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Economie

Grèce : Barroso exhorte Athènes à fournir "des résultats" pour rester dans la zone euro

Vidéo par Alexia KEFALAS

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/07/2012

La Grèce doit fournir des "résultats" à ses créanciers pour pouvoir rester dans la zone euro, a martelé jeudi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de sa première visite à Athènes depuis 2009.

AFP - Le président de la Commission européenne a fermement insisté jeudi auprès du Premier ministre grec à Athènes pour que le pays fournisse "des résultats" à ses créanciers afin de pouvoir espérer rester dans la zone euro.

"La Grèce appartient à la famille européenne et à la zone euro et nous voulons que ça continue" a déclaré José Manuel Barroso qui effectuait sa première visite en Grèce depuis le début de la crise de la dette en zone euro en 2009.

Pour cela, "le mot-clé est résultats, résultats, résultats" a martelé M. Barroso, auquel le Premier ministre Antonis Samaras et le ministre des Finances Iannis Stournaras ont présenté un train de mesures destinées à économiser 11,5 milliards d'euros en 2013 et 2014, qui doit recevoir l'approbation des deux autres partis de la coalition gouvernementale, avant d'être adopté par le parlement, puis appliqué.

Les mots ne sont pas suffisants, les actes sont plus importants


"Le peuple grec doit avoir de l'espoir, il y a de l'espoir", a assuré M. Barroso, "le peuple grec n'est pas seul". Mais, "pour maintenir la confiance de ses partenaires européens et internationaux, les retards doivent prendre fin".

"Les mots ne sont pas suffisants, les actes sont plus importants", a-t-il lancé en faisant référence aux nombreux plans d'économie annoncés par les précédents gouvernements depuis l'éclatement de la crise et jamais totalement appliqués.

Il a enfoncé le clou en soulignant que "tous les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont indiqué de la façon la plus claire possible que la Grèce allait rester dans l'euro aussi longtemps qu'elle honore ses engagements" vis-à-vis de ses créanciers.

Le train de mesures présenté jeudi a été mis au point par le ministère des Finances et les chefs comptables de la "troïka" UE, BCE, FMI, chargés de passer en revue les comptes du pays pour évaluer les progrès et les dérapages du l'ajustement budgétaire grec en cours.

Leur rapport d'audit, qui devrait être rendu public d'ici septembre, doit servir aux Européens à déterminer s'ils versent ou non la prochaine tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros vitale pour le pays, au bord de la faillite.



En gage de bonne volonté, le gouvernement grec a ajouté 27 millions d'économies qui n'avaient pas été prévues dans le memorandum signé l'hiver dernier entre Athènes et ses créanciers, en rabotant de 10 millions les salaires des ministres en 2012 et en abaissant de 17 millions les coûts immobiliers des ministères.

La réalisation des économies demandées est une "arme" pour négocier l'allongement de deux ans demandé par la Grèce pour mettre en oeuvre le reste du plan d'ajustement, a indiqué une source au ministère des Finances.

Les discussions entre le ministre des Finances et la troïka ont porté sur "l'évolution du système bancaire" grec, qui doit être recapitalisé et restructuré, "le processus des réformes structurelles" parmi lesquelles les privatisations et la libéralisation des professions protégées de la concurrence, et enfin les "moyens de financer la Grèce" en août, compte tenu des versements qui n'ont pas été réalisés, a précisé la même source.

La presse grecque s'effrayait jeudi matin d'un tour de vis sur les retraites et aides sociales qui s'ajouterait aux mesures d'austérité déjà imposées depuis 2010 et portant sur des réductions des salaires et des retraites allant jusqu'à 30%.

Selon le ministre grec de l'Emploi Yannis Vroutsis, 44% des économies prévues, soit 5 milliards d'euros, concernent son ministère.

La Grèce est dans une situation très difficile : en retard sur son programme d'ajustement budgétaire, elle traverse une récession qui ressemble à la dépression des années 30 avec un taux de chômage record.

Des voix s'élèvent dans certains pays créanciers de la zone euro pour réclamer une sortie du pays de la monnaie unique, tandis qu'en Grèce, les partis d'opposition réclament eux un assouplissement des mesures d'austérité.

Pour sa part, l'ancien ministre des Finances grec et leader du parti socialiste Evangélos Vénizélos a fustigé jeudi les partenaires de la zone euro qui croient que "la Grèce doit être sacrifiée comme Iphigénie", héroïne de la Grèce antique, "pour qu'un vent favorable souffle à nouveau sur la zone euro".

"Le sacrifice d'Iphigénie serait un suicide pour la zone euro", a-t-il estimé.

Cette option, agitée depuis longtemps par les marchés, reste tout à fait possible. Le président de la Banque Centrale européenne (BCE) Mario Draghi a même fait discrètement passer le message jeudi à Londres, en indiquant lors d'une conférence d'investisseurs et sans citer nommément la Grèce, qu'un changement du nombre des Etats membres (de la zone euro) n'affecterait pas les investisseurs.

"Nous pensons maintenant que la probabilité que la Grèce quitte la zone euro au cours des 12 à 18 mois est d'environ 90%, (...) et nous pensons que la date la plus probable se situe au cours des deux ou trois trimestres à venir", a pour sa part indiqué le chef économiste de Citibank Willem Buiter dans une note jeudi.

Les discussions en cours entre la Grèce et ses bailleurs de fonds internationaux devraient se prolonger "jusqu'en septembre" a pour sa part annoncé le Fonds Monétaire International (FMI) à Washington.

 

Première publication : 27/07/2012

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