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Moyen-orient

Les rebelles prennent un poste clé pour acheminer des munitions à Alep

Vidéo par Damien COQUET , Antoine MARIOTTI

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 31/07/2012

Au troisième jour de combats entre les insurgés et l'armée syrienne à Alep, les rebelles ont pris le contrôle d'un poste clé pour la suite des opérations. Le régime a également subi une nouvelle défection avec la démission d'un diplomate à Londres.

Les rebelles syriens ont marqué un point lundi en prenant un poste de contrôle clé leur permettant d'acheminer renforts et munitions à Alep, champ de bataille entre insurgés et régime qui a subi un nouveau revers avec la défection d'un haut diplomate à Londres.

Alors que l'armée mène depuis samedi une offensive pour déloger les insurgés retranchés à Alep, deuxième ville et poumon économique du pays, les rebelles de l'Armée libre syrienne (ASL) ont pris un important poste de contrôle à Anadane, ce qui leur permet désormais de relier la métropole du nord à la frontière turque, 45 km plus loin, selon un journaliste de l'AFP.

"Le rapport des forces semble s'être inversé" à Alep

"Le poste de contrôle d'Anadane, à cinq km au nord-ouest d'Alep, a été pris à 05H00 (02H00 GMT) après dix heures de combats", a affirmé sur place le général rebelle Ferzat Abdel Nasser, faisant état de six soldats et quatre rebelles tués ainsi que de 25 militaires faits prisonniers.

Un passage dégagé vers la Turquie est vital pour les rebelles qui ont installé le quartier général de l'ASL dans ce pays. Et si les opposants parviennent à s'emparer d'Alep (355 km au nord de Damas), ils créeront de fait une "zone sécurisée" dans le nord syrien, d'où l'importance de cette bataille.


L'armée n'a pas avancé d'un seul mètre

Après trois jours de combats à Alep, une source de sécurité à Damas a affirmé à l'AFP que l'armée avait repris lundi une partie du quartier de Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle, mais qu'elle faisait face "à une très forte résistance".

La France appelle à une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU

AFP - La France, qui prend la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU en août, va demander d'ici la fin de la semaine une réunion d'urgence de cette instance sur la Syrie au niveau des ministres des Affaires étrangères, a annoncé lundi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Invité de la radio française RTL, le ministre a précisé qu'il devrait présider lui-même cette réunion, convoquée dans l'urgence pour faire arrêter les massacres en Syrie.

 


Interrogé par l'AFP, Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d'Alep, a lui assuré que l'armée n'avait "pas avancé d'un seul mètre".

"Nous avons repoussé un nouvel assaut contre Salaheddine dans la nuit et nous avons détruit quatre chars", a dit ce colonel qui avait appelé la veille l'Occident à instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus du nord de la Syrie et accusé le régime de préparer "un massacre" à Alep.

Les rebelles ont par ailleurs attaqué l'aéroport militaire en utilisant un char pris à l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Après avoir tenté de conquérir Damas, les rebelles avaient ouvert le 20 juillet un nouveau front à Alep où l'armée, appuyée par des renforts, a lancé samedi une offensive.

Les bombardements contre cette ville de 2,5 millions d'habitants et ses environs ont jeté en deux jours sur les routes quelque 200.000 personnes, selon l'ONU qui a demandé que les organisations humanitaires puissent "accéder en sécurité" à Alep.

L'ONG française Médecins du Monde (MDM) a aussi appelé les belligérants à respecter les règles de droit en période de guerre, les accusant de ne pas protéger civils et blessés, d'empêcher les médecins de travailler et de bombarder les hôpitaux.

Encore une défection

Les explications du correspondant de France24

Le régime a par ailleurs accusé le coup d'une nouvelle défection avec celle de son chargé d'affaires à Londres, Khaled al-Ayoubi, plus haut diplomate syrien en poste au Royaume-Uni qui a voulu marquer son refus de la répression.

Il s'agit de la cinquième défection d'un diplomate syrien depuis le début de la révolte qui a encore fait lundi 60 morts à travers le pays, selon un bilan de l'OSDH qui affirme que plus de 20.000 personnes ont été tuées en 16 mois.

Mandaté pour surveiller une trêve qui n'a jamais eu lieu, le chef des observateurs de l'ONU, le général Babacar Gaye, a affirmé avoir constaté "un pilonnage intense" dans les localités de Homs et Rastane (centre), tenues par les rebelles.

Le convoi transportant les observateurs de l'ONU, dont le général Gaye, a été la cible dimanche de tirs à l'arme légère, qui n'ont pas fait de blessé, a rapporté lundi soir le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Selon l'agence officielle Sana, Damas a envoyé des lettres aux chefs de l'ONU et du Conseil de sécurité accusant des "terroristes" de commettre des crimes "avec le soutien public de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie", trois pays à la pointe du soutien aux rebelles.

L'Iran a mis en garde Ankara contre toute attaque du territoire syrien, affirmant qu'il riposterait "durement", a rapporté al-Watan, quotidien proche du pouvoir à Damas.

Paris demande une réunion du Conseil de sécurité au niveau ministériel

La réaction de Laurent Fabius ministre français des affaires étrangères

Sur le plan diplomatique, la France, qui prend la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU en août, va demander une réunion du Conseil de sécurité au niveau ministériel. "Nous allons demander avant la fin de cette semaine la réunion du Conseil de sécurité, probablement au niveau ministériel, à la fois pour essayer d'arrêter les massacres et préparer la transition politique [en Syrie, ndlr]" a dit, lundi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius sur les ondes de RTL. "Il n'y a pas de plus grand désordre massacreur que ce qui se passe aujourd'hui", a-t-il ajouté en qualifiant Bachar al-Assad de "bourreau".

Pour le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, "Alep constitue un nouvel exemple tragique de la violence aveugle à laquelle a recours le régime d'Assad contre son propre peuple", a-t-il dit au début de sa tournée dans la région. Et de conclure : "Au bout du compte, il creuse sa propre tombe".

 

Première publication : 30/07/2012

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