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EUROPE

Madrid poursuit la rigueur et n'exclut pas une demande d'aide globale

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 03/08/2012

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a assuré vendredi qu'il poursuivrait son plan de rigueur, tout en "étudiant" les nouvelles mesures envisagées par la Banque centrale européenne.

AFP - Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a défendu vendredi sa politique de rigueur, n'excluant plus une demande d'aide globale pour l'économie du pays, une fois étudiées les nouvelles propositions de la Banque centrale européenne.

"Ce ne sont pas des réformes aimables, ni populaires", mais elles sont "indispensables", a lancé Mariano Rajoy, dressant devant la presse le bilan de ses sept mois à la tête du pays, ponctués de mesures d'austérité sans précédent dans l'histoire de la démocratie espagnole.

Après les coupes dans le fonctionnement des ministères, les allocations chômage, les salaires des fonctionnaires, ou la hausse, très impopulaire, de la TVA, il a assuré qu'il ne "toucherait pas" aux retraites, une promesse emblématique de sa campagne électorale en 2011.

Aucune décision, a-t-il ajouté, n'a en revanche été prise sur le maintien, au-delà du 15 août, de l'allocation mensuelle de 400 euros pour les chômeurs de longue durée, demandée avec force par l'opposition socialiste.

"Nous allons poursuivre notre engagement sur le chemin des réformes et la lutte pour assainir les comptes publics", a assuré Mariano Rajoy, tout en prévenant que son gouvernement "ne ferait pas de miracles".

Objectif: réduire le déficit public, qui a dérapé à 8,9% en 2011, jusqu'à 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.

Mais le pays, quatrième économie de la zone euro, retombé en récession, miné par un taux de chômage de 24,63%, continue à faire face malgré ses efforts à d'importants problèmes de financement.

Et après avoir accepté à reculons, en juin, une aide européenne pour les banques, qui pourra atteindre cent milliards d'euros, Mariano Rajoy ne semble plus désormais exclure un sauvetage plus large, que Madrid a toujours farouchement rejeté jusqu'à présent.

Jeudi, le président de la BCE, Mario Draghi, a lié ouvertement toute intervention de la Banque centrale sur le marché de la dette à de nouveaux efforts budgétaires des pays les plus fragiles, comme l'Espagne et l'Italie.

Mariano Rajoy a expliqué vendredi qu'il voulait "étudier" les nouvelles mesures envisagées par la BCE, qui devront passer par une demande d'aide, avant de décider s'il y ferait appel.

"Je veux connaître ces mesures", savoir "si elles sont adéquates", et "alors je prendrai la meilleure décision pour l'intérêt général des Espagnols", a-t-il déclaré.

"Nous ne pouvons pas agir de façon irresponsable", a-t-il affirmé, qualifiant de "très difficile" la situation qu'affronte l'Espagne sur les marchés.

Mariano Rajoy a placé parmi les cinq principaux objectifs de son gouvernement la volonté de travailler, avec ses partenaires européens, pour "résoudre les problèmes de liquidités, de financement" des pays en difficulté.

Il a rappelé que l'Espagne était favorable à la constitution d'une union bancaire et budgétaire dans la zone euro, une position qu'il a défendue lors du sommet européen de fin juin.

Après l'absence de mesures concrètes dans le discours jeudi du président de la BCE, les marchés, boursier comme obligataire, avaient plongé, les taux d'emprunt de l'Espagne comme de l'Italie atteignant de nouveaux sommets.

Mais les investisseurs semblaient reprendre confiance vendredi dans une action prochaine de la BCE.

"Dans le cadre de son mandat, la BCE va intervenir sur les marchés de dettes souveraines", assurait le broker en ligne Aurel BCG dans une note d'analyse.

Du coup, l'euphorie gagnait la Bourse de Madrid, qui progressait de plus de 5% dans l'après-midi. Celle de Milan s'envolait de plus de 6%.

Reste à savoir combien de temps il faudra à l'Espagne pour se résoudre, une deuxième fois, à appeler à l'aide, un scénario déjà vécu comme une humiliation dans le cas du sauvetage bancaire au mois de juin.

"Les événements de la dernière semaine mettent en évidence, une fois de plus, le manque de souplesse qui existe dans la zone euro pour résoudre les problèmes financiers de la région, une lenteur qui retarde beaucoup trop la prise de décisions, provoquent des problèmes qui s'enracinent et s'aggravent", avertissaient vendredi les analystes de Link Securities.

 

Première publication : 03/08/2012

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