Conseil, qui craignait que Bruxelles ne fasse l’amalgame entre la Sicile et le reste de l’Italie.

Quel avenir politique pour "Super Mario" ?

Selon Fabrizzio Pezzani, professeur spécialiste de politique italienne à l’université milanaise Bocconi, la difficulté principale pour le chef du gouvernement réside dans le fait que le système actuel s’essouffle. "Monti et l’ensemble de la classe politique doivent se confronter à un modèle économique archaïque. Je pense que la crise européenne, c’est surtout la fin du modèle américain, d’un modèle culturel matérialiste et individualiste, celui de la spéculation. C’est un tout nouveau système dont nous avons besoin, tout comme de le reste de l’Europe."

En mai 2013, les Italiens seront appelés pour les élections générales qui renouvelleront les deux chambres du Parlement. Lors de son discours d’investiture, Monti affirmait vouloir s’en tenir à un seul et unique mandat. Mais certains commentateurs l’imaginent déjà prendre la succession du président de la République, Giorgio Napolitano, âgé de 87 ans. D’autres imaginent un possible retour de Silvio Berlusconi, récemment conforté de bons sondages. La gauche est toutefois donnée favorite.

Première publication : 26/07/2012

  • ZONE EURO

    L’Italie ratifie le traité budgétaire européen

    En savoir plus

  • CRISE ÉCONOMIQUE

    Moody's abaisse la note de l'Italie de deux crans

    En savoir plus

  • SOMMET EUROPÉEN

    L'Europe du Sud impose sa volonté à l'Allemagne

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)